Pouvoir d'achat : toutes nos astuces pour faire de vraies économies toute l'année

Allocations, salaires, retraites, loyers, énergie... À qui profite la loi Pouvoir d'achat ?

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Hans Lucas / Reuters

Salaires, retraites, chômage... Des augmentations en deçà de l'inflation

Les salariés, les fonctionnaires, les indépendants ainsi que les chômeurs et retraités bénéficient d’une hausse de leurs revenus, qui compense, au moins partiellement, l’inflation.

La hausse du Smic

Le salaire minimum interprofessionnel de croissance (Smic) a progressé de 2,01 % le 1er août, passant de 1 645,58 à 1 678,65 euros brut pour un plein-temps (35 heures par semaine). Cette augmentation n’est pas le fruit de la loi Pouvoir d’achat... mais du Code du travail. Il prévoit en effet la révision systématique du Smic chaque mois de janvier (+0,9 % en janvier dernier). Et surtout – très précieux cette année – des revalorisations en cours d’année, à chaque fois que l’indice national des prix à la consommation grimpe d’au moins 2 % par rapport à l’indice constaté lors de l’entrée en vigueur du dernier montant du Smic (article L. 3231-5).

Ces revalorisations automatiques suivent ainsi de près l’inflation, comme cela avait déjà été le cas en mai (+ 2,65 %) et, donc, de nouveau en août (+ 2,01 %). soit + 5,65 % depuis le début de l’année 2022.

Qui est concerné ? 2,25 millions de salariés sont payés au Smic dans les entreprises privées (hors apprentis, stagiaires et intérimaires), en France à l’exclusion de Mayotte.

Quel gain ? Le Smic passe donc de 1 302,64 à 1 328,82 euros net par mois, soit 26,18 euros de plus dans la poche dès ce mois-ci. Une augmentation d’un peu plus de 70 euros en considérant les trois augmentations de 2022.

À noter : en plus de l’augmentation automatique prévue par le Code du travail, le gouvernement peut donner un coup de pouce supplémentaire. Cela n’a pas été son choix. Le dernier coup de pouce vient de fêter son dixième anniversaire : il avait été opéré au début de la présidence de François Hollande, en juillet 2012.

1 000 € pour les salariés qui doivent déménager 

Si vous devez déménager parce que vous avez trouvé un nouvel emploi, vous pouvez demander l’aide « Mon job, mon logement » auprès d’Action Logement, dans les trois mois qui suivent la prise d’effet de votre bail. D’un montant de 1 000 euros, elle est réservée aux salariés payés jusqu’à 1,5 Smic, soit 2517,98 euros brut.

Le triplement de l'ex-prime Macron

La prime exceptionnelle de pouvoir d’achat (dite « prime Macron ») devient non plus une exception mais la règle. Renommée « prime de partage de la valeur » (PPV), le dispositif se pérennise et son montant maximum passe de 1 000 à 3 000 euros (et de 2 000 à 6 000 euros dans certaines situations, comme lorsque votre entreprise a conclu un dispositif d’intéressement).

La PPV est exonérée d’impôt sur le revenu et de cotisations sociales jusqu’au 31 décembre 2023 pour les salariés bénéficiaires qui perçoivent jusqu’à moins de trois fois le Smic mensuel, soit, en tenant compte du montant du salaire minimum en vigueur depuis le 1er août, 5 035,95 euros brut. Pour les personnes dont le salaire se situe au-delà de ce seuil, la prime est soumise à l’impôt sur le revenu ainsi qu’à la contribution sociale généralisée (CSG) et à la contribution pour le remboursement de la dette sociale (CRDS) et, si l’entreprise compte plus de 250 salariés, l’employeur est redevable du forfait social.

Qui est concerné ? Potentiellement tous les salariés, intérimaires et agents des établissements publics. Dans les faits, 3,38 millions de personnes ont reçu la prime Macron en 2021, pour un montant moyen de 572 euros.

Quel gain ? Jusqu’à 3 000 euros dans la poche, net de cotisations sociales et d’impôt.

À noter : attention, à partir du 1er janvier 2024, l’impôt sur le revenu, la CsG et la CrDs s’appliqueront aux primes des salariés percevant moins de trois fois le Smic par mois.

