Violences faites aux enfants : dans le doute, agissez !

Dans l’immense majorité des cas, les violences sont commises au sein de la famille. Avec son plan de lutte, le gouvernement espère sensibiliser les citoyens et mieux repérer les cas de maltraitance.

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Un recensement des enfants morts à la suite de violences intrafamiliales sera publié chaque année.
Un recensement des enfants morts à la suite de violences intrafamiliales sera publié chaque année.

« Les violences faites aux enfants sont encore trop souvent reléguées au rang de faits divers ou dissimulées au sein des foyers », juge Laurence Rossignol, la ministre de la famille, de l’enfance et des droits des femmes. Elle a annoncé mercredi 1er mars le premier plan interministériel consacré à ce sujet. Conçu sur trois ans (2017-2019), en voici les principales mesures.

Un recensement annuel des décès

« Aujourd’hui, il est impossible de déterminer précisément le nombre d’enfants tués à la suite de violences intrafamiliales ou de parents condamnés pour ces crimes », déplore le ministère. Il n’y a pas de statistiques officielles. Et les rares données qui existent sont sous-estimées par les experts. Le gouvernement veut donc publier tous les ans un recensement des enfants morts à la suite de violences intrafamiliales.

Selon le ministère, diffuser le nombre d’homicides d’enfants susciterait une prise de conscience et permettrait de mieux prévenir les phénomènes de violence. Un comité national d’experts sera chargé d’identifier les décès et de transmettre les données à l’Observatoire national de la protection de l’enfance (ONPE).

Un examen post-mortem en cas de mort inexpliquée

Désormais, en cas de mort inattendue d’un nourrisson, un examen post-mortem sera systématiquement effectué. Les trois quarts des décès jugés suspects relèveraient de deux causes : le syndrome du bébé secoué et la mort à la naissance par asphyxie, noyade ou abandon.

Mieux faire connaître le 119

« Enfants en danger : dans le doute, agissez ! ». C’est le slogan de la campagne de communication qui accompagne le plan du gouvernement. L’objectif est de faire connaître le 119 (Allô enfance en danger), numéro destiné au grand public. Gratuite, anonyme et ouverte 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, cette plateforme d’écoute facilite la protection des mineurs en danger en informant les cellules de recueil des informations préoccupantes (CRIP). En cas d’urgence immédiate, appelez directement le 17.

Par ailleurs, un partenariat entre le 119 et le 3919, numéro d’appel destiné aux femmes victimes de violences, va être signé afin de mettre en place un système de bascule des appels entre les deux numéros. Dans 21,5 % des cas, les enfants exposés aux violences conjugales sont maltraités.

Protéger les enfants

Afin de prévenir l’exposition des mineurs aux images pornographiques sur Internet, le gouvernement va proposer aux opérateurs et aux fournisseurs d’accès d’installer le contrôle parental par défaut.

Former les professionnels en contact avec les enfants

Autre objectif : former les professionnels en contact avec les enfants (école, crèche, hôpital…) à la détection des maltraitances. Très régulièrement en contact avec des enfants, les médecins ne sont pourtant à l’origine que de 5 % des signalements, selon l’Ordre des médecins. Afin d’améliorer le repérage, des médecins référents seront nommés avant le 31 décembre, sur la base du volontariat, dans tous les hôpitaux.

Accompagner les enfants victimes

Le gouvernement souhaite également mieux recueillir la parole des victimes en développant les unités d’assistance à l’audition pédiatrique de l’enfance en danger.

df
Sarah Corbeel
Publié le

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