Choisir le bon crédit

Choisir le bon crédit

Une dépense exceptionnelle, un achat immobilier en perspectives… Les occasions de contracter un crédit sont nombreuses, mais encore faut-il en faire bon usage. Tour d’horizon des prêts.

Les magasins proposent parfois un « crédit gratuit » sur les articles dont elles souhaitent doper les ventes. Elles prennent alors à leur charge les intérêts et les éventuels frais annexes : la somme remboursée doit donc être égale à la somme empruntée. La pratique du crédit gratuit est cependant de moins en moins répandue : le cas échéant, elle est intéressante lorsque le crédit est supérieur à trois mois.

Les crédits pour les jeunes

Certaines banques accordent à leurs jeunes clients des prêts d’un montant qui varie entre quelques centaines et quelques milliers d’euros, et leur font cadeau des intérêts. C’est le cas par exemple sur certaines « avances de rentrée », à rembourser deux ou trois mois après la reprise des cours.

Les 16-25 ans qui souhaitent apprendre à conduire peuvent aussi décrocher auprès de leur banque un prêt « gratuit » (les intérêts sont pris en charge par l’État) de 600, 800, 1 000 ou 1 200 € selon les cas, grâce à l’opération « le permis à un euro par jour ». Le mode d’emploi ? S’adresser à une auto-école partenaire de l’opération, lui demander un devis puis le présenter à la banque.

Le dossier est alors étudié, accepté sous conditions (une personne caution est par exemple exigée pour les mineurs qui se lancent dans l’apprentissage anticipé de la conduite) et le prêt est réglé directement à l’auto-école. Le calendrier de remboursement varie selon la durée du prêt, mais les échéances sont plafonnées à 30 € par mois, soit 1 euro par jour.

Les crédits gratuits pour le logement

L'avance Loca-Pass pour la location

Pour que l’accès à la location d’un logement soit plus facile, il est possible de bénéficier d’un prêt sans intérêts et sans aucun frais de dossier, pour financer le dépôt de garantie exigé par le propriétaire.

Ce prêt, ou avance Loca-Pass comporte un différé de remboursement de 3 mois, puis une période de remboursement de 36 mois maximum. Ses mensualités sont au minimum de 20 euros. Il est octroyé pour tout logement du parc privé ou social ainsi que pour les logements loués meublés.  

L'aide Mobili-Pass pour changer de domicile

Les salariés d’une entreprise privée non agricole (d’au moins 10 salariés) qui doivent quitter pour des raisons professionnelles, la résidence principale qu’ils louent, peuvent solliciter une aide Mobili-Pass pour couvrir une partie des dépenses liées à ce changement de domicile.

Cette aide qui est attribuée sous certaines conditions, peut comporter, entre autres, un prêt au taux de 1 %, remboursable en 3 ans maximum, dont le montant dépend de la localisation du futur logement loué.

Un prêt à taux zéro (PTZ+) pour devenir propriétaire

En plus de l’apport personnel et du prêt principal, le financement de l’achat ou de la construction d’un logement destiné à la première résidence principale peut être complété par un prêt à taux zéro renforcé (PTZ+).

Ce prêt est accordé en fonction de plusieurs paramètres : revenus fiscaux du ménage, localisation, nombre de personnes destinées à occuper le logement, coût de l’opération, performances énergétiques du logement, etc. Son montant est variable. Sa durée de remboursement l’est également puisqu’elle dépend des revenus de l’emprunteur et va de 12 à 25 ans selon les cas.

Le prêt Action logement, ex-1 % Logement

Les crédits vraiment bon marché existent. Un salarié ou un retraité de moins de 5 ans d’une entreprise privée (adhérente au Comité interprofessionnel du logement) peut ainsi bénéficier d’un prêt Action logement pour financer l'acquisition ou la construction de sa résidence principale.

Diverses conditions doivent être remplies (performances énergétiques, plafonds de ressources de l’emprunteur...). Son montant est variable, avec un plafond de 25 000 €. Sa durée est de 20 ans maximum et il n’a pas à être remboursé par anticipation lorsque le salarié qui en a bénéficié quitte son entreprise.

Les salariés qui doivent vendre leur résidence principale pour des raisons professionnelles, et qui souhaitent en acheter une autre, peuvent bénéficier d’un prêt relais dit 1 % patronal. Peu connu, ce dispositif est néanmoins très intéressant puisque les sommes qui peuvent être mises à disposition peuvent aller jusqu’à 70 % de la valeur du logement précédent, avec un maximum de 150 000 €.

Un découvert pas trop cher ?

Une fin de mois difficile ? Il est indispensable de demander une autorisation de découvert, avant de laisser son compte courant basculer dans le rouge. Car, avec un découvert « sauvage », l’addition peut être très lourde. Le taux d’intérêt appliqué pour le calcul des agios est en effet souvent largement supérieur à celui d’un découvert autorisé : il dépasse souvent les 15 %.

De plus, de nombreux établissements prélèvent des commissions d’intervention pour chaque opération – retrait aux distributeurs, paiement par carte, chèque – effectuée sur un compte en situation « anormale », comme c’est le cas avec un compte affichant un découvert qui n’a fait l’objet d’aucune autorisation préalable.

À raison d’un paiement ou d’un retrait par jour, l’addition s’alourdit vite. Depuis le 1er janvier 2014, les frais pour dépassement du découvert autorisé sont strictement encadrés : ils ne peuvent dépasser 8 € par opération et 80 € au total par mois.

