Comment bien choisir sa platine vinyle ?

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© LFO62

C’est un investissement

Il n’y a pas de secret, une bonne platine, c’est cher. Pour Alban Lecourt, vendeur chez Ground Zero, c’est clair : « En dessous de 180 euros, ce n’est pas la peine, c’est du périssable, avec une mauvaise qualité sonore. On ne peut pas changer les pièces, donc une fois que c’est usé, c’est fini. Leur durée de vie va de six mois à cinq ans, au mieux. Une platine, c’est un investissement de long terme, comme un beau meuble. » Mevin, disquaire et collectionneur, est de son avis : « On a énormément de retours sur la qualité de nos vinyles. Pour nous, ce sont de faux retours. En fait, les platines bon marché ne permettent pas une écoute optimale du vinyle, donc ça saute, ça grésille, ça vibre… ». Pour lui, une platine correcte, c’est minimum 200 euros.

Car pour un rendu optimal, il faut avoir un système son qui tient la route. Stéphane Gissy, chef de produit à la Fnac, recommande d’équilibrer son budget entre les différents éléments d’une chaîne, de la source jusqu’au diffuseur. Il ne sert à rien de mettre la moitié du prix de sa chaîne dans la platine. Idéalement, il propose un tiers du budget dans la platine, un tiers dans l’ampli et un tiers dans les enceintes.

Le design, c’est important

Quitte à dépenser de l’argent dans une platine, autant qu’elle soit belle. D’autant qu’elle va nous durer pour la vie. « Il y a un aspect coup de cœur très fort. C’est un produit d’émotion, de nostalgie », précise Stéphane Gissy. Sur ce point, faites-vous plaisir. « Design, ce n’est pas un gros mot pour une platine, loin de là ! », rassure Alban Lecourt.

La bonne mécanique

Automatique ou manuelle ? 

Si vous recherchez la simplicité, prenez une automatique. Lorsqu’on lance la lecture, le bras positionne la tête de lecture au bon endroit, avec le bon niveau de pression. Et quand le disque est terminé, le bras se lève pour se remettre au repos. Si vous n’êtes pas habitué à ces réglages, c’est un bon choix qui vous permet d’éviter d’abîmer votre disque. « Mais il y a un charme à régler soi-même le bras de sa platine, qui donne un rapport plus physique avec la musique », rappelle Stéphane Gissy. En dehors du geste plus authentique, pour Cyril Debarge, producteur de musique et DJ, la platine manuelle permet d’aller chercher le morceau qu’on veut sur le vinyle.

Entraînement direct ou par courroie ?

« Les meilleures platines audiophiles fonctionnent par courroie, pour éviter les vibrations transmises par l’entraînement direct », précise Mevin. « L’entraînement direct a été démocratisé par le modèle MK2 de Technics, c’est une platine mythique pour les DJs. Ultra-solide, avec une très bonne lecture, mais utile seulement pour mixer ou scratcher », explique Alban Lecourt.

Préampli phono intégré ou pas ? 

Pour écouter un vinyle, il faut une platine branchée à un préamplificateur phono, lui-même relié à une amplification qui débouche sur des enceintes. Ce préampli, « c’est ce qui permet d’amplifier le très faible signal électrique qui sort de la tête de lecture pour l’amener à un niveau standard reconnu par tous les appareils de hi-fi classiques. Ce qui permet de brancher la platine sur n’importe quel ampli, sans avoir besoin d’une entrée spécifique appelée phono. Toutes les platines d’entrée de gamme ont un préampli phono systématiquement intégré, c’est plus simple », explique Stéphane Gissy.

Bon à savoir // 33, 45 et 78 tours 

Les formats les plus courants sont les disques en 33 et 45 tours. Cependant, vérifiez dans votre bac à disques si vous ne possédez pas des 78 tours. Dans ce cas, il vous faudra choisir une platine compatible, pour pouvoir les écouter.

Des options sur mesure

Avec le retour du vinyle, de nouvelles options sont apparues récemment. Stéphane Gissy nous met en garde : « Côté prix, si la platine est équipée en USB ou en Bluetooth, tout l’argent va passer dans ces différentes options. Si ce n’est pas essentiel, il vaut mieux investir la même somme dans une platine simple. » Et Alban Lecourt de renchérir : « Plus elle sera de qualité, moins elle fera de choses. Ces options ne sont pas de la qualité en plus, mais elles s’ajoutent au coût de la platine. C’est juste du confort. »

USB : pour convertir vos vinyles en numérique. 