Les rémunérations dans la fonction publique

Le point d’indice utilisé pour le calcul de la rémunération des agents des fonctions publiques de l’État, territoriale et hospitalière (fonctionnaires et contractuels), a progressé en moyenne de 3,5 % le 1er juillet dernier (décret n° 2022-994 du 7 juillet). Le ministère de la Transformation et de la Fonction publiques vante « la plus forte augmentation depuis 1985 ». Les trois derniers relèvements avaient eu lieu en 2010, 2016 et 2017. 

Qui est concerné ? En 2020, le nombre d’agents publics hors contrats aidés atteignait 5,66 millions en France hors Mayotte (ministère de la Transformation et de la fonction publique, « L’emploi dans la fonction publique », décembre 2021).

Quel gain ? 68,50 euros net par mois pour un gardien de la paix avec 15 ans d’ancienneté. 62 euros pour un professeur des écoles qui a sept ans d'ancienneté.

À noter : le dégel du point d'indice induit une augmentation qui n'est pas uniforme pour tous les agents, compte tenu de l'ancienneté et des modes de calcul des rémunérations distincts pour les différents métiers.

Les revenus des travailleurs indépendants

Suivant un engagement de campagne d’Emmanuel Macron, les cotisations sociales dues par les travailleurs indépendants qui tirent de leur activité des revenus allant jusqu’à l’équivalent du Smic vont reculer. Cette diminution pérenne touche le calcul des cotisations dues au titre de 2022, puis des années suivantes.

Qui est concerné ? 2,25 millions d’indépendants, y compris les microentrepreneurs (anciens autoentrepreneurs), doivent obtenir une hausse de leurs revenus d’activité net, à revenus brut égaux : artisans, commerçants, professionnels libéraux et chefs d’exploitation ou d’entreprise agricole.

Quel gain ? Le gain doit atteindre 550 euros par an pour un indépendant dont le revenu annuel représente le smic annuel net (15 632 euros en tenant compte du montant du salaire minimum en vigueur jusqu’au 31 juillet).

Astuce

« Une baisse insuffisante des cotisations au regard de l'augmentation du Smic »

L'avis d'expert de Jean-Guilhem Darré, délégué général du syndicat des indépendants (SDI).

La baisse de cotisations sociales des indépendants est insuffisante au regard de l’augmentation du Smic depuis 2020 et de la forte inflation. Les indépendants qui gagnent moins que l’équivalent du salaire minimum gagneront moins de 550 euros, à supposer que cette baisse des cotisation soit effective. Nous réclamons des mesures qui permettraient de soutenir le pouvoir d’achat sans impact sur les finances publiques.

Première proposition : un gel de l’indice des loyers commerciaux.

Deuxième proposition : l’interdiction pour les bailleurs commerciaux de répercuter le paiement de taxe foncière sur les locataires.

Troisième proposition : un rallongement de la durée de remboursement des prêts garantis par l’État (PGE) et un nouvel étalement du règlement des cotisations Urssaf.

Les allocations-chômage

Au cours d’une réunion le 30 juin, après négociations entre les organisations syndicales et patronales, le conseil d’administration de l’Unédic a adopté une revalorisation de 2,9 % des allocations-chômage à compter du 1er juillet. Si ce taux est inférieur à l’inflation, l’institution qui gère l’assurance-chômage précise que l’augmentation avait été limitée à 0,5 % « lors des cinq années précédentes ». Pas au niveau, donc, mais en progrès.

Qui est concerné ? 95 % des demandeurs d’emploi indemnisés au 1er juillet, soit quelque 2,1 millions de personnes, doivent bénéficier de cette revalorisation.

Quel gain ? La mesure produit les répercussions suivantes, également fixées par le conseil d’administration de l’Unédic :

  • Une revalorisation de l’allocation minimale de 29,56 euros à 30,42 euros brut par jour ; • une hausse de la partie fixe de l’allocation d’aide au retour à l’emploi (Are) de 12,12 à 12,47 euros brut par jour, cette partie fixe s’ajoutant à la partie proportionnelle de l’indemnisation, qui représente 40,4 % de l’ancien salaire ;
  • Un relèvement du minimum de l’allocation d’aide au retour à l’emploi formation (Are-F), qui passe de 21,17 euros à 21,78 euros brut par jour ;
  • Une augmentation de l’allocation journalière susceptible de donner lieu à dégressivité de 85,18

Astuce

Les pensions de retraite

Les pensions de retraite servies par les régimes de base – mais pas celles versées par les complémentaires ! – sont relevées de 4 % à compter du 1er juillet. La progression doit être appliquée à compter d’août, des versements rétroactifs étant prévus au titre du mois précédent. La progression doit être appliquée à compter d'août, des versements rétroactifs étant prévus au titre du mois précédent.

