Inflation : pourquoi (et comment) tout augmente ?

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En 2021, l’inflation s’élevait en France à 1,6 % selon les chiffres de l’Insee, avec une grosse accélération sur la fin de l’année. L’année 2022 n’est pas terminée, mais elle frôle déjà les records du début des années 1980 (de 13,6 % en 1980, elle était passée à 7,4 % en 1984 puis à 5,8 % en 1985) : la hausse des prix à la consommation atteignait 5,8 % en juin au moment des débats sur la loi Pouvoir d'achat, 6,1 % en juillet 2022 et devrait approcher les 7 % à l’automne. Comment expliquer ce phénomène ?

La reprise économique post-Covid

L’inflation est le fruit d’une multitude de causes. Revenons au printemps 2020 pour en trouver l’origine. À cette époque, une grande partie du monde s’est fermée pour faire face à une nouvelle menace : le Covid-19. Restaurants fermés, déplacements limités... confinés et contraints, nombre d’Européens ont réduit leurs dépenses, ont réduit leur consommation et certains ont épargné. La demande s’est tarie.

À la levée des restrictions, la reprise économique s’est accompagnée d’un bond de la consommation qui a tiré les prix à la hausse. On retourne au restaurant, on voyage, on dépense les économies contraintes pendant le confinement... on se fait plaisir. Une reprise de la demande favorable à la croissance... pourvu que l’offre suive. Mais les chaînes d’approvisionnement ne redémarrent pas aussi vite que la consommation. La pénurie des conteneurs maritimes fait pression sur l’approvisionnement et participe à la hausse des prix des marchandises. Les entreprises les répercutent sur leurs clients, sans subir de baisse d’activité en raison de la forte demande.

Le facteur russo-ukrainien

Le 24 février 2022, la Russie de Vladimir Poutine a envahi l’Ukraine, faisant dramatiquement ressurgir le spectre de la guerre sur le sol européen. Au-delà des inquiétudes géopolitiques, la guerre a des conséquences très concrètes sur l’économie. La Russie est en effet une grosse productrice de matières premières (gaz, pétrole, blé, métaux...), tout comme l’ Ukraine (blé, tournesol...).

En réduisant drastiquement les importations de gaz et de pétrole russes, les pays occidentaux doivent s’approvisionner chez d’autres producteurs, ce qui réduit d’autant les quantités disponibles ailleurs et fait monter leurs cours. sans compter les investissements nécessaires pour se ravitailler dans de nouveaux circuits.

De son côté, Kiev n’est plus en mesure de garantir son volume d’exportations pré-guerre. De quoi accentuer un peu plus le prix de ces matières premières. Ce qui augmente les coûts de production partout sur la planète. Coûts qui se répercutent logiquement sur ce que vous payez, au bout de

L'État, pas si perdant ?

Il est une autre conséquence directe de la hausse des prix à la consommation : l’augmentation des recettes fiscales de l’État. La TVA, par exemple, s’applique à hauteur de 20 % du prix d’un produit manufacturé. Si un produit se vendait 100 euros en 2020, il rapportait 20 euros aux caisses de l’État. En se vendant 120 euros désormais, il rapporte 24 euros.

En clair, si le tarif de l’article en question augmente, les caisses de l’État se remplissent un peu plus. Mais c’est sans considérer les très lourdes dépenses liées à la pandémie de Covid-19 et les mesures de soutien au pouvoir d’achat des Français. Le gouvernement aime à le répéter : les différentes mesures prisent en 2021 et 2022 coûteront la bagatelle de 50 milliards d’euros aux finances publiques.

Pourquoi les taux d'emprunt vont remonter ?

L’un des outils dont dispose les États, et donc les banques centrales, pour maîtriser le niveau de l’inflation, réside dans le fait de restreindre l’accès à « l’argent facile ». Depuis les années 2010, les taux d’intérêt pour emprunter de l’argent étaient historiquement bas. Emprunter était – presque – gratuit. Ainsi, lorsqu’une banque centrale relève ses taux directeurs, elle restreint l’accès au crédit pour tout le monde. Une façon de faire baisser la demande en biens, et de fait, les prix !

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