Pourquoi des pains sont rappelés en magasin ?

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andriano_cz

Cinq pains vendus par des enseignes de la grande distribution font l’objet de campagnes de rappel en raison de la « [p]résence d’alcaloïdes en quantité supérieure aux valeurs autorisées » ou « en quantité supérieure aux valeurs maximales fixées par le règlement (Union européenne, UE) 2021/1399 applicable au 1er janvier 2022 », indiquent des documents mis en ligne mercredi 30 et jeudi 31 avril sur le site gouvernemental Rappel.conso.fr.

Dans le détail, ces rappels, repérés par Capital, visent :

  • le « pain campagne » commercialisé dans « la France entière » par les enseignes Intermarché et Netto entre le 21 février et le 30 mars ;
  • la « baguette campagne » vendue par les enseignes Intermarché et Netto entre les 2 et le 30 mars dans « la France entière » ;
  • le « germanik » commercialisé dans « la France entière » par E.Leclerc du 18 au 30 mars ;
  • le « pain germanik » vendu dans « la France entière » par E.Leclerc entre les 29 et 30 mars ;
  • le « pain bâtard de seigle » commercialisé par Système U entre le 15 février et le 26 mars dans une partie du pays.

Les rappels, publiés à la demande des magasins sur ce portail des « alertes de produits dangereux », invitent les acheteurs à « ne plus consommer » les produits concernés, à les « rapporter » au magasin et à prendre contact avec ce dernier. Vous avez droit à un remboursement de vos achats des pains rappelés, jusqu’à la date de fin de la procédure de rappel, soit :

  • jusqu’au 11 avril pour le germanik ;
  • jusqu’au 13 avril pour la baguette campagne, le pain campagne, et le pain bâtard du seigle ;
  • jusqu’au 30 avril pour le pain germanik.

Un drame en 1951

Comme le raconte France Culture, la consommation d’un pain fabriqué par un boulanger à Pont Saint-Esprit (Gard) et « gangrené par de l’ergot de seigle », est considérée par des historiens comme à l’origine d’un drame en août 1951, même si ce lien n’a jamais été formellement établi.

« Des habitants déambulent nuitamment, l’un se jette dans le Rhône, l’autre se prend pour un avion à réaction », raconte la radio. Au moins cinq personnes moururent, « des centaines » d’autres furent « victimes d’hallucinations ».

Qu’est-ce que les « alcaloïdes de l’ergot » ?

« Les alcaloïdes de l’ergot sont des toxines [déchets] produites par un champignon – le Claviceps purpurea – parasite du seigle et d’autres céréales », explique sur son site le groupe Phytocontrol, spécialisé dans la sécurité sanitaire des aliments et de l’environnement.

Suivant les « effets indésirables » de ces substances sur la santé, les limites fixées par le règlement de l’UE du 24 août 2021, détaillées par Phytocontrol, visent :

  • les produits de la mouture de l’orge, du blé, de l’épeautre, de l’avoine et du seigle ;
  • les grains d’orge, de blé, d’épeautre et d’avoine ;
  • le seigle ;
  • le gluten de blé ;
  • les préparations à base de céréales destinées aux nourrissons et enfants en bas âge.

« L’ergot de seigle est un champignon qui parasite le seigle, mais aussi le froment et l’orge. Il s’agit de la forme résistante du champignon Claviceps purpurea pendant son cycle de reproduction. L’ergot se présente sous la forme d'une excroissance noire de quelques centimètres, le sclérote », ont écrit dans un article publié en 2015 par la revue La Presse médicale Thomas Gicquel, Sylvie Lepage et Isabelle Morel (« Histoire du LSD. De l’ergot de seigle à l’utilisation thérapeutique », Elsevier Masson, en ligne ici).

Le LSD, synthétisé « à partir de l’ergot de seigle »

En 1938, le chimiste suisse Albert Hofmann synthétisa une nouvelle drogue « à partir de l’ergot de seigle », le LSD, dont il expérimenta les effets hallucinatoires sur lui-même cinq ans plus tard, rappellent les auteurs.

Selon une rumeur réfutée par John Lennon, le produit, « lié à la culture hippie », a inspiré à l’artiste l’une des chansons les plus célèbres des Beatles, la psychédélique « Lucy in the Sky with Diamonds » (Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band, 1967). D’après l’Agence France-Presse (AFP), Lennon racontait avoir écrit son texte à partir d’une peinture de son fils, Julian, qui, voulant représenter une camarade de classe, avait décrit l’œuvre en ces termes : « It’s Lucy in the sky with diamonds » (« C’est Lucy dans le ciel avec des diamants »).

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