Plongée dans les racines du mouvement des « gilets jaunes »

Le Conseil d’analyse économique (CAE) a publié une note révélant un lien étroit entre cette mobilisation et la perte de commerces et d’équipements publics.

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Le mouvement des « gilets jaunes » a débuté à l’automne 2018.
Le mouvement des « gilets jaunes » a débuté à l’automne 2018. © C. Aucher

Quelles sont les origines de la colère des « gilets jaunes », qui a éclaté en novembre 2018 et conduit le président de la République, Emmanuel Macron, à décider de plusieurs mesures d’apaisement (hausse de la prime d’activité, organisation d’un grand débat national, etc.) ? Le Conseil d’analyse d’économique (CAE), un cercle de réflexion rattaché à Matignon, a publié mardi 14 janvier une étude sur les sources de ce mouvement disparate, parfois décrit comme l’expression d’une souffrance des habitants des zones périphériques estimant vivre moins bien que les habitants des métropoles.

Pour les trois chercheurs qui signent la note, « le malaise […] semble en partie nourri par des conditions de vie personnelles difficiles et dégradées » . De nombreux participants au mouvement se sont ainsi plaints de la faiblesse de leur pouvoir d’achat.

Déclin des communes

Le point de départ de la crise, à savoir le bond des taxes sur le carburant qui a touché les personnes utilisant leur véhicule pour leurs trajets entre le domicile et le travail, « est symptomatique de la dimension territoriale du mécontentement social ».

Les auteurs mettent en avant « la concentration des activités au sein des métropoles et […] le déclin des communes alentour d’où disparaissent non seulement les emplois et le pouvoir d’achat, mais aussi tout ce qui soutient le tissu de la vie sociale locale », à savoir « les commerces, bureaux de poste, écoles, tribunaux, hôpitaux », etc.

Au travers de différentes statistiques, les auteurs observent une relation étroite entre la perte de certains équipements et la mobilisation. D’après eux, 29 % des communes ayant perdu leur dernière supérette (commerce alimentaire d’une surface de vente comprise entre 120 et 400 mètres carrés) ont connu un événement en relation avec les gilets jaunes. Ces territoires « ont également vu le taux d’abstention aux élections présidentielles augmenter plus fortement », entre les scrutins de 2012 et de 2017, précisent les chercheurs.

Fermeture de lycées

La disparition de lycées, de cinémas et de librairies-papeteries doit aussi être envisagée comme un facteur de colère. « Au niveau individuel, les fermetures de lycées sont associées à davantage d’anxiété » chez les habitants, écrivent les auteurs.

Les signataires de l’étude voient encore la disparition d’équipements de santé comme une source de mécontentement. Ils évoquent la perte de gynécologues, de maternités, de services d’urgence, de cabinets de médecins libéraux et de centres de consultation. La progression des impôts locaux dans certains territoires est aussi en cause.

  • Pour télécharger la note, cliquez ici.
df
Timour Aggiouri
Publié le

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