Papier toilette : vers une flambée des prix sur fond de pénurie

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Papier toilette, stocks, homme inquiet
© ajr_images

Les prix du papier toilette vont inexorablement grimper dans les prochains mois. Telle est la conviction de Thierry Desouches, porte-parole du groupe de distribution Système U. « Les prix des matières premières augmentent, comme le montrent les tensions sur les marchés du papier, du blé dur, utilisé pour la fabrication des pâtes, et du café. Cela va se traduire d’une manière ou d’une autre dans les rayons. Les distributeurs qui disent le contraire mentent », estime, mardi 28 septembre, Thierry Desouches auprès de Dossier Familial

« Des augmentations massives et réelles vont se concrétiser », prévoit le porte-parole de Système U, commentant les demandes du groupe Essity, premier fabricant de papier toilette en France, relatives à une hausse des tarifs réglés par la grande distribution. Pour Thierry Desouches, les enseignes conserveront la possibilité de réduire leurs marges pour attirer les consommateurs.

Selon Les Echos, à l’approche du début des négociations commerciales pour l’année 2022 qui doivent durer environ quatre mois, Essity souhaite une progression de ses tarifs, « à deux chiffres pour son papier toilettes et ses autres produits (incontinence, hygiène féminine, cotons à démaquiller…) », afin de compenser le renchérissement « des coûts des matières premières, du transport et de l’énergie ». Le groupe exploite notamment les marques Lotus, Okay, Nana ou Tena.

« La vague est tellement forte que la grande distribution doit accepter de refléter cet impact, et partager l’effort avec nous, industriel, en prenant à sa charge une partie de la hausse », a plaidé auprès du quotidien Arnaud Lafleur, vice-président d’Essity en charge de la France, de la Belgique et de l’Italie.

Cette demande relève du « jeu des fournisseurs, qui chaque année réclament une hausse », relève Thierry Desouches.

Pénurie de matières premières

La filière papetière connaît les répercussions dues à la pandémie de Covid-19. « La séquence que nous traversons depuis mars 2020, caractérisée par une récession suivie d’une reprise économique forte, conduit à des ajustements des systèmes productifs, ce qui se traduit, pour l’industrie papetière française, par des tensions sur ses approvisionnements en matières premières », explique l’Union française des industries des cartons, papiers et celluloses (Copacel).

Entre janvier et juillet, « la production papetière » du pays a crû de 7 % par rapport à la même période 2020, se félicite dans un communiqué le syndicat professionnel. Le Copacel lie cette tendance à plusieurs facteurs, à savoir « la bonne consommation des ménages, notamment au travers des achats en ligne », aboutissant « à une demande accrue de papiers et cartons d’emballage, le retour progressif des salariés » dans les services, « le redémarrage de campagnes publicitaires » et enfin la constitution de « stocks » par des entreprises consommatrices de papier. Ces dernières craignent une hausse et font possiblement une prophétie auto-réalisatrice.

Presse, livres et emballages également concernés

Les coûts des « matières premières fibreuses » ont marqué une augmentation d’« une ampleur inédite » depuis le début de l’année 2021, précise le Copacel.

Entre janvier et août, « les cours » des « fibres vierges », utilisés dans la fabrication de la plupart des papiers toilette vendus en France, ont bondi, à hauteur « de 44 % pour la pâte de résineux et de 47 % pour la pâte de feuillus », constate le Copacel. La progression est encore plus forte s’agissant des « prix des catégories de vieux papiers ‘‘journaux, magazines et prospectus triés pour désencrage’’ et ‘‘caisses en carton ondulé’’ », atteignant respectivement 84 % et 207 %.

Mais si des tensions affectent les éditeurs de papier toilette, de presse et de livres, le risque d’une pénurie généralisée de papier est-il à craindre ? « Ponctuellement, certaines sortes de papier connaîtront des difficultés d’approvisionnement, mais nous ne sommes pas dans une situation de blocage », a assuré à L’Usine nouvelle Benoît Duquesne, président de l’Union nationale des industries de l’impression et de la communication (Uniic), organisation patronale du secteur.

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