Produits vegans : dénominations trompeuses et prix exagérés, selon la DGCCRF

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© Minoandriani / Adobe Stock

Fromage vegan, filet végétal façon canard, filet de saumon végétal… Les produits adaptés à une alimentation végétarienne ou végétalienne se multiplient dans les rayons des supermarchés. Mais respectent-ils la réglementation en termes d’étiquetage, de composition et de caractéristiques nutritionnelles ? La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a mené l’enquête auprès de 374 établissements, principalement des grandes et moyennes surfaces et des commerces de détail et saisonniers. Des producteurs locaux ont également été contrôlés.

Des dénominations trompeuses

Les résultats de l’enquête, publiés le 27 janvier 2020, font état de dénominations et de présentation pouvant être trompeuses pour le consommateur. Des produits, qui revendiquent une composition exclusivement végétale, sont vendus sous des dénominations réservées ou faisant référence à des produits laitiers (fromage vegan, lait de chanvre), carnés (filet végétal façon canard, bacon vegan, jambon roulé aux herbes), de la mer (bâtonnets de poissons panés, filet de saumon végétal), au chocolat (lapin de Pâques en chocolat au lait végétal) ou au miel (sirop au goût de miel et de caramel). Ces appellations contreviennent aux usages, voire à la réglementation et peuvent introduire une confusion dans l’esprit du consommateur en laissant penser que les produits végétaux auraient les mêmes propriétés nutritionnelles.

Le 5 décembre 2019, l’Assemblée nationale a d’ailleurs adopté en première lecture la proposition de loi LaREM-MoDem en faveur de la « transparence sur les produits agricoles et alimentaires » qui vise notamment à interdire l’usage du vocabulaire « carné » pour des produits comportant des « protéines végétales ». Si la mesure est confirmée à l’issue de la navette parlementaire, l’utilisation des mots « steak », « lait » ou « fromage » pour désigner des plats à base de soja pourrait être passible d’une amende de 1 500 euros. Un décret devra encore préciser le pourcentage de protéines végétales à partir duquel l’interdiction s’appliquerait.

Bon à savoir

Alors que les végétariens ont une alimentation qui exclut les produits issus d’animaux morts, les végétaliens ont un régime alimentaire qui ne comporte que des aliments issus du monde végétal. Ils ne mangent ni produits laitiers, ni œufs ou autres produits d’origine animale comme le miel. Quant au véganisme, c’est un mode de vie qui dépasse le seul domaine alimentaire.

Des prix deux à quatre fois plus élevés

Les enquêteurs ont, par ailleurs, comparé le prix de vente au public de certains produits d’origine animale comportant peu d’ingrédients avec celui de leur équivalent vegan, en le mettant en perspective avec le prix des matières premières utilisées. Les produits vegans comportent généralement des ingrédients plus onéreux (noix de cajou, amandes, etc.). Pour approcher le goût et la texture des aliments « traditionnels », ils sont très transformés et ont fait l’objet de recherches qu’il faut financer. Résultat, leur prix de vente est parfois deux à quatre fois plus élevé que celui de leurs équivalents d’origine animale. Une différence qui s’explique aussi par le fait que les produits vegans revendiquent souvent d’être « bio ».

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