Énergie, carburant, alimentation... Quand la guerre en Ukraine menace le porte-monnaie des Français

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© winyuu - iStock

Voilà plusieurs mois désormais que la petite musique de l’inflation se joue dans tous les secteurs de l’économie, alors que le monde a débuté sa lente sortie de l’épidémie de Covid-19. Fret aérien et maritime moribond, matières premières pillées, accroissement de la demande mondiale… Les raisons sont multiples pour expliquer cette soudaine inflation des prix encore jamais observée au XXIe siècle dans les économies occidentales.

Néanmoins, la situation devait se stabiliser au cours de l’année 2022… C’était sans compter la guerre qui vient d’éclater en Ukraine et qui rebat profondément les cartes, laissant le monde, et particulièrement l’Europe, à la merci d’une crise économique profonde qui impactera durement votre porte-monnaie.

Essence, diesel… 2,50 € le litre ?

C’est acté. Sauf intervention majeure du gouvernement français dans les prochains jours, le prix du litre d’essence ou de gasoil à la pompe franchira bientôt le cap symbolique des 2 euros le litre dans toutes les stations-essence. Un record historique dû à l’explosion des prix du baril de pétrole sur les marchés.

Pour cause, la Russie est un important producteur de pétrole. En réaction aux sanctions occidentales, Moscou, membre éminent de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) devrait peser pour fermer un peu les vannes et ainsi faire grimper les tarifs. C’est d’ailleurs déjà le cas alors que le baril d’or noir s’échange en moyenne contre 130 dollars. Il pourrait atteindre 180, voire 200 dollars, d’ici la fin 2022, si le contexte international ne s’arrange pas, selon plusieurs analystes.

En vidéo : 3 min pour comprendre : les répercussion de la guerre en Ukraine sur votre pouvoir d'achat

Gaz, électricité… La flambée, saison 2

C’est évidemment une très grande source d’inquiétude pour les Européens. La Russie est le deuxième producteur mondial de gaz naturel (elle a récemment été dépassée par les États-Unis). La guerre en Ukraine a d’ores et déjà fait aussi exploser les prix sur le marché. Les 1 000 mètres cubes de gaz s’échangent contre… 3 500 dollars en moyenne.

Pour rappel, au début de l’offensive russe vers Kiev, l’ex-président russe Dmitri Medvedev menaçait les Européens qui « achèteront 1000 mètres cubes de gaz naturel pour 2 000 dollars ». Cette prévision folle est d’ores et déjà pulvérisée. 

En France, les consommateurs sont toujours protégés par le bouclier tarifaire instauré par le gouvernement à l’automne 2021. Celui-ci restera en place au moins jusqu’au début de l’année 2023. Un soulagement pour les consommateurs français qui pourront sortir de l’hiver sans voir leurs factures exploser. Toutefois, l’exécutif devrait prochainement statuer sur une possible prolongation de ce bouclier, qui coûte cher aux finances de l’État.

Cette forte augmentation des tarifs du gaz russe impactera également ceux de l’électricité.  Sur les marchés, les prix du gaz et de l'électricité sont hautement corrélés. D'autant qu'en Europe, plusieurs pays, dont l'Allemagne, ont recours à des centrales à gaz pour produire de l'électricité. Et la dépendance de Berlin en gaz russe s'élève à près de 60 % de ses besoins.

En vidéo : Tout comprendre à la hausse du prix de l'électricité

De quoi craindre également une envolée prochaine pour les consommateurs français, provisoirement protégés, on le rappelle, par la baisse des taxes consentie par le gouvernement français. Là aussi, il faudra probablement aller plus loin dans les semaines à venir. 

Pain, huile, fruits et légumes... Des répercussions en supermarché

La guerre en Ukraine et les sanctions économiques infligées à la Russie n'auront pas que des conséquences sur le plein de votre voiture ou votre facture d'énergie. Le revers de la médaille risque également de se faire sentir dans les rayons de vos supermarchés, alors que les prix doivent encore y augmenter de 4 % en moyenne au mois d'avril. 

En effet, alors que la Russie et l'Ukraine font parties des pays qui produisent le plus de blé, le tarif de la tonne de cette céréale essentielle à la consommation flirte déjà avec les 400 euros, un niveau historique. Bien sûr, la France aussi produit du blé en conséquence et suffisamment pour tous nous nourrir. Mais les prix sont indexés sur les marchés avec le risque, finalement, de voir celui de votre baguette prendre prochainement quelques centimes. 

Même constat pour l'huile que vous utilisez en cuisine tous les jours. L'Ukraine est le premier pays producteur de tournesol au monde. De quoi prévoir là aussi une hausse du tarif de votre bouteille. 

Au rayon fruits et légumes, la hausse pourrait également se faire sentir alors que les prix ont déjà flambé en 2021 en raison du gel printanier. En effet, les agriculteurs français se fournissent beaucoup en Russie pour leurs engrais et leurs pesticides. 

En vidéo : 2 min pour comprendre : comment faire un don à un pays en guerre

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