C’est quoi, l’inflation ?

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Escalier, caddie, alimentation, inflation
L’inflation a encore accéléré en mars. - © AlexSecret

L’enquête publiée jeudi 31 mars par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) confirme peut-être votre ressenti : l’inflation a encore accéléré au cours du mois écoulé. « Sur un an, selon l’estimation provisoire réalisée en fin de mois, les prix à la consommation augmenteraient de 4,5 % en mars, après + 3,6 % le mois précédent », explique l’organisme.

« Cette hausse marquée de l’inflation résulterait d’une accélération des prix de l’énergie, de l’alimentation et, dans une moindre mesure, des services. Les prix des produits manufacturés ralentiraient légèrement », précise l’Insee.

Les prix ont grimpé en mars autant que durant toute l’année 2021

Durant le seul mois de mars, l’inflation a atteint 1,4 %, soit presque autant que sur toute l’année 2021 (1,6 %), évalue l’organisme.

La tendance risque de s’accélérer en raison du maintien de la guerre menée par la Russie en Ukraine. Le 3 mars, l’économiste Marc Touati prévoyait auprès de Dossier Familial une augmentation des prix à hauteur de 5 % en France à court terme.

Le retour mondial de l’inflation a commencé à la faveur de l’atténuation de la crise sanitaire due à la pandémie de Covid-19. La reprise économique s’est accompagné d’un bond de la consommation qui a tiré les prix à la hausse.

Qu’est-ce que l’inflation ?

L’Insee définit sur son site ce phénomène comme « la perte du pouvoir d’achat de la monnaie qui se traduit par une augmentation générale et durable des prix ». L’inflation « frappe l’économie nationale dans son ensemble (ménages, entreprises, etc.) ».

Comme la croissance du produit intérieur brut (PIB) ou le taux de chômage, elle figure parmi les indicateurs économiques cités fréquemment dans le débat public. Depuis 2011, où elle se portait à 2,1 %, l’inflation n’avait pas dépassé 2 % en rythme annuel.

Evolution de l’inflation annuelle depuis 1991

Quelles sont les conséquences négatives de l’inflation ?

L’inflation provoque une baisse de vos revenus réels.

Elle entraîne, pour tout personne qui épargne, une diminution du rendement de ses placements. Par exemple, le Livret A, dont le taux d’intérêt atteint 1 % depuis le 1er février, offre un rendement bien inférieur à l’inflation. Si vous placez 1 000 € sur un an, vous recevez des intérêts de 10 €. Mais l’inflation rogne le rendement réel. Si elle s’élève à 2 %, soit le niveau d’inflation recherché « à moyen terme » par la Banque centrale européenne (BCE), vos intérêts doivent dépasser ce même taux pour être synonymes de gains.

Entre le 16 octobre 1981 et le 31 juillet 1983, lorsque le taux du Livret A atteignait 8,5 %, un sommet record pour ce placement, « le taux d’inflation dépassait les 10 % », rappelle le Cercle de l’épargne sur son site. Le rendement réel du Livret A était donc négatif.

Les propriétaires bailleurs bénéficient d’une protection contre l’inflation, l’indice de référence des loyers (IRL), calculé par l’Insee à partir de l’évolution des prix à la consommation hors tabac et hors loyers. Ils peuvent appliquer chaque année l’IRL au loyer exigé.

Pour une entreprise, la hausse des coûts des produits et des services nécessaires à l’activité (matières premières, transports, etc.) renchérit ses charges, sans hausse correspondante du chiffre d’affaires. L’entreprise confrontée à l’inflation peut elle-même vouloir augmenter ses prix. Mais une telle mesure peut diminuer la demande de biens ou des services produits par l’entreprise et donc son chiffre d’affaires.

Quelles sont les conséquences positives de l’inflation ?

L’inflation est traditionnellement considérée comme favorable aux emprunteurs ayant souscrit un emprunt à taux fixe, qu’il s’agisse de particuliers, de sociétés ou d’Etats… à condition que les revenus des débiteurs grimpent.

Les syndicats peuvent se fonder sur l’inflation pour négocier des augmentations de salaire collectives. Le calcul du salaire minimum interprofessionnel de croissance (Smic) inclut nécessairement l’évolution des prix. Le gouvernement a prévu une revalorisation du Smic à compter du 1er mai.

Mais, si entre 1952 et 1982, une échelle mobile des salaires a été mise en œuvre, les autres salaires ne sont plus automatiquement indexés sur l’inflation.

Cette dernière constitua un des éléments de l’expansion des Trente Glorieuses (1945-1975). En contrepartie de la forte inflation, les salariés derniers disposaient d’un pouvoir important de négociation, par temps de plein-emploi, d’une concurrence internationale moindre qu’aujourd’hui et de puissance du Parti communiste français (PCF), allié de Moscou et craint par le patronat. Deux chocs pétroliers au cours des années 1970, ont fait bondir les prix des carburants et rangé cette période faste dans le roman national.

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