Produits reconditionnés : la DGCCRF alerte sur le manque de transparence

Descriptif de l’état des appareils insuffisant, allégations trompeuses, manque de clarté sur les garanties… Le marché des produits électroniques et électroménagers reconditionnés reste opaque, selon une enquête de la Répression des fraudes.

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4mn de lecture
© Igor-Kardasov

Téléphone portable, tablette, ordinateur, télé, appareil photo, électroménager… Moins onéreux que les neufs, les appareils reconditionnés gagnent du terrain, notamment chez les jeunes qui se tournent de plus en plus vers ces produits de seconde main. Mais l’information sur leurs caractéristiques techniques est souvent insuffisante, comme le montre une enquête de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes.

En 2019, la DGCCRF a contrôlé 113 établissements (42 commerces de détail spécialisés, 25 magasins d’occasion, 18 sites vendant exclusivement en ligne, 14 hypermarchés ou supermarchés spécialisés en électrodomestique, 8 non spécialisés dans les produits électroniques et/ou électroménagers et 6 grandes surfaces alimentaires). Elle a relevé des manquements chez près de 50 % d’entre eux.

Un contrôle des produits achetés d’occasion insuffisant

Premier constat : le contrôle des produits reconditionnés achetés est hétérogène. Certains distributeurs « se contentent d’un examen sommaire de l’état général des appareils et ne disposent d’aucune information sur leur provenance, avec un risque de non-conformité des produits », explique la Répression des fraudes. D’autres en revanche « sélectionnent leurs fournisseurs de manière rigoureuse ». D’autres encore réalisent eux-mêmes des tests sur les appareils achetés d’occasion.

Notre conseil : privilégiez des vendeurs qui garantissent la révision complète de l'appareil. Ainsi, dans l'univers des smartphones, Remade démonte entièrement, nettoie et révise en Normandie les iPhone qu'elle vend, quitte à changer les pièces qui en ont besoin, alors que Black Market n'est qu'un intermédiaire qui vend des produits de reconditionneurs différents, européens comme chinois. 

Des informations insuffisantes sur l’état réel du produit reconditionné

Concernant les informations données aux clients sur l’état réel du produitreconditionné, elles sont insuffisantes. Il est ainsi courant de trouver des offres mentionnant des indications sommaires telles que « bon état », « parfait état », « occasion comme neuf » sans autre précision. Or, ces mentions ne permettent pas d’effectuer une comparaison pertinente entre les offres commerciales. Les enquêteurs de la DGCCRF ont également relevé des descriptifs se limitant à l’aspect purement visuel du produit :

  • Bon état : micro-rayures, traces d’usure naturelle, rayures peu visibles à l’œil nu ;
  • Correct : rayures visibles et/ou petits chocs à l’extérieur, usure manifeste, produits présentant des défauts physiques, traces d’utilisation visibles.

Notre conseil : demandez des garanties sur les éléments invisibles. Qu'est-ce qui a été changé ? Les écrans et la batteries sont supposés être révisés mais ont-ils été remplacés par une pièce constructeur ou compatible ? À noter : YesYes remplace systématiquement les batteries (gros points faibles de la durée de vie des smartphones) si elles ont subi 500 cycles ou sont tombées à moins de 80 % de leurs capacités neuves. 

Des allégations parfois trompeuses

« Le descriptif de l’état du produit repose dans de nombreux cas sur un examen purement visuel et une vérification sommaire de son fonctionnement », souligne la DGCCRF. Les informations se limitent le plus souvent à reprendre les caractéristiques du produit neuf ou à fournir des détails supplémentaires uniquement sur son apparence. Certains vendeurs évoquent la réalisation de tests mais n’en fournissent pas la preuve. La mention « garantie constructeur » a également été relevée. Or, cela laisse entendre que le reconditionnement est assuré par le fabricant du produit neuf alors que ce n’est pas le cas.

Autre pratique trompeuse : l’utilisation de la notion de « certification » comme argument de vente sans qu’une procédure de certification ait été suivie. Or, la certification d’un produit suppose qu’un organisme distinct du vendeur ait attesté qu’il était conforme à des caractéristiques décrites dans un référentiel de certification (article L.433-3 du Code de la consommation).

Des informations sur les garanties légales insuffisantes, voire trompeuses

Enfin, l’information précontractuelle sur les garanties légales pour les produits reconditionnés était insuffisante, voire absente sur les lieux de vente et sur les sites internet. Pour rappel, lorsque vous achetez un produit d’occasion, vous bénéficiez d’une garantie légale de conformité de 6 mois et d’une garantie des vices cachés de 2 ans.

df
Sarah Corbeel
Publié le

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