Réouverture de commerces, couvre-feu… À quel déconfinement s’attendre ?

Le second confinement a commencé le 30 octobre, et sa levée sera progressive pour éviter une brusque remontée de l’épidémie de Covid-19. Découvrez les différentes pistes explorées au sommet de l’État.

Ce contenu a bien été ajouté à vos favoris dans votre compte

Voir mes favoris

Pour ajouter ce contenu à vos favoris vous devez être connecté(e)

Me connecter

Pour ajouter ce contenu à vos favoris vous devez être abonné(e)

M'abonner
6mn de lecture
Déconfinement
© Eric Gaillard – Reuters

Emmanuel Macron a réuni autour de lui, mercredi 18 novembre, un conseil de défense sur la crise sanitaire du Covid-19. La question de la sortie du confinement a été abordée au cours de cette réunion, qui a précédé celle du Conseil des ministres. Le président de la République doit intervenir la semaine prochaine à la télévision.

« Un travail est en cours sur l’évolution des règles dans les semaines et mois à venir avec un objectif : nous doter d’une organisation et d’un cadre permettant aux Français de vivre le plus normalement possible, tout en gardant l’épidémie sous contrôle », a expliqué le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, cité par Le Monde.

Plusieurs signes montrent une certaine efficacité du confinement. Le ministre des Solidarités et de la santé, Olivier Véran, remarque une moindre circulation du virus. « Depuis dix jours consécutifs, le nombre de nouveaux diagnostics de Covid-19 diminue, le taux de positivité des tests et le taux d’incidence baissent, a-t-il observé dans un entretien donné dimanche aux quotidiens régionaux du groupe Ebra. Tout porte donc à croire que nous avons passé un pic épidémique. »

La levée du confinement sera probablement moins rapide que celle du premier confinement. « Peut-être effectivement que nous avons déconfiné un peu trop [vite], a concédé mardi le Premier ministre, Jean Castex, à l’Assemblée nationale, devant la commission d’enquête sur la crise sanitaire. Peut-être aussi que le peuple français, comme les autres, a cru que cette épidémie était derrière nous. » Ces propos laissent entrevoir une levée du confinement plus lente et plus restrictive.

Vous devrez encore vous munir d’une attestation pour sortir le 1er décembre

Dans son allocution du 28 octobre, le chef de l’État avait annoncé la mise en œuvre d’un confinement à partir du surlendemain, pour au moins jusqu’au 1er décembre.

Les interdictions des déplacements n’entrant pas dans les dérogations admises (déplacements professionnels, achats de première nécessité, etc.) vont persister : jusqu’à une date encore inconnue, vous devrez disposer d’une attestation, a prévenu Jean Castex au cours de la conférence gouvernementale du 13 novembre.

Les commerçants plaident pour la réouverture de leurs magasins

Mais, comme le réclament instamment les commerçants qui ne peuvent au mieux pratiquer que la livraison à domicile et le retrait de commandes (libraires, fleuristes, magasins de vêtements, etc.), l’exécutif envisage de permettre la réouverture de certaines boutiques avant la levée du confinement.

La Fédération pour l’urbanisme et le développement du commerce spécialisé souhaite « une ouverture des magasins le 27 novembre ». Emmanuel Roch, délégué général de l’organisation, a défendu lundi 16 novembre cette demande sur le plateau de BFMTV, en y voyant le moyen « d’étaler les flux nécessaires aux achats de Noël sur un week-end de plus ». La mesure doit également permettre « aux commerçants de se donner le plus de chance possible de passer cette fin d’année ».

Emmanuel Roch a réfuté faire cette revendication seulement en raison du Black Friday prévu le 27 novembre (vendredi noir). Habituellement, de nombreuses boutiques physiques et en ligne pratiquent des promotions massives suivant une pratique importée des États-Unis.

« Quand on regarde les chiffres des années passées, ce dernier week-end de novembre, pour des raisons liées probablement à ce Black Friday, mais également à la problématique des habitudes des consommateurs, est un week-end très important », souligne le délégué général de la Fédération du commerce spécialisé.

Ce mercredi, lors de la séance des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, le ministre de l’Economie, des finances et de la relance, Bruno Le Maire, a demandé un décalage de l’opération.

L’exécutif constate les graves difficultés économiques de commerçants, malgré les mesures de soutien comme l’activité partielle (ancien chômage partiel) ou le Fonds de solidarité. La colère d’indépendants soutenus par nombre d’élus locaux, peut inquiéter au sommet de l’Etat. D’un autre côté, un plus grand nombre de déplacements et d’interactions sociales peut aboutir à une hausse de la circulation du virus.

La mise en place d’un couvre-feu est étudiée

Alors qu’aucun couvre-feu n’avait été appliqué au début de la sortie du premier confinement, une telle mesure est étudiée.

L’exécutif envisage cependant la mise en place de « dérogations aux restrictions de déplacement », mais uniquement « sur une durée limitée, pour les vacances de Noël, afin de permettre aux Français de se retrouver en famille », selon BFMTV.

Dès le 29 octobre, Jean-François Delfraissy, président du conseil scientifique éclairant l’exécutif dans la crise sanitaire, avait évoqué sur Europe 1 l’hypothèse du retour du couvre-feu à la levée du confinement.

« Il y aura des trains à Noël, a assuré mardi sur RMC le ministre délégué chargé des Transports, Jean-Baptiste Djebbari, qui a affirmé avoir « demandé à la SNCF » la possibilité de réserver, « à compter de mi-décembre et jusqu’au 4 janvier prochain, 100 % des trains ouverts à la réservation ». Les billets réservés sont « échangeables et remboursables jusqu’au jour du départ ».

Reprise des cérémonies religieuses

Après une jauge limitée à 30 personne, les cérémonies religieuses vont pouvoir réunir plus de monde. Le ministère de l'Intérieur a instauré une nouvelle jauge pour l'étape du 15 décembre. Les lieux de cultes doivent prévoir de laisser libres « deux sièges entre chaque personne ou entité familiale et de n’occuper qu’une rangée sur deux ».

Les négociations se poursuivent. 

Les cafés et restaurants ne vont pas rouvrir pour les fêtes

Les rituels laïcs de l’expresso matinal et du dîner en amoureux ne sont pas près de reprendre dans les établissements de restauration. Concernant la réouverture des cafés et des restaurants, « la date du 15 janvier, voire du 1er février 2021, serait largement évoquée, selon une source proche du dossier en contact direct avec Bercy », indique Le Point. L’exécutif n’a pas confirmé. Les professionnels redoutent la fermeture définitive d’un grand nombre d’établissements.

Avant le premier confinement, les cafés et restaurants ont fait leur dernier jour de service le 14 mars. Ils ont accueilli des clients à partir du 2 juin : ceux situés en zone verte ont pu rouvrir salles et terrasses ce jour, en zone orange les services ont pu être menés dans les terrasses à cette même date, puis dans les salles le 22 juin.

Partager cet article :