Je demande ma retraite : le guide pratique

Une « check-list » pour ne rien oublier, des outils pratiques et tous les articles utiles

Je demande ma retraite : le guide pratique

Qui est concerné ? La mesure doit bénéficier à 18 millions de retraités.

Quel gain ? Pour une retraite moyenne de 1 400 euros net (montant moyen d’une pension de droit direct en 2020, Drees, « Les retraités et les retraites. Édition 2022 »), l’augmentation atteint 56 euros par mois.

À noter : attention, cette hausse constitue une anticipation de la revalorisation « de droit commun » intervenant habituellement au 1er janvier.

« Les complémentaires Agirc-Arrco seront revalorisées à partir du 1er novembre »

L'avis d'expert de Frédéric Sève, secrétaire national de la CFDT chargé des retraites.

Les retraites complémentaires des anciens salariés augmentent en octobre, pour une entrée en vigueur le 1er novembre. Les accords nationaux interprofessionnels applicables à l’Agirc-Arrco font peser deux contraintes sur les partenaires sociaux qui déterminent le niveau de la revalorisation. Première contrainte : l’évolution des prix. Les partenaires sociaux se fondent sur la prévision d’inflation publiée en juin par l’Insee pour l’année. Selon l’Insee, l’inflation hors tabac va atteindre 5,7 % en 2022. Les textes indiquent que les retraites complémentaires évoluent à hauteur de plus ou moins 0,5 % par rapport à l’inflation prévue. Cette année, l’augmentation serait donc de 5,2 % ou de 6,2 %. Mais une seconde contrainte impose que les pensions ne peuvent pas évoluer plus vite que les salaires. Cette dernière règle garantit l'équilibre du régime et doit donc s'apprécier sur le long terme. 

RSA, bourses, allocations familiales... Les aides pour les plus modestes et les familles augmentées

Hausse de 4 % des prestations sociales, prime inflation... Tour d’horizon des mesures d’urgence, adoptées cet été, pour protéger le pouvoir d’achat des plus modestes et des familles de l’inflation.

+ 4 % pour le RSA, l'AAH, l'Aspa...

Chaque année, un large éventail de prestations sociales sont revalorisées, au 1er janvier ou au 1er avril, en fonction de l’inflation. sans attendre 2023, le gouvernement a décidé de les revaloriser de 4 %, avec effet rétroactif au 1er juillet.

Qui est concerné ? Les allocataires de la prime d’activité et des minima sociaux, c’est-à-dire :

  • le revenu de solidarité active (RSA),
  • l’allocation aux adultes handicapés (AAH),
  • l’allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa),
  • l’allocation supplémentaire d’invalidité (ASI),
  • l’allocation veuvage (AV),
  • l’allocation de solidarité spécifique (Ass),
  • l’allocation équivalent retraite (A er),
  • l’allocation temporaire d’attente (ATA),
  • les titulaires d’une pension d’invalidité ou d’une rente d’accident du travail ou de maladie permanente (AT-MP).

À noter : les plafonds d’éligibilité de la complémentaire santé solidaire (Css), une aide pour payer les dépenses de santé, augmentent aussi de 4 %.

Prestation socialeMontant mensuel au 1er avril 2022Montant mensuel au 1er juillet 2022Gain
AAH919,86 €956,65 €36,79 €
Aspa916,78 €953,45 €36,67 €
Prime d'activité563,68 €585,22 €22,54 €
RSA575,52 €598,54 €23,02 €

+ 4 % pour les prestations familiales

Les prestations familiales, versées par la CAF et la MSA, sont aussi revalorisées de 4 %, avec effet rétroactif au 1er juillet. Cela concerne :

  • la prime à la naissance ou à l’adoption,
  • l’allocation de base,
  • la prestation partagée d’éducation de l’enfant (PrePare),
  • le complément de libre choix du mode de garde (CMG),
  • les allocations familiales,
  • le complément familial,
  • l’allocation forfaitaire provisoire,
  • l’allocation de soutien familial (ASF),
  • l’allocation de rentrée scolaire (ARS),
  • l’allocation journalière de présence parentale (AJPP),
  • l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé (AEEH),
  • l’allocation forfaitaire versée en cas de décès d’un enfant.

