Violences conjugales : quels dispositifs de protection durant le confinement  ?

Le nombre de faits de violences conjugales risque d’augmenter pendant cette période. Mais les victimes peuvent obtenir de l’aide, notamment par téléphone.

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Violences conjugales
Le confinement peut être propice à la montée des violences conjugales. © Serghei Turcanu

Le confinement, qui a débuté vendredi 30 octobre à 0 heure pour limiter la propagation du Covid-19 et doit s’achever au plus tôt le 1er décembre, peut être propice à la montée des violences conjugales. « C’est un facteur aggravant pour les femmes victimes et leurs enfants, lorsqu’ils sont confinés avec leur agresseur », a expliqué ce jour le cabinet d’Elisabeth Moreno, ministre déléguée chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes, lors d’une conférence de presse à distance suivie par Dossier Familial.

Néanmoins, au regard du premier confinement, appliqué entre le 17 mars et le 10 mai inclus, le second est « plus souple. Il y a la possibilité de travailler, et les écoles restent ouvertes, ce qui donnera quelques portes de sortie aux femmes victimes de violences conjugales », a observé auprès de Libération Françoise Brié, directrice générale de la Fédération nationale solidarité femmes (FNSF).

Elisabeth Moreno a rencontré ce vendredi les représentants des principales associations qui défendent les droits des femmes, indique-t-on au cabinet de la ministre déléguée. « Toutes les associations ont insisté sur l’importance de la communication » en matière de lutte contre les violences conjugales durant la période, ajoute-t-on de même source. Le gouvernement met en avant une série de dispositifs de protection des femmes victimes.

Lignes téléphoniques

Urgences

Devant un danger immédiat, les victimes ou les témoins de violences conjugales doivent appeler le 17 ou envoyer un SMS au 114.

Ce dernier numéro, habituellement réservé aux personnes sourdes et malentendantes, est ouvert à toutes « les victimes de violences intrafamiliales » durant le confinement, précise le gouvernement dans un communiqué.

« Tous les dispositifs d’alerte et de secours sont totalement opérationnels » pendant la période, souligne le cabinet d’Elisabeth Moreno.

Conseils, orientation et signalement

Pour obtenir des conseils ou une orientation ou encore pour faire un signalement de violences sexuelles ou sexistes, vous pouvez utiliser le portail officiel Service public. Vous dialoguerez avec un policier ou un gendarme.

Vous avez la possibilité d’obtenir une écoute et des informations en appelant le 3919 Violences femmes info, un service ouvert du lundi au samedi, de 9 heures à 19 heures durant le confinement. Ce numéro ne s’inscrit pas dans l’historique des appels sur les téléphones et dans les factures. Différentes associations peuvent prendre en charge les personnes victimes. Les noms et les coordonnées de ces structures sont disponibles sur Arretonslesviolences.gouv.fr.

Enfin, le numéro d’écoute 119 Allô enfance en danger est ouvert aux enfants subissant des violences. Ce numéro ne figure pas non plus sur les factures.

Alerte pharmacie

Les femmes en danger peuvent se rendre avec leurs enfants dans les pharmacies, qui pourront contacter les forces de sécurité. Le dispositif Alerte pharmacie mis en œuvre durant le premier confinement est actif. Les témoins de telles violences peuvent aussi donner l’alerte en se rendant dans une officine.

« Afin de prendre en charge au plus vite les victimes, les forces de police et de gendarmerie ont reçu consigne du ministère de l’Intérieur d’intervenir en urgence pour les appels provenant des pharmacies », précise le gouvernement.

Le cabinet d’Elisabeth Moreno reconnaît toutefois que le dispositif est méconnu de certains pharmaciens.

Courses gratuites en VTC

Le groupe de voitures de transport avec chauffeur (VTC), Uber, propose, depuis mardi dernier et jusqu’au 31 mars 2021, 2 000 courses gratuites à disposition de la FNSF, pour mettre à l’abri les femmes de violences en situation d’urgence.

« Si vous appelez le 3919 et que vous avez besoin d’une course d’urgence, un code de gratuité pour un trajet vous est transmis », précise l’entourage d’Elisabeth Moreno. La ministre déléguée a échangé le 27 octobre sur ce dispositif, expérimenté durant le confinement, avec Laureline Seriyes, patronne de Uber France.

Les femmes victimes et leurs enfants peuvent toujours quitter leur domicile où se trouve le conjoint violent sans disposer d’attestation de déplacement dérogatoire.

df
Timour Aggiouri
Publié le

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