La banque peut rejeter les chèques ou les prélèvements, ce qui revient aussi très cher. Attention, les sanctions sont identiques lorsque l’autorisation de découvert est dépassée dans le temps ou en montant.

Revolving : s’en passer sans se priver !

Un prêt « revolving » est en général la solution la plus coûteuse pour financer un achat ou une dépense exceptionnelle. En effet, non seulement les taux de ces crédits sont souvent dissuasifs, notamment en magasin, mais la mensualité demandée à l’emprunteur est fixée, elle, à un niveau assez faible.

Le prêt est donc remboursé lentement, et les intérêts s’accumulent au fil des mois. Pour faire des économies, l’idéal est d’apprendre à se passer de ce crédit même s’il semble facile d'utilisation. Ce ne sont pas les moyens qui manquent pour le remplacer.

Puiser dans son découvert autorisé

Se payer ses petites folies sans aucun prêt ? C’est possible, il suffit d’accepter de se retrouver à découvert sur son compte bancaire (et d’avoir préalablement signé une autorisation de découvert). Bien sûr, les agios sont calculés à un taux d’intérêt souvent élevé, mais en général, le découvert ne dure que quelques jours, le temps que le salaire soit versé.

Autrement dit, les intérêts ne continuent pas de courir tout le mois. C’est donc plus économique. Attention quand même à ne pas dépasser la limite du découvert accordée par la banque, faute de quoi vous seriez amené à payer des commissions d’intervention.

Souscrire un prêt personnel

Son taux est en général plus attrayant et les banques l’accordent sans interroger leur client sur la nature de la dépense financée. Mais, alors qu’un crédit revolving peut financer un achat de petits montants, un prêt personnel n’est, lui, accordé en général qu’à partir de quelques milliers d’euros.

Tout emprunteur est autorisé à rembourser par anticipation et sans pénalité son crédit permanent (en cas de remboursement partiel, un montant minimum peut toutefois être fixé). Rien n’interdit donc, si l’on souhaite renoncer à son crédit revolving, de le solder grâce à un prêt personnel moins gourmand en intérêts.

Le bon plan du prêt étudiant

Le prêt étudiant est encore plus précieux qu’on ne l’imagine ! Souvent accordé à des taux d’autant plus attractifs que le jeune emprunteur suit un cursus prestigieux, il est bien sûr avant tout destiné à financer les études.

Mais il peut donc tout aussi bien servir à régler les frais de scolarité qu’à acheter une voiture (fort utile pour se rendre à la fac), s’offrir un voyage d’étude (indispensable pour approfondir un thème de cours…), un nouveau canapé pour meubler sa chambre d’étudiant, ou simplement financer les dépenses quotidiennes. En bref, il offre autant de possibilités de financement qu’un banal crédit à la consommation, mais ce dernier est en général, lui, beaucoup plus coûteux.

Des conditions souples

En prime, les conditions de remboursement du prêt étudiant sont plus souples, puisque l’emprunteur est libre de commencer le capital emprunté immédiatement… ou décider de le faire que quelques années plus tard, une fois qu’il aura commencé à travailler. On parle ici de différé de remboursement.

Conclusion ? Les jeunes ont tout intérêt à demander ce prêt, quand ils le peuvent, plutôt qu’un prêt personnel ou un crédit revolving.

Mais, même si ce crédit est moins onéreux, il faut quand même disposer le moment venu des revenus suffisants pour le rembourser.

Et en général, les parents de l’étudiant doivent se porter caution pour lui. La Banque publique d'investissement peut éventuellement garantir l'emprunt à la place des parents, pour 15 000 € maximum. Renseignez-vous auprès des banques partenaires de l'opération :

  • Crédit Mutuel,
  • Société Générale,
  • Banques Populaires,
  • CIC,
  • certaines Caisses d'épargne.

Crédit à un euro par jour ? Pas toujours une bonne affaire

Un crédit à un euro par jour… Le slogan fait mouche. Emprunter et rembourser seulement de petites mensualités d’une trentaine d’euros par mois est tentant. L’idée a été lancée par l’État pour l’opération « microportable étudiant », ces prêts (à partir de 1 000 €) accordés par les banques aux jeunes pour financer l’achat de leur ordinateur. Puis, le concept a été étendu au permis de conduire.

Le problème, c’est que le montant de la mensualité ne reflète pas le coût du prêt ! Ainsi, quand le « prêt permis » est gratuit (l’État paie les intérêts à la banque), le prêt « micro » ne l’est pas : la banque fixe librement son taux. Dans le premier cas, la mensualité rembourse le capital emprunté alors que dans le second, elle comporte à la fois le capital et les intérêts, même si le taux effectif global est souvent attractif (entre 3 % et 5 % en général).

Le taux d'intérêt peut s'envoler

Désormais, ce slogan est décliné tous azimuts, y compris pour « la cuisine équipée à un euro par jour » ! Or, même si certains crédits sont calibrés pour que la mensualité tourne autour d’environ 30 € par mois… leur taux d’intérêt s’envole à 15 % et parfois à près de 20 % si l’on tient compte des crédits revolving. Si la mensualité est légère, il est donc sage de s’assurer auparavant que le taux l’est aussi. Et qu’il ne s’alourdit pas de frais de dossier prohibitifs.

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