Qui est concerné ? environ 6,6 millions de familles.

Quel gain ? Jusqu’à 5,38 euros de plus par mois d’allocations familiales pour un couple avec deux enfants à charge, 16,46 euros d’ARS en plus pour un enfant au lycée...

À noter : en ajoutant la hausse de 1,8 % le 1er avril, l’augmentation des prestations familiales s’élève à 5,8 % au total en 2022.

« Les Points conseil budget vous aident gratuitement et confidentiellement »

L'avis d'expert de Jean-Philippe Vallat, directeur des politiques et actions familiales à l'Union nationale des associations familiales (Unaf).

En cette période d’inflation, les familles ayant un budget un peu tendu ne doivent pas hésiter à se tourner vers un Point conseil budget pour anticiper les problèmes financiers. Présents un peu partout en France, ces lieux d’accompagnement gratuit et confidentiel ont avant tout une vocation préventive. Ils revisitent tout un budget pour supprimer les dépenses redondantes, vérifient si des droits sociaux n’ont pas été ouverts et peuvent aider à remplir un dossier de surendettement auprès de la Banque de France. Le Centre communal d’action sociale (CCAS), la CAF ou la CPAM peuvent verser une aide ponctuelle en plus des aides légales aux ménages déjà en difficulté. 

+ 4 % pour les bourses étudiantes

À la rentrée, les bourses sur critères sociaux du Crous versées aux étudiants modestes sont revalorisées de 4 %.

Qui est concerné ? environ 800 000 étudiants boursiers.

Quel gain ? De 42 à 229 euros sur 10 mois, selon les revenus.

À noter : les allocations versées dans le cadre du Contrat d’engagement jeune, de la Garantie jeunes, de l’accompagnement en etablissement pour l’insertion dans l’emploi (epide) et la rémunération des stagiaires en formation professionnelle augmentent aussi de 4 %.

Une aide exceptionnelle de 100 € à la rentrée

Courant septembre, une aide d’un montant de 100 euros, majorée de 50 euros par enfant à charge, sera automatiquement versée sur le compte bancaire de près de 8 millions de foyers modestes (14 millions de personnes).

Qui est concerné ? Les allocataires des minima sociaux, des aides au logement (APL, ALF, ALS) et les étudiants boursiers.

Quel gain ? 200 euros pour un foyer avec deux enfants à charge.

À noter : par la suite, un chèque alimentaire pour accéder à des produits bio, frais et locaux pourrait voir le jour.

Logement : les coups de pouce pour les locataires et les propriétaires

Bouclier loyers, revalorisation des APL, suppression de la redevance... Voici les mesures pour contenir votre budget logement face à l’inflation.

La hausse des loyers plafonnée à 3,5 %

Un « bouclier loyers » est créé pour protéger en partie les locataires des effets de l’inflation. Entre octobre 2022 et octobre 2023, la hausse de l’indice de référence des loyers (IRL), sur lequel les bailleurs privés et sociaux se basent pour réviser chaque année les loyers des baux en cours, sera plafonnée à 3,5 %. Sans cette mesure, l’IRL, qui est calculé chaque trimestre par l’Insee à partir de la moyenne de l’évolution des prix à la consommation (hors tabac et loyers) sur les douze derniers mois, aurait pu dépasser 5,5 % en fin d’année.

Qui est concerné ? Tous les locataires.

Quel gain ? Près de 110 euros sur un an pour un ménage payant 600 euros par mois de loyer, selon Bercy.

À noter : la révision annuelle du loyer n’est pas une obligation et l’IRL de 3,5 % correspond au pourcentage maximum d’augmentation.

« Le bouclier tarifaire à 3,5 % n'est pas une mesure suffisante »

L'avis d'expert de David Rodrigues, juriste en charge du logement à l'association Consommation, logement et cadre de vie (CLCV).

