Loi contre les séparatismes : que retenir du discours d'Emmanuel Macron ?

Emmanuel Macron était ce vendredi 2 octobre en déplacement aux Mureaux, dans les Yvelines, pour y présenter les contours de la loi contre les séparatismes. Un chantier ouvert par le président pour renforcer la laïcité et préserver l'Etat des assauts de l'islamisme et des dérives sectaires sur les principes républicains. 

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Emmanuel Macron faisait un discours sur les séparatismes, vendredi 2 octobre aux Mureaux, dans les Yvelines. © Ludovic Marin / Reuters

C'était un discours attendu depuis plusieurs semaines pour faire la lumière sur les projets de l'exécutif en matière de lutte contre les séparatismes. Le président de la République Emmanuel Macron était ce vendredi 2 octobre en déplacement aux Mureaux, commune des Yvelines, pour y prononcer une allocution officielle afin d'y présenter le contenu de la loi sur les séparatismes, portée au gouvernement par le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin et la ministre déléguée à la Citoyenneté, Marlène Schiappa.

Le 4 septembre dernier, lors de son discours au Panthéon pour les 150 ans de la proclamation de la IIIe République, Emmanuel Macron avait annoncé qu'un projet de loi de lutte contre les séparatismes serait présenté « à l'automne ». Il est désormais temps de faire le point sur les mesures concrètes contenues dans ce projet de loi qui, toujours selon l'exécutif, vise autant l'islam politique et les dérives sectaires. 

Renforcer la laïcité face à l'islamisme

D'emblée, le président de la République a tenu à s'exprimer sur la laïcité qui n'est « pas un problème » : « La laïcité en République française, c’est la liberté de croire ou de ne pas croire, la possibilité d’exercer son culte à partir du moment où l’ordre public est assuré. La laïcité, c’est la neutralité de l’Etat, pas l’effacement des religions dans la société et dans l’espace public. La laïcité, c’est le ciment de la France unie. »

A l'inverse, Emmanuel Macron a pointé du doigt le « séparatisme islamiste », qu'il considère comme un « piège » : « Ce piège, c'est d'ailleurs celui que nous tendent les ennemis de la République qui consisterait à faire de chaque citoyen de confession musulmane un allié objectif parce que victime d'un système bien organisé, c'est trop facile. Ce à quoi nous devons nous attaquer, c'est au séparatisme islamiste. »

Ecoles, associations, Islam de France... Les principales annonces

Le président de la République a ouvert son discours en annonçant que ce projet de loi contre les séparatismes sera présenté en Conseil des ministres le 9 décembre prochain. L'occasion de dévoiler, en amont, les principales mesures que porteront ce texte qui « 115 ans après l'adoption définitive de la loi de 1905, visera à renforcer la laïcité et à consolider les principes républicains. »

Education nationale 

Emmanuel Macron a annoncé que l'instruction scolaire à domicile sera, dès la rentrée 2021, « strictement limitée, notamment aux impératifs de santé ». L'instruction au sein de l'école deviendra obligatoire à partir de l'âge de 3 ans a souligné le président qui ajoute que les établissements hors contrat feront l'objet d'un contrôle renforcé de la part des services de l'Etat. Enfin, Emmanuel Macron a également confirmé la suppression des dispositifs de cours facultatifs en langues étrangères dispensés par des enseignants choisis par les gouvernements d'autres pays (Elco).

Associations

La deuxième série de mesures annoncées par le chef de l'Etat concerne les associations, "l'espace le plus efficace pour diffuser les idées" séparatistes dans l'espace public. Ainsi, la loi présentée par Emmanuel Macron aura aussi pour but de renforcer les modalités de dissolution des associations posant problème. Par ailleurs, toute association sollicitant une subvention publique devra signer une « charte de la laïcité. »

Service public

Autre point abordé par le président de la République : le service public et plus particulièrement le renforcement de la neutralité en son sein ainsi que dans les entreprises soumises à une délégation de services publics (les sociétés de transports par exemple, NDLR). « Parfois sous pression de groupes ou de communautés, des élus ont pu envisager d'imposer des menus confessionnels à la cantine ou d'exclure les hommes et les femmes de certains créneaux d'accès aux piscines » affirme le chef de l'Etat qui ajoute que, grâce aux dispositions de la loi contre les séparatismes, « le préfet pourra suspendre les actes correspondants à ces situations. »

« Islam des Lumières »

De plus, Emmanuel Macron a présenté ses propositions pour aider l'Islam « à se structurer pour être un partenaire de la République » et notamment en le libérant des influences étrangères. Ainsi, la loi contre les séparatismes aura également pour objectif de mettre fin au système de formation des imams à l'étranger. Des formations de religieux musulmans seront « labellisées » par le Conseil français du culte musulman.

Le contrôle des mosquées sera également renforcé sur le territoire selon Emmanuel Macron, tant sur le plan des financements que du contrôle idéologique de ces institutions. C'est ainsi que le dispositif « anti-putsch » interviendra pour empêcher certains protagonistes de « prendre le contrôle d'associations cultuelles pour aller prédiquer le pire. » 

Enfin, le président a annoncé la création d'un institut scientifique d'islamologie, accompagné de la création de postes supplémentaires dans l'enseignement supérieur.

Présence républicaine 

Dernier point abordé par le président de la République dans son discours des Mureaux consacré à la lutte contre les séparatismes : l'accroissement des moyens pour les services publics dans les territoires, notamment dans certains quartiers en proie à « la ghettoïsation. » Le chef de l'Etat a donc annoncé la création de 40 cités éducatives supplémentaires. 

De nouvelles annonces seront faites dans le courant de l'automne pour évoquer plus en détail le sujet du logement social. Emmanuel Macron a affirmé en conclusion de son allocution vouloir « assurer une présence républicaine au bas de chaque tour, au bas de chaque immeuble, là où nous avions reculé. »

df
Maxime Trédan
Publié le

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