Et si on s'offrait la clim' ?

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7mn de lecture
© Suradech14 - iStock

Un climatiseur, comment ça marche ?

Comme un réfrigérateur, il produit du froid par compression puis détente d’un gaz, le fluide frigorigène. Cette réaction crée également de la chaleur qui est rejetée au-dehors. Sur un classique climatiseur mural, elle est évacuée par le condenseur fixé au mur extérieur. Ce dernier communique par des canalisations avec l’évaporateur, placé à l’intérieur, qui délivre le froid. Ce type de climatiseur en deux parties se nomme « split » (séparé, en anglais). Il est monosplit s’il n’y a qu’un seul évaporateur à l’intérieur et multisplit s’il y en a plusieurs installés dans des pièces différentes et reliés à un unique condenseur extérieur.

Un climatiseur monobloc, généralement mobile (à roulettes), réunit, lui, le condenseur et l’évaporateur dans un seul élément et il évacue les calories à l’extérieur grâce à un gros tuyau flexible d’un à deux mètres de longueur que l’on passe par une fenêtre entrouverte. Certains monoblocs s’accrochent au mur, en débouchant à l’extérieur par un trou masqué par une grille. Mobile ou mural, le monobloc est souvent incontournable en immeuble quand il est interdit d’installer un condenseur à l’extérieur.

Un climatiseur mobile, pratique mais gourmand

Mobile, il ne l’est pas tant que ça avec ses vingt à trente kilos et ses roulettes pas toujours bien roulantes. Il faut aussi respecter cinq à dix minutes de pause après chaque déplacement, puis brancher le tuyau dans le « kit fenêtre » qu’il convient de prévoir dans chaque pièce. Cet accessoire en plastique, pas systématiquement fourni avec l’appareil, qui isole de l’air extérieur fait le bonheur du cambrioleur. Le mieux est d’enfiler le tuyau dans un trou percé dans un mur ou une grille d’aération, voire à travers une plaque obturant le conduit de fumée d’un poêle en s’assurant qu’aucune suie ne pénètre dans le tuyau. Le monobloc est aussi de 20 à 30 % plus gourmand en électricité que le split, à cause de la mitoyenneté de l’évaporateur et du condenseur qui le réchauffe. C’est pourquoi un mobile classé A+ consomme plus qu’un split A+.

Ces appareils, qui consomment autant qu’un gros radiateur électrique, doivent être branchés sur une prise d’au moins 16 A reliée à la terre. Jamais sur une prise multiple avec d’autres appareils, car le risque d’incendie est réel.

Il est aussi moins résistant, guère plus de cinq ou six ans, quand un split tient au moins quinze ans. Mais il coûte bien moins cher : de 200 à 800 euros contre 400 à 1 000 euros pour un monosplit de puissance équivalente... hors coût d’installation. « Comptez dix heures de main- d’œuvre pour un monosplit », estime Fernando Ramos, président de la Commission conditionnement de l’air au Snefcca. Dans le nord du pays, il suffit à surmonter une brève canicule avant d’être remisé au garage ou à la cave alors que, sur le pourtour méditerranéen, la « clim’ » fixée au mur tourne une bonne partie de l’été et sert même de chauffage en hiver.

Climatisation fixe, plusieurs possibilités

On peut soit installer autant d’appareils monosplit que l’on a de pièces à rafraîchir (avec autant de condenseurs fixés au mur extérieur), soit installer un multisplit pour n’en avoir qu’un seul. « J’ai choisi la première solution pour son coût très inférieur, raconte Alain, qui tient un gîte en Ardèche. D’abord, le matériel est très simple et pas cher, et surtout, j’ai pu l’installer moi-même, avec le coup de main d’un maçon. Il suffit d’un trou dans le mur et d’une alimentation électrique par appareil. Il y a trois boîtiers à l’arrière de la maison, mais pour n’en avoir qu’un seul, il aurait fallu le relier aux différents évaporateurs par des canalisations de gaz à travers toute la maison et les coffrer pour l’esthétique... Le montant des devis atteignait le prix d’une voiture. »

 

Des aides à l'installation

Si l’installation d’une climatisation réversible split (qui est une pompe à chaleur air/air) n’ouvre pas droit à l’aide « Ma prime Rénov », elle est éligible au CEE (certificat d’économie d’énergie) qui donne droit, suivant les revenus, à une prime de 450 à 900 euros. À certaines conditions, cette installation peut aussi bénéficier du crédit d’impôt pour la transition énergétique (Cite), de l’écoprêt à taux zéro, voire d’une exonération temporaire de la taxe foncière dans certaines communes.

