Nouveaux confinements locaux : pourquoi des scientifiques restent inquiets

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© Gonzalo Fuentes – File Photo – Reuters

Les nouvelles mesures de restriction mises en œuvre contre la pandémie de Covid-19 depuis vendredi 19 mars, minuit, dans les Hauts-de-France et l’Île-de-France ainsi que dans les Alpes-Maritimes, l’Eure et la Seine-Maritime, sont très allégées par rapport aux deux premiers confinements nationaux. Le Premier ministre, Jean Castex, a annoncé jeudi 18 mars dans une conférence de presse des règles propres à seize départements.

Paradoxalement, les décisions prises marquent un « assouplissement » pour certains territoires, comme le note La Voix du Nord. Un confinement limité au week-end était appliqué à Dunkerque, à Nice et dans des communes proches de ces villes depuis le 25 février, une mesure étendue au Pas-de-Calais depuis le 6 mars. L’exécutif se fondait notamment sur un important taux d’incidence, soit le nombre de cas pour 100 000 habitants, la pression hospitalière et la dynamique de l’épidémie, a rappelé le chef du gouvernement.

Dès samedi, après la publication par le ministère de l’Intérieur d’attestations de déplacement dérogatoire raillées pour leur complexité, Jean Castex a annoncé samedi dans un communiqué la suppression « de l’obligation de produire une attestation » s’agissant de « tout déplacement dans un rayon de 10 kilomètres autour de son domicile entre 6 heures et 19 heures ».

Tandis que les établissements scolaires restent ouverts, dans les territoires concernés par les nouvelles mesures, de nombreux commerces autres que ceux autorisés pendant la durée des deux premiers confinements nationaux peuvent continuer à accueillir des clients dans leurs locaux, tels que les librairies, les disquaires, les salons de coiffure ou les cordonniers, a fait savoir dans un communiqué le cabinet du ministre délégué chargé des petites et moyennes entreprises (PME), Alain Griset.

Des règles insuffisantes au regard de la circulation de l’épidémie

« C’est pas un confinement, un confinement on vous demande de rester chez vous », a démenti dimanche le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, sur BFMTV. L’exécutif est critiqué par les oppositions qui dénoncent sa gestion de la crise sanitaire. Il constate la lassitude de la population, un an après le début du premier confinement national.

Mais pour des scientifiques, les règles posées apparaissent insuffisantes au regard de la circulation de l’épidémie.

« Actuellement, nous sommes autour de 40 000 contaminations par jour, avec une assez forte disparité dans les départements français », a rappelé samedi sur BFMTV William Dab, l’épidémiologiste et ancien directeur général de la santé (2003-2005).

« Le président Macron voulait revenir à 5 000 contaminations par jour début décembre, il me paraît exclu que les mesures actuelles nous permettent de revenir rapidement de 40 000 à 5 000 », selon William Dab. Le scientifique considère cependant que les mesures sont « peut-être un petit peu » susceptibles d’agir contre la circulation du virus.

« Il y a eu une espèce de recherche d’un compromis entre les obligations sanitaires et puis l’acceptation sociale, économique », a analysé dimanche l’infectiologue Karine Lacombe sur BFMTV.

« On est déjà sur un plateau qui est extrêmement haut, on n’aura déjà pas d’impact de ces mesures avant deux, trois semaines, est-ce que ça va suffire ? On en doute, on en doute vraiment », a souligné la cheffe du service des maladies infectieuses et tropicales à l’hôpital Saint-Antoine à Paris.

Pour Karine Lacombe, l’exécutif a fait « un pari » en faisant l’espoir « qu’on pourra augmenter de façon considérable la couverture vaccinale dans les semaines à venir ».

Certains professionnels jugent nécessaire d’étendre les mesures prises à d’autres zones géographiques.

« D’autres départements ou régions vont probablement entrer dans ce type de dispositif dans les quinze jours ou trois semaines qui viennent », a estimé dans un entretien mis vendredi en ligne par Nice-Matin, Olivier Guérin, chef du pôle gériatrie au centre hospitalier universitaire (CHU).

Une extension possible à d’autres territoires

L’exécutif envisage de soumettre d’autres parties du territoire aux mesures, comme l’a précisé Jean Castex dans sa conférence de presse.

D’après LCI, certains indicateurs sanitaires se dégradent dans les départements suivants :

  • la Haute-Savoie et le Rhône, dans la région Auvergne-Rhône-Alpes ;
  • les Hautes-Alpes et le Var, dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur ;
  • l’Aube et la Moselle, dans la région Grand Est ;
  • le Doubs, la Nièvre, le Territoire de Belfort et l’Yonne, dans la région Bourgogne-Franche-Comté ;
  • l’Orne, dans la région Normandie ;
  • l’Eure-et-Loir, dans la région Centre-Val de Loire.
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