Plafonner la hausse des loyers à 3,5 % pendant un an n’est pas suffisant. C’est le taux le plus élevé jamais constaté depuis la création de l’IRL en 2008. Pour un loyer de 600 euros, cela représente une hausse de 21 euros par mois, soit 252 euros par an. C’est une baisse de pouvoir d’achat pour les locataires, alors qu’un gel des loyers pendant un an, comme nous le réclamions, aurait seulement causé un manque à gagner pour les propriétaires. Quant à la revalorisation des APL de 3,5 %, c’est une très bonne chose mais tous les locataires n’y ont pas droit et cela ne compensera pas l'intégralité de la hausse des loyers.

+ 3,5 % pour les APL

En parallèle du bouclier loyers, les aides personnelles au logement – l’aide personnalisée au logement (APL), l’allocation de logement familiale (ALF) et l’allocation de logement sociale (ALS) – versées aux locataires modestes, par la Caisse d’allocations familiales (CAF) et la Mutualité sociale agricole (MSA), ont été revalorisées par anticipation de 3,5 %, avec effet rétroactif au 1er juillet. En temps normal, la revalorisation annuelle a lieu le 1er octobre sur la base de l’IRL du deuxième trimestre.

Qui est concerné ? Environ 5,8 millions de ménages, dont 2,6 millions de foyers en logement social et près de 800 000 étudiants.

Quel gain ? 10 euros de plus par mois pour un allocataire seul en zone 2 avec un loyer de 400 euros et 176 euros d’APL.

À noter : ce coup de pouce de 3,5 % intervient après une hausse de 0,42 %

Suppression de la taxe d'habitation

Ce n’est pas nouveau mais c’est un gain important de pouvoir d’achat cette année. Depuis 2020, 80 % des Français ne paient plus la taxe d’habitation sur les résidences principales. Les 20 % de ménages les plus aisés y sont assujettis une dernière fois cet automne, avec un allègement d’au moins 65 %.

Qui est concerné ? Les locataires, propriétaires et occupants à titre gratuit d’une résidence principale au 1er janvier, soit 24,4 millions de foyers.

Quel gain ? 723 euros en moyenne par an pour les ménages bénéficiant d’une exonération totale.

À noter : un simulateur sur le site Impots.gouv.fr permet d’estimer votre taux de réduction.

Que faire en cas de difficulté pour payer votre loyer ?

Commencez par prévenir rapidement votre propriétaire pour négocier un report d’échéance ou un étalement de votre dette. Vérifiez ensuite vos droits aux aides sociales. Outre les APL de la CAF, le Fonds de solidarité logement (FSL) de votre département peut peut-être prendre en charge vos loyers impayés et factures (gaz, eau, etc.). Si vous êtes salarié d’une entreprise du secteur privé non agricole d’au moins dix salariés, Action Logement peut accorder une aide financière, dans le cadre de son service d’accompagnement social. Composez le numéro vert « SOS loyers impayés » au 0 805 160 075 (appel et service gratuits).

Suppression de la redevance télé

Prévue dans la loi de finance rectificative votée en même temps que la loi sur le pouvoir d’achat, la suppression de la contribution à l’audiovisuel public (ou redevance télé) sera effective dès cet automne. Aucun avis d’imposition ne sera émis et les prélèvements dus par les foyers mensualisés seront remboursés.

Qui est concerné ? Près de 23 millions de foyers possédant un téléviseur ou dispositif assimilé.

Quel gain ? 138 euros par an en métropole et 88 euros par an en outre-mer.

À noter : certains ménages en étaient déjà exonérés.

Énergie : un bouclier tarifaire plus ciblé en 2023

En vigueur depuis octobre 2021, le bouclier tarifaire sur les prix du gaz et de l’électricité pourrait disparaître en 2023, au profit d’un nouveau dispositif destiné aux plus modestes.

Un dispositif généraliste jusqu’en décembre 2022

Alors que l’Europe affronte une grave crise énergétique débutée au sortir de la pandémie de Covid-19 et accentuée par la guerre en Ukraine, le gouvernement français a décidé, à l’automne 2021, de sortir l’artillerie lourde pour protéger le budget des Français. Il a ainsi mis en place un bouclier tarifaire censé contenir la flambée des tarifs réglementés du gaz et de l’électricité.

