Poêles antiadhésives : des composés perfluorés retrouvés sur certains modèles

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Koldunov

Pratique et polyvalente, la poêle est l’un des ustensiles les plus utilisés en cuisine. Près de 98 % des ménages français en possèderaient au moins une, selon une enquête du groupe SEB réalisée en 2019. D’après les fabricants, les poêles antiadhésives, les modèles les plus utilisés, seraient sans danger pour la santé. Une allégation qui n’est, en réalité, pas toujours véridique, comme le montre une enquête de 60 Millions de consommateurs publiée dans son numéro du mois d’avril.

Il y a quelques années, le polytétrafluoroéthylène ou PTFE, plus connu sous le nom de Téflon, a été au cœur d’un scandale sanitaire, rappelle le mensuel. En cause, un des composés chimiques utilisé durant des décennies dans sa fabrication : l’acide perfluorooctanoique ou PFOA. Ce dernier « peut, en effet, altérer le développement du fœtus, affaiblir le système immunitaire et augmenter le risque de développer des maladies cardiovasculaires, des cancers du rein ou des testicules », explique 60 Millions de consommateurs. Depuis le 4 juillet 2020, la fabrication et l’utilisation du PFOA a été interdite par un règlement européen.

Si les fabricants assurent que les matériaux de type Téflon ne posent plus aucun risque sanitaire, ils restent vagues sur les molécules utilisées en remplacement. Or, celles-ci « font partie, comme le PFOA, de la famille des composés perfluoroalkylés ou polyfluoroalkylés (les PFAS), suspectés dans leur ensemble d’avoir des effets délétères », précise le magazine. De même, un autre revêtement antiadhésif utilisé, appelé « céramique », s’avère en fait être un dérivé du Téflon.

Des composés perfluorés retrouvés dans des poêles antiadhésives

Aussi, le magazine a voulu vérifier si les matériaux utilisés ne posaient aucun risque sanitaire et a testé 14 poêles : 9 modèles antiadhésifs de type Téflon et céramique et 5 modèles en fer ou en acier.

Résultat : des traces de PFOA ont été détectées dans trois poêles antiadhésives sur les neuf testées, alors même que ces modèles portent la mention « garanti sans PFOA ». Étant donné que les teneurs repérées sont très faibles, « la substance n’a probablement pas été utilisée dans la fabrication des poêles mais a pu être introduite de façon accidentelles lors de la conception, du conditionnement ou du transport », considère le magazine.

Trois autres composés perfluorés – du PFHxA, du PFHxS et du PFOSA – ont également été décelés. Enfin, une des poêles antiadhésives libère de l’aluminium à un niveau (1,13 milligramme par kilo d’aliment) inférieur au seuil recommandé de 5 mg/kg.

Absence d’information sur le revêtement des poêles

Outre la présence de composés perfluorés, 60 Millions de consommateurs pointe du doigt le manque de transparence des fabricants. Le plus souvent, les poêles sont vendues sans aucune information sur la composition de leur revêtement et sur le type de matériau utilisé, ce qui pénalise les consommateurs.

L’Institut national de la consommation (INC), éditeur du magazine, demande donc aux pouvoirs publics d’interdire les allégations du type « sans PFOA » et de mettre en place « un étiquetage réglementairement obligatoire pour informer les consommateurs objectivement sur les matériaux utilisés pour la fabrication des ustensiles de cuisson ».

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