Pas de ski à Noël, mais les remontées mécaniques pourraient rouvrir le 7 janvier

L'annonce de la fermeture des remontées mécaniques dans les stations de ski françaises pendant les vacances de Noël a provoqué l'émoi des professionnels du secteur qui craignent que la saison 2020-2021 soit anéantie par l'épidémie de Covid-19. Toutefois, certains espèrent que les touristes français ne bouderont pas totalement les Alpes et les Pyrénées dès le 18 décembre prochain.

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© yanik88

La nouvelle a fait l’effet d’une petite bombe dans les massifs français : et si les stations de ski n’étaient pas autorisées à ouvrir pour les vacances de Noël ? C’est l’un des gros points noirs du plan de déconfinement du pays présenté il y a quelques jours, d’abord par Emmanuel Macron puis par le gouvernement. 

Les précisions apportées par le Premier ministre Jean Castex, jeudi 26 novembre, avaient de quoi laisser les professionnels du secteur pantois : oui, les stations de ski françaises pourront bien accueillir des touristes après le 15 décembre « mais les remontées mécaniques devront rester fermées. »

Une décision gouvernementale confirmée, ce vendredi 11 décembre, par le Conseil d'Etat qui a rejeté le recours déposé par la région Auvergne-Rhône-Alpes et soutenu par l'ensemble des acteurs de la montagne. 

Des exceptions sur les pistes

Le décret n°2020-1519 du 4 décembre 2020 a confirmé l'interdiction générale de l'ouverture des remontées mécaniques au public. Il permet néanmoins leur ouverture pour certains skieurs : les professionnels dans l'exercice de leur activité (techniciens, pisteurs, moniteurs, etc.), les sportifs de haut niveau à l'entraînement et les mineurs licenciés au sein d'une association sportive affiliée à la Fédération française de ski.

Au cours d'une réunion organisée ce vendredi 11 décembre entre le Premier ministre et les représentants du secteur, Jean Castex s'est engagé, selon ces derniers, à ce que les stations de ski puissent pleinement rouvrir au public le 7 janvier 2021, « sauf catastrophe sanitaire. »

La crainte d’un cluster géant

Les autorités sanitaires françaises craignent une forte affluence, notamment dans les Alpes et les Pyrénées. Jean-Baptiste Lemoyne l’a d’ailleurs reconnu lui-même : l’annonce de la fermeture des remontées mécaniques a pour objectif de porter atteinte à « l’attractivité principale des stations » afin d’éviter « une affluence excessive. »

Le scénario du pire à éviter : celui qu’a connu en mars dernier la station d’Ischgl, surnommée « l’Ibiza des Alpes », dans le Tyrol autrichien. Les soirées « après-ski » organisées dans un bar réputé de la station avaient participé à la contamination par le Covid-19 de centaines de skieurs-fêtards venus du Nord de l’Europe.

Autre point à prendre en compte : la situation sanitaire très compliquée dans les zones montagneuses. Car, si l’épidémie semble être contrôlée à la frontière espagnole, c’est encore loin d’être le cas du côté des Alpes, où le taux d’incidence est encore très élevé en Savoie, Haute-Savoie et en Isère. Un contexte qui n’incite pas les autorités à laisser les touristes s’y rendre en masse dès la levée du confinement.

Franchir les frontières pour skier ?

C'est l'hypothèse envisagée par beaucoup d’amoureux de la glisse hexagonaux qui n’envisagent pas de fêter Noël sans tâter de la piste bleue ou noire : emmener ses skis hors de France.

La situation est assez disparate en Europe et une fermeture généralisée des stations sur l’ensemble du Vieux Continent est peu probable, au grand dam des Allemands qui souhaitent une réflexion en ce sens au sein de l’Union européenne. En Italie, les négociations sont en cours entre le gouvernement et les professionnels tandis que l’Autriche a d’ores et déjà annoncé qu’elle prendra sa décision seule.

Hors de l’Union européenne, les domaines sont déjà ouverts en Suisse et pourraient attirer beaucoup de skieurs français. Une situation que souhaite à tout prix éviter Emmanuel Macron qui a annoncé ce mardi 1er décembre vouloir prendre « des mesures restrictives et dissuasives » à l’encontre des Français qui envisageraient de contourner l’interdiction chez les Helvètes. 

Puis-je être remboursé ?

En cas d'annulation de votre voyage, il y a certains points assez clairs... et d'autres moins ! La SNCF rembourse toutes les réservations annulées, quel qu'en soit le motif, jusqu'au 4 janvier. 

Du côté des hébergements, en revanche, chaque établissement a ses règles. Le plus souvent, une assurance annulation est proposée (parfois offerte dans les grandes chaînes) mais ne couvre pas toujours tous les motifs d'annulation. Station fermée, zone de départ ou d'arrivée confinée, seulement en cas de positivité Covid... Vérifiez bien les conditions dans votre contrat. 

Un Noël à la montagne sans ski ? C’est possible !

Face à l’incertitude grandissante qui plane sur ce début de la saison hivernale en altitude, les professionnels tentent de s’organiser pour attirer tout de même des touristes dès le 18 décembre, date du début des vacances scolaires de Noël. « Rien n’empêchera les Français de profiter de l’air pur de nos belles montagnes », a déclaré Jean Castex le 26 novembre dernier.

Car au-delà des traditionnelles pistes de ski enneigées, d’autres activités sont possibles l’hiver à la montagne. Ainsi, les stations françaises commencent déjà à mettre l’accent sur la pratique de la luge, de la randonnée en raquette, du ski de fond ou encore des balades en motoneige ou en traîneau.

Toutefois, il est important de noter que, comme partout en France, les bars et les restaurants seront fermés et ce jusqu’au 20 janvier prochain, au moins. Il faudra donc préparer sa fondue savoyarde ou sa tartiflette directement au chalet ou à l’appartement loué pour l’occasion.

Bon à savoir : des aides de l’État à destination des stations

Comme pour le reste du pays, le gouvernement a d’ores et déjà annoncé que des aides publiques seront allouées aux stations de ski impactées par l’épidémie de Covid-19. Ainsi, les structures publiques et privées qui gèrent les remontées mécaniques seront indemnisées, a précisé Jean-Baptiste Lemoyne, le secrétaire d'État au Tourisme. Les activités fermées ou durement impactées par la fermeture de celles-ci bénéficieront du fonds de solidarité et des dispositions du plan tourisme. Enfin, le dispositif de chômage partiel sera appliqué pour les contrats-saisonniers d’ores et déjà signés.

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