Cette option est possible dès les premiers prix. Elle permet de retrouver des caractéristiques de son du vinyle, ce fameux grain, tout en conservant la praticité du numérique. Stéphane Gissy prévient que cette opération manuelle peut être fastidieuse, avant de rappeler qu’on ne le fait qu’une seule fois. Pour Cyril Debarge, une platine USB a été un de ses premiers achats quand cette option est apparue. « Il y a certains morceaux qui n’étaient pas disponibles sur les plateformes de streaming. Désormais, c’est un peu désuet, car tous les tubes existent en digitalisé. » Et en ce qui concerne les nouvelles sorties, la plupart proposent un code de téléchargement offert avec l’achat du vinyle.

Bluetooth : si vous n’avez pas de système son. 

Certaines platines sont équipées d’un émetteur Bluetooth. C’est extrêmement pratique, mais là encore on perd de la qualité car, pour permettre la communication en Bluetooth, le son doit d’abord être converti en numérique puis être compressé, donc on ne peut guère s’attendre à un son extraordinaire. À savoir que quand on numérise son vinyle avec l’USB, il n’y a que la numérisation, pas de compression.

Acheter d'occasion, l'avis des experts

Mevin oriente souvent ceux qui n’ont pas forcément un gros budget vers Leboncoin.fr et donne quelques conseils: « La première chose à faire, c’est vérifier qu’on arrive à faire flotter le bras en utilisant le contrepoids, pour s’assurer qu’il n’a pas pris de coups. Il faut aussi voir si la vitesse de rotation est linéaire ou instable. Ça s’entend tout de suite: si la platine commence à pleurer, c’est qu’il y a un problème au niveau du moteur. Et là, ce n’est pas intéressant, car les frais de réparation sont énormes. » Les platines des années 1970 sont des modèles de qualité supérieure, increvables. Les marques à guetter: Akaï, National, Luxman, Dual, Revox… Ensuite, il faudra changer le diamant, facile à trouver le Net. Mevin ne jure que par la marque Shure. Pour Stéphane Gissy, les marques comme Ortofon ou Audio-Technica sont des gages de qualité. Les prix démarrent entre 60 et 70 euros.

Les platines tout-en-un, le bon plan ?

Il existe une gamme de platines-valises avec un couvercle et une poignée de transport. Elles présentent l’avantage de prendre moins de place. « Il y a un aspect fun, décoration, c’est un objet sympa. C’est bien pour une écoute d’appoint ou pour faire un cadeau », juge Stéphane Gissy. Pour lui, elle offre la possibilité d’écouter le son d’un vinyle pour un petit budget. Pas besoin de comprendre les fonctionnalités, il suffit de la brancher, les haut-parleurs sont intégrés. Les aspects techniques sont réduits à leur plus simple expression. Mais il ne faut pas être très exigeant sur la qualité du son. « Tout dépend des envies. Si c’est juste pour écouter une fois un tas de vieux vinyles retrouvés dans un grenier, pour retrouver la sensation de ce que ses parents écoutaient, c’est absurde de mettre un prix important dans une platine », conclut-il.

Pour Mevin, une platine-valise, c’est hors de question : « C’est un phénomène de mode, c’est un gadget pour une écoute sommaire. » Et c’est en plastique. Or, pour Alban Lecourt, « le vrai truc à éviter, c’est une platine en plastique. Une bonne platine, en général, c’est lourd. C’est pensé pour absorber les vibrations et tout ce qui pourrait interférer dans la bonne lecture du diamant sur le sillon. »

Stéphane Gissy poursuit : « Il faut préserver au maximum la platine des vibrations. Le plateau (la partie mobile placée juste en dessous du disque) doit être le plus lourd possible, dans un matériau le plus absorbant possible. Et, bien évidemment, il faut séparer au maximum les enceintes car elles génèrent des vibrations et risquent de dégrader le son. » Ainsi, les platines avec haut-parleurs intégrés ne peuvent pas avoir une bonne restitution sonore.

Toujours pour les mêmes raisons, il faut un capot en plexiglas. En dehors de l’écoute, il permet de protéger la platine de la poussière, et pendant la lecture, il isole la tête de lecture et la préserve de vibrations parasites.

Notre sélection de 6 platines, de 100 à 990 euros

Platine

Prix*

Fonctionnalités

Options

Les petits +

Swingson On Stage

100 €

- Manuelle - Préampli intégré avec haut-parleurs intégrés

USB + Bluetooth

- Transportable

- Lit les 78 tours

- Piles rechargeables

Audio-Technica AT-LP60X

160 €

- Automatique - Préampli intégré

Bluetooth ou USB suivant les modèles

Meilleur rapport qualité-prix

Teac TN-180BT

190 €

- Automatique - Préampli intégré

Bluetooth

Lit les 78 tours

House Of Marley Simmer Down

250 €

- Automatique - Préampli intégré

USB +  Bluetooth

Des matériaux écologiques

Pro-Ject Debut Carbon

400 €

Manuelle

Aucune

Performances haut de gamme

Technics SL-1500

990 €

- Semi-automatique - Préampli intégré

Aucune

- Marque mythique

- Spécial DJs - Lit les 78 tours

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