Un Français sur trois se sent plus pauvre à cause de la crise du coronavirus

Le nouveau baromètre annuel de la précarité, diffusé par le Secours populaire français et l’institut Ipsos, révèle une montée de la précarité au sein de la société française et ce à la faveur des conséquences de l’épidémie de Covid-19. Pourtant, entre le RSA, les APL, les bourses, la prime d’activité, etc., il existe une multitude de leviers pour y faire face.

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Précarité
La crise sanitaire a engendré une augmentation de la précarité. © Marjan_Apostolovic

Les Français subissent les répercussions de la crise sanitaire. La quatorzième édition du baromètre annuel de la pauvreté, publiée mercredi 30 septembre par le Secours populaire français et l’institut Ipsos, révèle une hausse de la précarité, au travers de différentes réponses aux questions de ce sondage.

Un quotidien à découvert

La proportion de personnes interrogées vivant à découvert atteint 18 %, un niveau stable par rapport à 2019.

A contrario, 5 % des sondés disent avoir la possibilité de mettre beaucoup d’argent de côté, contre 3 % en 2019. Une telle évolution peut paradoxalement montrer une inquiétude chez les personnes les plus aisées, susceptibles de restreindre leurs dépenses pour épargner.

Une peur de basculer dans la pauvreté pour 57 % de la population

Les personnes interrogées devaient répondre à la question : « Personnellement, vous est-il déjà arrivé de vous dire, à un moment de votre vie, que vous étiez sur le point de connaître une situation de pauvreté ? » Le pourcentage de réponses positives s’élève à 57 %, contre 53 % en 2019.

La pauvreté n’est pas une abstraction aux yeux de la plupart des sondés : 65 % d’entre eux indiquent connaître une personne proche d’eux dans une situation de pauvreté (25 % dans leur famille, 40 % parmi leurs amis et connaissances).

Des difficultés à faire trois repas par jour

La part de personnes qui admettent rencontrer « des difficultés importantes » pour se « procurer une alimentation saine » leur « permettant de faire trois repas par jour » atteint 23 %, contre 25 % en 2019.

Une baisse de revenus

Un tiers des sondés disent avoir subi une perte de revenus en raison de la crise sanitaire. La diminution est décrite comme « très importante » pour 7 % des sondés, « plutôt importante » pour 9 % et « peu importante » pour 17 %.

Un seuil de pauvreté subjectif plus haut que le Smic

Pour les sondés, une personne vivant seule est pauvre lorsque son revenu mensuel net se situe en deçà de 1 228 €, « un seuil de pauvreté subjectif » en augmentation de 35 € par rapport à 2019.

Par comparaison, le salaire minimum interprofessionnel de croissance (Smic) net pour un temps plein s’élève à 1 219 € environ par mois.

Le seuil de pauvreté calculé par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) atteignait 1 063 € en 2018. Ce seuil représente 60 % du revenu médian.

Le sondage a été réalisé par téléphone les 4 et 5 septembre auprès d’un échantillon représentatif de la population française de 1 002 personnes âgées de 16 ans et plus, suivant la méthode des quotas.

Ce n’est qu’un début

La précarité et l’inquiétude vont probablement grandir dans les prochains mois, à la faveur de la poursuite de la hausse du chômage.

Au total, sur toute l’année 2020, le nombre de demandeurs d’emploi doit progresser d’« environ 900 000 », anticipe, dans une étude publiée le 18 juin, l’Unédic, l’organisme qui gère l’assurance-chômage.

Les aides pour faire face à la précarité

► RSA

Les personnes sans ressources ou disposant de faibles ressources peuvent recourir au revenu de solidarité active (RSA), versé par les caisses d’allocations familiales (CAF) et les caisses de la Mutualité sociale agricole (MSA). Le montant du RSA ne permet pas d’échapper à la pauvreté : il s’élève à 564,78 € pour une personne seule, hors forfait logement de 67,77 €.

► ASS

L’allocation de solidarité spécifique (ASS) est due aux personnes ayant exercé une activité professionnelle salariée au moins 5 ans, à temps complet ou partiel, au cours des 10 ans qui précèdent la fin de leur dernier contrat de travail. Vous avez suspendu votre activité pour élever un enfant ? La période de 5 ans est réduite d’un an par enfant, dans la limite de 3 ans.

Les ressources mensuelles prises en compte pour percevoir l’ASS doivent être inférieures à 1 1 182,3 € pour une personne seule. Le montant journalier de l’ASS est de 16,89 € (506,7 € pour 1 mois de 30 jours).

► Prime d’activité

Les personnes sans emploi tirant des revenus d’une activité professionnelle peuvent les cumuler avec la prime d’activité. Pour connaître vos droits à la prime, vous avez la possibilité d’utiliser le simulateur disponible sur le site caf.fr.

► Allocation de rentrée scolaire

Si vous ne l’avez pas demandée, vous pouvez obtenir l’allocation de rentrée scolaire (ARS), versée sous conditions de ressources aux parents des enfants de 6 à 18 ans. Pour l’année 2020-2021, l’ARS représente :

  • 469,90 € pour un enfant de 6 à 10 ans ;
  • 490,39 € pour un enfant de 11 à 14 ans ;
  • 503,91 € pour un enfant de 15 à 18 ans.

► Bourses

Des bourses des collèges et des lycées peuvent être obtenues sous conditions de ressources aux familles. Des fonds sociaux sont susceptibles d’aider les familles dans les collèges et les lycées.

S’ils remplissent des conditions de ressources, les étudiants sont éligibles à des bourses d’enseignement supérieur sur critères sociaux. Des aides d’urgence sont en outre susceptibles d’être versées aux étudiants en grande difficulté.

► Soutien des associations

Différentes associations, telles que le Secours populaire, le Secours catholique, les Restos du Cœur ou la Fondation Abbé Pierre, offrent des aides aux personnes se trouvant dans une situation financière difficile. Vous pouvez prendre contact ou vous rendre aux antennes locales de ces structures.

df
Timour Aggiouri
Publié le

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