Pourquoi le ministre de l’Intérieur lance un Beauvau de la Sécurité

Gérald Darmanin réunit les syndicats de la police nationale et les représentants de la gendarmerie ce lundi, marquant le coup d’envoi de ce cycle de discussions annoncé par le président de la République, Emmanuel Macron.

Ce contenu a bien été ajouté à vos favoris dans votre compte

Voir mes favoris

Pour ajouter ce contenu à vos favoris vous devez être connecté(e)

Me connecter

Pour ajouter ce contenu à vos favoris vous devez être abonné(e)

M'abonner
3mn de lecture
Police
© Gonzalo Fuentes – Reuters

Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, réunit lundi 25 janvier les syndicats de la police nationale et les représentants de la gendarmerie pour leur détailler la méthode du Beauvau de la sécurité.

Le président de la République, Emmanuel Macron avait annoncé, le 8 décembre 2020, l’organisation de ce cycle d’échanges, dans une lettre transmise à Yves Lefebvre, ancien patron du principal syndicat de la police nationale, Unité SGP Police-Force ouvrière.

« Les événements récents, l’émotion qu’avec les Français vous avez partagée, les alertes des différentes organisations de défense des droits, ont rendu cette transformation encore plus nécessaire, indiquait le chef de l’Etat, selon Le Monde. Il y a urgence à agir. À la fois pour consolider le lien de confiance entre les Français et les forces de l’ordre. Mais aussi pour donner aux policiers et aux gendarmes des moyens à la hauteur de leur engagement et des attentes de nos concitoyens. »

Mobilisation intense des forces de sécurité

Entre mouvement des « gilets jaunes » et crise sanitaire due à la pandémie de Covid-19, le quinquennat est marqué par une mobilisation intense des forces de sécurité. Les syndicats de policiers décrivent un mélange de colère et d’épuisement, que n’a pas suffi à apaiser le remplacement en juillet 2020 par Gérald Darmanin de Christophe Castaner, vivement critiqué par ces organisations.

Différentes affaires de violences policières, notamment l’agression le 21 novembre du producteur de musique noir Michel Zecler, avaient contribué à creuser la distance avec la population. 

Le président de la République avait concédé l’existence de « violences policières », disant cependant préférer évoquer « des violences de policiers », dans un entretien au site Brut, le 4 décembre.

« Sept péchés capitaux »

Auditionné par le 30 novembre par les députés de la commission des Lois, Gérald Darmanin avait décrit les faiblesses des forces de sécurité comme « les sept péchés capitaux ».

Sept, c’est précisément le nombre de thèmes qui devaient être traités au cours des séances de travail, selon un communiqué diffusé le 12 janvier par le ministère de l’Intérieur. Dans le détail, les thèmes suivants doivent être abordés :

  • la formation, initiale et continue ;
  • l’encadrement ;
  • les conditions matérielles ;
  • la captation vidéo ;
  • le contrôle interne au travers des inspections ;
  • les effectifs de maintien de l’ordre ;
  • les liens entre la police et la population.

Un huitième thème, soit les relations entre les policiers et les magistrats, va être traité, précise Le Monde.

Les différentes séances doivent se tenir « tous les 15 jours à partir de la fin janvier, et cela jusqu’au mois de mai », fait savoir l’Intérieur. Elles « réuniront des experts français et internationaux ainsi que des maires et des parlementaires ».

Gérald Darmanin a en outre prévu de se rendre chaque semaine en dehors de Paris « pour échanger directement, sous la forme de grands débats, avec les policiers et les gendarmes ». Il prendra également part à « des débats citoyens ».

Les travaux doivent permettre « de dessiner des réponses de court terme » et « de poser les bases de la future loi de programmation de la sécurité intérieure pour 2022 ».

Moins de la moitié de la population dit « faire confiance à la police »

Selon un sondage réalisé par l’Ifop pour Le Journal de dimanche du 24 janvier, « 45 % des personnes interrogées déclarent faire confiance à la police ».

« Après l’affaire Michel Zecler, sensibles aux images de violence diffusées, les Français n’étaient plus que 37 % à déclarer avoir confiance dans la police, taux le plus bas enregistré depuis 1999 », précise l’Ifop.

Parmi les personnes qui ont répondu, 16 % manifestent de la sympathie à l’égard de la police, 20 % de l’inquiétude et 7 % de l’hostilité (12 % ne se prononcent pas).

Cette enquête a été menée les 20 et 21 janvier par questionnaire auto-administré en ligne auprès d’un échantillon de 1 019 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

Partager cet article :