Viande de volaille : quand les professionnels vous mentent

Anomalies dans les mentions d’origine et de qualité, dénominations de vente trompeuses… Un grand nombre de professionnels méconnaissent les obligatoires réglementaires en matière d’étiquetage et de dénomination des volailles, selon la Répression des fraudes.

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© zlikovec

Encore trop d’anomalies. C’est ce qu’il ressort de l’enquête de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) menée sur les étiquetages des carcasses et découpes fraîches de viande de poulet, dinde, canard, oie et pintade. Les contrôles ont été effectués à tous les stades, de la production à la commercialisation. En tout, 89 établissements ont été contrôlés : 34 professionnels de la production, de la transformation et de la conservation de viande de volaille (abattoirs, ateliers de découpe, etc.), 12 commerces de gros, 37 commerces de détail (hypermarchés, supermarchés, supérettes, rôtisseries, etc.), 1 établissement d’entreposage et stockage frigorifique et 3 restaurants.

Absence de mention de l’origine et de la qualité de la volaille

Premier constat : les anomalies portant sur les mentions obligatoires persistent. « Certains professionnels utilisent des dénominations non conformes ou incomplètes », note la DGCCRF. Par exemple, la dénomination de vente légale « cuisse avec portion de dos » est régulièrement tronquée et imprimée, avec une taille de caractère beaucoup plus petite, au dos de la barquette.

Autre manquement : l’espèce de la volaille et son origine ne sont pas systématiquement précisées sur l’étiquetage. Il a ainsi été constaté l’absence des mentions relatives à la catégorie de qualité (A et B), à l’état du produit (frais, congelé, surgelé) sur des produits vendus préemballés et à l’indication du pays d’origine.

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Usage d’allégations valorisantes

Les enquêteurs ont également relevé des mentions valorisantes pour « des volailles standard ne pouvant y prétendre, notamment dans les fermes proposant leurs produits en vente directe ». Par exemple, de nombreux produits portaient la mention « fermier » ou « poulet de ferme » alors que les professionnels ne respectaient pas les critères du mode d’élevage « fermier –élevé en plein air ». De même, les enquêteurs ont noté la présence sur certains emballages d’illustrations – dessin d’une volaille qui picore dans l’herbe ou représentation d’un champ – laissant penser au consommateur que les poulets répondent aux critères du mode d’élevage « sortant à l’extérieur » alors qu’il s’agit de volailles élevées en claustration.

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Un cadre législatif strict

Pourtant, la réglementation est stricte en France pour aider le consommateur à se repérer. 25 à 30 % de la production de volailles bénéficie d’un signe d’identification de qualité et de l’origine (Label rouge, appellation d’origine contrôlée, indication géographique protégée, mention Agriculture biologique) ou d’une certification de conformité des produits. La certification Label rouge garantit que la volaille a été élevée en plein air et en liberté tout au long de la journée. L’étiquette contient toujours un numéro individuel d’identification qui permet de retracer toute la vie du produit, depuis son élevage jusqu’à l’assiette. La dénomination « Volailles de Bresse » représente la seule AOP de France en volailles. Quant à la poularde de Loué, elle bénéficie d’une Indication géographique protégée (IGP).

df
Sarah Corbeel
Publié le

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