Passe sanitaire, réforme des retraites… Que va annoncer Emmanuel Macron ce soir dans son discours ?

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Ecran de télévision, Emmanuel Macron
Le dernier discours présidentiel remonte au 16 août. - © Sandrine Marty/Hans Lucas via Reuters Connect

C’est le premier discours télévisé prononcé par le chef de l’Etat depuis le 16 août. Après avoir réuni un conseil de défense sanitaire à l’Elysée, Emmanuel Macron doit faire des annonces dans une allocution diffusée mardi 9 novembre à 20 heures à la radio et à la télévision.

La crise sanitaire due à la pandémie de Covid-19 n’est pas terminée. Selon le dernier point épidémiologique publié par Santé publique France, « la reprise épidémique se confirme avec la poursuite de l’augmentation de la circulation du SARS-CoV-2 sur le territoire métropolitain ».

Le taux d’incidence, soit le nombre de nouveaux cas confirmés pour 100 000 habitants, est passé de 55 entre les 18 et 24 octobre à 62 la semaine suivante, a indiqué l’organisme le 4 novembre.

Le directeur régional de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en Europe, Hans Kluge, a alerté le même jour quant à la situation de l’épidémie sur le continent. « Nous sommes, de nouveau, à l’épicentre », a dit Hans Kluge au cours d’une conférence de presse en ligne, rapporte l’agence de presse Reuters. « Le rythme actuel de transmission dans les 53 pays de la région européenne est très préoccupant », et « si nous restons sur cette trajectoire, nous pourrions voir un autre demi-million de décès dus au Covid-19 dans la région d’ici février ».

Le président de la République n’envisage pas de restrictions des libertés de déplacement comme un couvre-feu ou un confinement en métropole. Mais il peut annoncer plusieurs mesures contre la propagation de la pandémie et sur d’autres thèmes.

Prolongation de l’obligation de présentation du passe sanitaire

Le chef de l’Etat est susceptible d’évoquer la prolongation de l’obligation de présentation du passe sanitaire pour accéder à certains lieux (transports publics interrégionaux, cinémas, théâtres, etc.), qui doit arriver à expiration le 15 novembre.

Le projet de loi portant diverses dispositions de vigilance sanitaire, définitivement adopté par l’Assemblée nationale le 5 novembre, prévoit la possibilité de permettre au Premier ministre d’imposer par décret une telle obligation jusqu’au 31 juillet 2022 (article 2). Le Conseil constitutionnel doit contrôler ce projet de loi et rendre une décision avant la promulgation du texte.

Une 3e dose obligatoire pour le passe sanitaire ?

L’exécutif examine l’éventualité d’un retrait du passe sanitaire aux personnes vulnérables pour lesquelles la Haute autorité de santé (HAS) recommande une troisième dose de vaccination contre le Covid-19.

Lors d’un conseil de défense du 6 octobre, Emmanuel Macron avait invité les membres du gouvernement présents à examiner cette piste, suggérée par le ministre des Solidarités et de la Santé, Olivier Véran, selon Le Canard enchaîné. Une telle mesure pose cependant des difficultés pratiques et juridiques.

Suivant les préconisations de la HAS, un rappel de vaccination est recommandé dans un délai de six mois aux personnes :

  • résidant dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) et dans les unités de soins de longue durée (USLD) ;
  • âgées de plus de 65 ans vivant à domicile ;
  • à très haut risque de forme grave ;
  • atteintes de comorbidité(s) ;
  • sévèrement immunodéprimées ;
  • prenant en charge ou accompagnant des personnes vulnérables (professionnels de santé, du secteur médico-social et des transports sanitaires et pompiers) ;
  • faisant partie de l’entourage des personnes immunodéprimées et ayant plus de 18 ans.

Pour les personnes immunodéprimées, qui ont déjà reçu trois doses, l’injection d’une quatrième dose peut être réalisée dans un délai minimal de trois mois. Pour les personnes ayant reçu le vaccin Janssen, l’injection peut intervenir dans un délai de quatre semaines après la dernière injection du schéma initial. 

Possibilité de recevoir une troisième dose pour toutes les personnes de plus de 12 ans

L’exécutif étudie la possibilité d’une extension de la possibilité de recevoir une troisième dose de vaccination pour toutes les personnes de plus de 12 ans. « L’élargissement de la campagne de rappel à l’ensemble de la population est [...] en question », indique Le Monde

Alain Fischer, président du Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale, est contre une telle extension, comme le rapporte le quotidien. L’immunologue a noté auprès du Journal du dimanche que « les données n’ont pas montré de baisse de la protection contre les formes graves chez les moins de 65 ans en bonne santé ». « Mais ma position pourrait changer au vu de nouvelles données ou si la circulation du virus s’accélérait comme en Allemagne », a encore dit Alain Fischer.

Réforme des retraites

Le président de la République doit définitivement lever les interrogations quant à la possibilité qu’une réforme des retraites d’ici la fin du quinquennat, selon Le Monde.

Dans son discours du 12 juillet, le chef de l’Etat avait évoqué avec prudence l’éventualité de mener une telle réforme. « Alors, si je demande au gouvernement de Jean Castex de travailler avec les partenaires sociaux sur ce sujet dès la rentrée, je ne lancerai pas cette réforme tant que l’épidémie ne sera pas sous contrôle et la reprise bien assurée », avait souligné Emmanuel Macron.

La perspective de l’éventuelle adoption d’une réforme des retraites avant les élections présidentielle et législatives du printemps 2022 s’éloigne à mesure que le temps passe, compte tenu de l’ordre du jour chargé à l’Assemblée nationale et au Sénat.

Les travaux des députés vont être suspendus à la fin du mois de février, d’après un calendrier prévisionnel de la session ordinaire 2021-2022 arrêté le 6 juillet par la Conférence des présidents de l’Assemblée nationale.

Le chef de l’Etat « réformera jusqu’à la dernière minute », assurait le 15 octobre l’un de ses conseillers, lors d’une conférence de presse téléphonique informelle suivie par Dossier Familial. L’Elysée sous-entend que l’approche des échéances électorales ne va pas freiner une volonté de changement entravée par la crise sanitaire. La crainte d’une colère due à la hausse des prix a poussé l’exécutif à inventer en toute hâte une « indemnité inflation » de 100 €, annoncée le 21 octobre par Jean Castex.

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