Chèque alimentaire : qui y aura droit ?

Annoncé il y a deux mois, le chèque alimentaire est en train d’être finalisé par le gouvernement. Il doit permettre aux ménages les plus modestes de pouvoir acheter des produits alimentaires de qualité, frais et locaux, et aux agriculteurs de mieux vivre.

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Remplir son panier de courses avec le chèque alimentaire
© Nodar Chernishev

 « Je suis d’accord sur le chèque alimentaire, on va le faire, il faut qu’on le fasse », avait déclaré le 14 décembre dernier, le président de la République, Emmanuel Macron, en réponse à la demande des 150 citoyens de la Convention citoyenne pour le climat de créer des chèques alimentaires pour permettre aux ménages les plus modestes de pouvoir acheter des produits alimentaires de qualité, bio ou répondant à une logique de circuit court et aux agriculteurs de mieux vivre.

Deux mois plus tard, le ministère de l’Agriculture et Bercy planchent encore sur les modalités d’application de cette aide. « On est en train de définir leur forme, a indiqué le ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie, mardi matin sur RTL. Quand vous prenez une décision, il faut la mettre en œuvre. Ce n’est pas si évident que cela de définir leur périmètre et le système de distribution. Nous sommes en cours de finalisation de ce dispositif, il y a un gros travail de fait avec les députés », a-t-il poursuivi. 

Qui bénéficiera du chèque alimentaire ?

Si les chèques alimentaires sont destinés aux plus modestes, les critères d’attribution ne sont pas encore tranchés. D’un côté, le ministère de l’Economie propose de confier le dispositif aux centres communaux d’action sociale (CCAS) et donc de cibler les 5 millions de bénéficiaires des CCAS. De son côté, le député Mounir Mahjoubi indique la « véritable cible se situerait entre six et huit millions » de bénéficiaires. Le Secours catholique estime d’ailleurs à 8 millions le nombre de personnes ayant besoin actuellement de l’aide alimentaire pour vivre, contre 5 millions en 2018.

Quel sera le montant du chèque alimentaire ?

Le montant n’est pas encore connu. Mounir Mahjoubi propose un chèque dont le prix serait compris entre 30 et 60 € par mois par famille. « 85 % de l’argent investi devra ensuite revenir aux agriculteurs », estime-t-il. 

Quels produits pourra-t-on acheter ?

Les chèques alimentaires doivent permettre « à chacun d’avoir accès à des produits de qualité, des produits frais et locaux », a rappelé Julien Denormandie. « Le groupe LREM propose d'offrir des chèques alimentaires (...) [qui] permettraient d'acquérir des produits vertueux tels que précisés dans la loi Egalim : des produits frais à signe de qualité – type bio ou labels – avec une priorité sur les fruits et légumes », expliquait le 16 février dernier le député LREM de Paris, Mounir Mahjoubi, en charge du dossier dans un entretien à Ouest France.

Quelle forme prendrait le chèque alimentaire ?

Plusieurs projets sont à l’étude. Le FNSEA, première organisation d’agriculteurs, propose une « carte à puce » ou un « chèque » distribué par les CCAS permettant de dépenser 5 € par jour dans des magasins de producteurs, des marchés locaux et dans les rayons de produits régionaux des supermarchés, pour des produits de base. De son côté, la Confédération paysanne propose la création d’une branche de la sécurité sociale garantissant un accès universel à l’alimentation – produits locaux, restauration collective – ainsi que la création de « caisses locales d’alimentation ». Au gouvernement, le ministère de l’Agriculture penche plutôt pour une carte alimentaire ou un chèque tandis que Bercy souhaite confier la gestion de l’aide aux CCAS.

Quand le chèque alimentaire sera mis en place ?

Le dispositif devrait être lancé pour le mois de septembre.

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