Qui est concerné ? Tous les consommateurs de gaz et d’électricité.

Quel gain ? Le gouvernement affirme que le bouclier tarifaire sur l’énergie a évité un surcoût moyen de 750 euros en 2022 pour un couple qui chauffe un logement de 90 m2 au gaz. Pour une famille qui chaufferait un foyer de 100m2 à l’électricité, l’économie est estimée à 570 euros.

À noter : le tarif du gaz a été gelé, évitant une envolée des prix de 50 % entre octobre 2021 et juillet 2022, selon les chiffres avancés par le ministère de l’Économie et des Finances. Même chose pour les tarifs réglementés de l’électricité qui devaient bondir de 35 à 40 % en février dernier : la hausse fut finalement plafonnée à 4 % sur l'année.

Une nouvelle aide mieux ciblée dès 2023

Mais ce dispositif efficace a néanmoins un lourd coût pour les finances de l’État : entre 15 et 20 milliards d’euros pour la seule année 2022. De quoi pousser l’exécutif à penser à la suite. Car oui, le bouclier tarifaire sur les prix du gaz et de l’électricité sera bien prolongé jusqu’à la fin de l’année 2022. Mais qu’en sera-t-il en 2023 ?

Qui est concerné ? L’actuel bouclier tarifaire permet à tout le monde d’en profiter, sans conditions de ressources. si rien n’a été clairement établi, la Première ministre Élisabeth borne envisageait le passage à un dispositif plus ciblé vers les ménages les plus modestes.

À noter :le ministre de l'Économie et des Finances Bruno Le Maire a par ailleurs confirmé la fin des tarifs réglementés du gaz d'ici la fin de l'année 2023, « pour être en conformité avec les règles européennes ».

L'éco-rénovation, pour des économies sur le long terme

La meilleure arme pour limiter les dépenses d’énergie reste d’opter pour la rénovation thermique de son logement. Les passoires peuvent coûter une fortune en surconsommation, et ce, été comme hiver. Lancé par l’État via l’Agence nationale de l’Habitat (Anah), le dispositif Ma Prime Rénov a récemment fait l’objet d’une rallonge de 1000 euros pour certains travaux d’isolation.

Qui est concerné ? L’aide est accessible à tous les propriétaires, bailleurs et occupants, ainsi qu’aux copropriétés, et concerne les logements achevés depuis quinze ans.

Quel gain ? Le montant de la subvention est proportionnel aux revenus du demandeur. Toutes les démarches, ainsi que la liste des artisans agréés, sont à retrouver sur la nouvelle plateforme France Rénov qui centralise la réalisation et l’accompagnement des candidats.

À noter : depuis le 1er juillet 2022, il est possible de cumuler Ma Prime Rénov avec l’éco-prêt à taux zéro.

« Il existe de vraies astuces pour faire des économies ! »

L'avis d'experte de Florence Clément, chargée de l'information grand public à l'Ademe, l'agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie.

Tous les ménages peuvent dès maintenant adopter les bons gestes pour maîtriser leur consommation d’énergie et donc le montant de leurs factures. Il est par exemple possible, dans la salle de bains, d’installer des mousseurs sur les robinets ainsi qu’une douchette économe pour limiter le débit d’eau. De la même façon, dans la cuisine, couvrir ses casseroles et dégivrer régulièrement son congélateur sont de bonnes habitudes à prendre. Tout comme le fait de laver son linge à 30 degrés en machine, de limiter l’usage du sèche-linge, d’éteindre complètement ses appareils électroniques avant d’aller dormir ou encore de programmer son chauffe-eau en heures creuses. Enfin, concernant le lourd poste du chauffage, l’acquisition d’un thermostat programmable pour vous faire économiser jusqu’à 15 % de consommation.

La remise carburant renforcée pour tous

La remise générale sur les tarifs du carburant avait vocation à disparaître, mais les tractations à l'Assemblée. nationale ont permis de la renforcer pour au moins deux mois. 

