Qu’est-ce que le Conseil de la refondation souhaité par Emmanuel Macron ?

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Emmanuel Macron à Bruxelles, le 31 mai. - Johanna Geron/Reuters

La proposition ne figurait pas dans son programme de campagne. Le chef de l’Etat s’est attiré de vives critiques des oppositions en annonçant la création d’« un Conseil de la refondation », dans une interview publiée le 3 juin par des quotidiens régionaux.

« J’ai porté cinq objectifs pendant la campagne [présidentielle] : l’indépendance (industrielle, militaire, alimentaire…), le plein-emploi, la neutralité carbone, les services publics pour l’égalité des chances et la renaissance démocratique avec la réforme institutionnelle », a souligné Emmanuel Macron.

« Pour les atteindre, je veux réunir un Conseil national de la refondation, avec les forces politiques, économiques, sociales, associatives, des élus des territoires et de citoyens tirés au sort », a affirmé le président de la République.

Le Conseil doit être mis sur pied après les élections « législatives » prévues les 12 et 19 juin. « Je souhaite que la Première ministre et son gouvernement puisse le faire vivre », a ajouté le chef de l’Etat.

Mise en application des engagements de l’exécutif

Le dispositif doit aider l’exécutif à mettre en application ses engagements. « Ce sera l’instance dans laquelle nous ferons vivre nos réformes », selon Emmanuel Macron. « Dès cet été, sera voté (sic) la loi pouvoir d’achat et un texte de simplification et d’urgence pour les projets d’énergie », a-t-il expliqué. « Ensuite, nous entamerons les grands chantiers : production, écologie, services publics », a poursuivi le président de la République.

Le chef de l’Etat a démenti tout abandon de « la réforme des retraites, qui est indispensable au financement de nos transformations ». Le « travail » la concernant doit débuter « après ce conseil, et la réforme entrera en vigueur dès l’été 2023 ».

La future instance abordera d’autres thèmes. « Dans le cadre de ce Conseil national de la refondation, je veux que, sur l’école et la santé, soient définis nos objectifs et les moyens », a précisé Emmanuel Macron.

Les « discussions » doivent se poursuivre « sur le terrain » à partir du mois de « septembre, […] dans les 1 200 bassins de vie ». Les acteurs de l’école et de la santé participeront à ces débats. « On va se donner plusieurs mois pour identifier les besoins et bâtir des projets. En sortira une feuille de route et des moyens chiffrés » pour ces deux domaines.

Le président, réélu face à Marine Le Pen (Rassemblement national, RN), entend donner l’impression d’être à l’écoute des préoccupations quotidiennes des électeurs. La nouvelle qualification de la candidate d’extrême droite au second tour de l’élection présidentielle, révèle encore la forte défiance d’une large partie de la population à l’égard des responsables politiques.

Faiblesses de la présidence jupitérienne

La présidence jupitérienne, surplombant le pays en dépit des oppositions des corps intermédiaires, a montré ses faiblesses durant le mouvement des « gilets jaunes », qui a éclaté à l’automne 2018.

En octobre 2016, Emmanuel Macron, qui devait se présenter à l’élection présidentielle l’année suivante, avait choisi comme contre-modèle François Hollande. Ce dernier « ne croit pas au ‘‘président jupitérien’’. Il considère que le président est devenu un émetteur comme un autre dans la sphère politico-médiatique. Pour ma part, je ne crois pas au président ‘‘normal’’. Les Français n’attendent pas cela », avait estimé l’ancien ministre de l’Economie auprès de Challenges (16 octobre 2016).

Les adversaires d’Emmanuel Macron ne croient pas en la pertinence d’un Conseil national de la refondation, voyant dans l’annonce du projet un coup de communication à l’approche des élections législatives.

« Clin d’œil au Conseil national de la résistance »

Emmanuel Macron assume faire un « clin d’œil au Conseil national de la résistance » (CNR). « Nous vivons un temps comparable. Nous sommes dans une ère historique qui impose de changer profondément de modèle, et puis la guerre est là », justifie le président de la République.  

Des personnalités des oppositions ont dénoncé cette référence. Le CNR, qui rassemblait et coordonnait les mouvements de Résistance, a adopté le 15 mars 1944 un programme prévoyant différentes mesures dont certaines ont inspiré les politiques menées après la Libération, comme « un plan complet de Sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence ».

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