Prendre des précautions

Le recours au professionnel est obligatoire pour toute installation recourant à un gaz fluorocarboné (R32), cas de la plupart des multisplits. « Pour les climatiseurs fonctionnant au propane (R290), moins nocif pour l’environnement, il n’est pas interdit de les installer soi-même, en sachant que ce gaz est explosif », précise Emmanuelle Brière, responsable technique chez Uniclima. Le plus souvent, la garantie de l’appareil n’est valable qu’avec la facture d’un installateur agréé.

Autre possibilité pour limiter les frais, installer un unique mais puissant monosplit relié à un caisson de ventilation alimentant en froid les différentes pièces de la maison par le biais de gaines type VMC. « C’est une bonne solution dans un grenier ou des combles non exploitables, note Fernando Ramos. Et c’est encore moins cher si on s’occupe soi-même de la partie moins technique consistant à percer les plafonds, poser des grilles et passer les gaines d’air. Pas besoin de les descendre au rez-de-chaussée car l’air froid descend. Mais on ne peut pas réguler la température pièce par pièce. »

« Une pompe à chaleur air/eau rafraîchit moins »

L'avis d'Emmanuelle Brière, responsable technique chez Uniclima.

Aujourd’hui, hormis certains appareils bas de gamme, toutes les climatisations fixes sont réversibles. Ce double usage peut être intéressant dans un projet de construction ou de rénovation. En mode chauffage, un climatiseur, qui est en fait une pompe à chaleur air/air, a un rendement quatre fois supérieur à un chauffage électrique classique. Mais la pompe à chaleur air/eau, le plus souvent choisie pour remplacer une vieille chaudière, est moins réactive pour le refroidissement. Elle implique aussi des radiateurs ventilés et ne convient pas à un plancher chauffant car, en mode froid, l’humidité de l’air se condense au sol.

Bien choisir son matériel...

Split ou monobloc, tout climatiseur revendique une capacité adaptée à une surface. Mais les 100 à 130 W/m2 ou 50 W/m3, souvent recommandés, restent très théoriques. « Il n’existe pas de ratio type, explique Emmanuelle Brière. La puissance doit être pondérée par l’isolation, le débit de la VMC, l’ensoleillement, sans oublier le rendement de l’appareil. » Ce dernier, indiqué sur l’étiquette énergie va désormais de A à A+++, avec une grande majorité de A+. « Le choix est personnel, glisse Fernando Ramos. On ne prend pas la même installation quand on veut avoir 22 °C ou 26 °C chez soi. » Faire appel à un installateur spécialisé libère de l’embarras du choix, la plupart montant exclusivement les appareils qu’ils fournissent.

Autre bonne raison de faire appel à un pro, le niveau sonore à l’extérieur. « La réglementation impose de ne pas ajouter au bruit ambiant plus de cinq décibels de jour et plus de trois décibels la nuit, précise Emmanuelle Brière. Il existe des protocoles techniques pour le placement des condenseurs, des protections acoustiques pour réduire le bruit, des supports antivibrations... »

...et bien l'entretenir

À l’extérieur, il faut débarrasser le condenseur des feuilles mortes, vérifier l’absence d’infiltration d’eau entre le mur et le boîtier. Et, à l’intérieur, nettoyer les lamelles de l’évaporateur et surtout dépoussiérer régulièrement le filtre à air, voire le changer périodiquement, a fortiori s’il est de classe Hepa (antibactérien, antipollution...), plus vite saturé et peu nettoyable. Toute installation de plus de 4 000 W doit être inspectée et révisée tous les deux ans par un professionnel agréé.

© DF

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