30 centimes de baisse dès septembre

Dans le contexte inflationniste, la question du niveau des taxes imposées par l'Etat sur le tarif du carburant est vite revenue sur la table : entre la TVA et la taxe sur l'importation des produits pétroliers, la fiscalité représente près de 60 % du prix payé à la pompe. Le 1er avril dernier, le gouvernement a ainsi annoncé la mise en place d'une remise de 18 centimes sur le prix au litre de l'essence et du diesel. Le dispositif devait rester en vigueur jusqu'au 31 juillet 2022, il a finalement été prolongé jusqu'à la fin 2022 et sera même renforcé le 1er septembre. Cette mesure coûtera la bagatelle de 4,4 milliards d'euros aux finances publiques, selon les estimations de Bercy. À ce stade, aucune nouvelle aide à destination des automobilistes n'est programmée pour 2023, l'État pariant sur une baisse durable des cours du pétrole.

Qui est concerné ? Tous les automobilistes, sans condition, ni distinction.

Quel gain ? Une baisse de 30 centimes par litre d'essence ou de diesel jusqu'au 31 octobre 2022. Puis de 10 centimes entre le novembre et le 31 décembre.

Astuce

Hausse du plafond de la prime de transport

Dans le même temps, le gouvernement souhaite aider les salariés qui doivent utiliser leur véhicule pour se rendre sur leur lieu de travail. Ainsi, l’Assemblée nationale a voté en faveur du renforcement de la prime que les entreprises peuvent verser afin de couvrir les dépenses de carburant pour les trajets domicile-travail. Cette prime est exonérée du versement d’impôts et de cotisations sociales.

Qui est concerné ? Tous les salariés travaillant dans une entreprise qui verse une prime de transport pour les aider à supporter le coût de leurs déplacements professionnels.

Quel gain ? Le plafond de la prime défiscalisée passe de 200 à 400 euros en France métropolitaine. Elle peut atteindre 600 euros dans les collectivités d'outre-mer.

« L'écoconduite n'a que des avantages »

L'avis d'experte de Florence Clément, chargée de l'information grand public à l'Ademe. 

En adoptant les bons gestes au volant, il est possible d’économiser jusqu’à cinq pleins d’essence ou de diesel par an ! Un gain non négligeable au regard des prix du carburant. Parmi ces astuces à connaître, il faut savoir que diminuer sa vitesse de 10 kilomètres par heure peut faire gagner gros : jusqu’à 20 % de carburant. Même chose si on ne pousse pas trop son régime moteur et si on évite les à-coups qui font surconsommer son véhicule. De même, il est important de bien arrêter son moteur à chaque arrêt prolongé. Le redémarrage consomme moins que de laisser tourner son moteur au ralenti. Enfin, il est capital de surveiller la pression de ses pneus avant de prendre la route. Il est également possible de s’équiper en pneus basse consommation pour réaliser jusqu’à 5 % d’économies de carburant. Enfin, gardez bien en tête que la climatisation n’est pas l’amie de votre budget : elle entraîne une surconsommation importante d’essence ou de diesel, en plus d’augmenter les rejets de CO2 de votre véhicule...

Des aides pour passer à l'électrique

L'État a déjà mis en place de nombreux dispositifs pour favoriser l'achat de véhicules moins polluants et moins coûteux à faire rouler. Le barème du bonus écologique pour l'achat de voitures électriques et hybrides, qui devait être abaissé de 1 000 euros en juillet a été prolongé jusqu'au 31 décembre 2022. En janvier 2023, un prêt à taux zéro jusqu'à 30 000 euros viendra compléter le dispositif.

Qui est concerné ? Les particuliers faisant l'acquisition d'un véhicule électrique.

Quel gain ? Le gouvernement précise que le soutien à la conversion à l'électrique peut atteindre 12 000 euros au total pour l'achat d'un véhicule neuf en cumulant bonus écologique et prime à la conversion.... selon vos ressources.

À noter : les aides à l'installation de bornes de recharge électrique (75 % du coût jusqu'à 300 euros) et à l'acquisition d'un vélo électrique sont par ailleurs toujours en vigueur à l'échelle nationale et locale.

Une voiture électrique pour 100 € par mois ? 

Le gouvernement envisage la création d'une offre de location longue durée d'un véhicule électrique pour 100 euros par mois. À cette heure, les contours du dispositif n'ont pas été dévoilés. 

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