Pouvoir d'achat : toutes nos astuces pour faire de vraies économies toute l'année

Andréa, 24 ans, seule, avec 1290 € par mois : « Je suis obligée de refuser des sorties avec des amis »

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MrZut/Lilapik

Andréa occupe depuis deux ans un emploi de vendeuse dans une grande surface de décoration pour un salaire de 1290 €. Elle vient tout juste d’obtenir une augmentation… de 30 € par mois ! Malgré ses efforts pour poursuivre des études, un BTS dans la mode, pensant qu’elle aurait des débouchés et un salaire correct, elle a vite déchanté.

Rembourser un prêt étudiant

« Pour effectuer mon BTS, j’ai dû quitter ma famille et contracter un prêt étudiant de 13 000 € sur 7 ans pour pouvoir payer mon loyer et vivre », explique-t-elle. Un prêt qui pèse sur ses finances puisqu’Andréa rembourse encore aujourd’hui 245 € par mois. « Pendant mes études, je percevais seulement 100 € de bourse, pas d’APL car cela enlevait les allocations familiales à mes parents », confie-t-elle.

Se retrouver à travailler à la chaîne

Après l’obtention de son diplôme, Andréa est revenue chez ses parents et a cherché en vain un travail dans le secteur de la mode. Au cours d’un entretien dans une usine qui travaille pour Chanel et Céline, on lui a fait comprendre que son diplôme était inutile, qu’ils ne recrutaient que des personnes titulaires d’un CAP couture. « La claque ! On s’endette, on fait des études supérieures et ça ne sert à rien ! J’en ai voulu aux personnes qui m’ont mal orientée », déplore Andréa. Elle décide donc de travailler comme saisonnière dans une entreprise qui fabrique de la toile pour les parasols et les transats. « Du travail à la chaîne, en plus on ne vous appelle que lorsqu’on a besoin de vous, et après plus rien. Financièrement, c’était très compliqué avec un petit salaire, des heures supplémentaires pas payées, pas de RTT, pas de prime et les indemnités chômages entre deux missions… Ils m’ont proposé un CDI, mais j’ai refusé », se souvient Andréa qui décide de se réorienter dans la vente. Elle décroche un CDI comme vendeuse dans un magasin de décoration à Saint-Nazaire.

Des revenus stables mais pas suffisants

« J’ai une prime sur objectifs, tellement difficile à atteindre que cela ne me fait 200 € de plus par an ! Pas de 13e mois, pas de chèques vacances, pas de CE, seulement – 30 % sur les achats dans le magasin. Il faut être présent pendant les vacances, les soldes et à Noël. Je perçois la prime d’activité qui varie entre 110 et 150 € selon les mois », ajoute-t-elle.

Andréa fait aussi partie des perdants du nouveau calcul des allocations logement : « Mon salaire étant légèrement au-dessus du Smic, je n’ai plus droit aux APL avec les nouveaux calculs en temps réels, et j’ai perdu 240 € par mois. »

Pour réaliser des économies, elle a déménagé deux fois pour s’éloigner du centre-ville et trouver un appartement avec un loyer abordable. Elle n’a pas droit au chèque énergie et elle économise sur le chauffage : « Je ne l’allume pas quand je suis au travail. » Comme le prix de l’essence énormément augmenté, quand le temps le permet, elle va au travail à vélo, soit un trajet de 30 à 40 minutes. Pour faire le plein, Andréa utilise l’appli « fuel flash » pour trouver la station qui vend le SP 98 en l’occurrence le plus cher, le moins cher !

Prévoir des enveloppes en début de mois pour chaque dépense

Après plusieurs mois d’affilée dans le « rouge », Andréa a repris les choses en main notamment en demandant de l’aide dans un groupe privé sur Facebook. Après avoir analysé ses dépenses, elle s’est rendu compte qu’elle pouvait économiser sur l’alimentation « en cessant de faire des petites courses çà et là », mais en groupant tout et en allant chez Lidl. Sur les conseils des membres du groupe, elle a mis en place un système d’enveloppes : « Au début de chaque mois, je commence par mettre 150 € de côté, je mets en argent liquide la somme que vais consacrer pour le mois à chaque dépense : 100 € pour l’alimentation, 80 € pour l’essence mais je vais passer à 50 € car je prends le vélo, 50 € pour les loisirs (je n’ai pas tenu !) et 50 € pour le shopping (difficile pour quelqu’un comme moi qui aime la mode !). » Pour combler son déficit, elle a vendu beaucoup vendu de vêtements sur Vinted. Elle n’a pas réussi à tenir les budgets loisirs et shopping mais elle est tout de même parvenue à mettre 100 € de côté.

Les aides dont peut bénéficier Andréa grâce à notre simulateur "Vos aides sociales"

Selon notre simulateur "Vos droits aux aides sociales", Andréa pourrait bénéficier d'une aide de 200 € pour l'achat d'un vélo électrique et faire réparer sa voiture dans un garage solidaire. Elle peut bénéficier des chèques vacances ANCV, des bons de la Caf pour faire du sport et du billet de congé annuel. Elle peut aussi visiter gratuitement les musées et monuments nationaux et bénéficier du crédit d'impôt pour un abonnement à la presse. Elle peut aussi profiter des aides du département de la Loire-Atlantique et de celles de la région.

 

Contrôler ses comptes tous les jours

Andréa contrôle désormais ses comptes tous les jours dans une appli « Gestion de budget » qui affiche ses dépenses en temps réel, ce qui lui a permis de constater qu’elle utilisait « un peu trop » sa carte bancaire ! « On ne se rend pas bien compte des dépenses, avec les enveloppes on peut mieux les contrôler, donc je l’utilise moins. Il y a une différence entre l’argent virtuel et les pièces et billets », ajoute-t-elle. Sur son livret, ouvert et alimenté un temps par ses parents, il ne reste plus que 300 ou 400 €. Il y a beaucoup pioché pour passer le permis, acheter sa voiture… Pour les remercier de leur aide, elle leur a offert un abonnement à Netflix.

Des rêves d'achat d'appartement et de voyages

L’argent reste un sujet « un peu tabou » avec ses amis car elle est celle qui gagne le moins : « Je ne peux pas toujours les suivre au café, au restaurant, dans les sorties… alors je trouve des excuses pour décliner les invitations. » Ses amis grutier ou pâtissier gagnent plutôt entre 2000 à 2500 € par mois, ils parlent d’investir, de devenir propriétaire, d’avoir des enfants… « Cela crée un décalage, je ne me sens pas sur un pied d’égalité avec eux, il me paie des trucs, mais on ne peut donner autant que l’on reçoit, cela me culpabilise. Je me sens coupable de ne pas pouvoir mettre de côté, ne pas pouvoir investir, ne pas acheter un logement… », poursuit Andréa qui voudrait, elle aussi, fonder une famille, acheter un appartement, voyager…

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