Les recettes des radars automatiques vont rebondir en 2021

Les sommes perçues grâce aux amendes doivent s’élever à 809 M€ l’année prochaine, anticipe le gouvernement, en se fondant sur « les réparations » et « le renouvellement » des appareils vandalisés.

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Radars
© OceanProd

Les conducteurs commettant certaines infractions comme les excès de vitesse vont l’année prochaine davantage risquer une verbalisation, pouvant mener à l’obligation de régler une amende et à un retrait de points sur leur permis de conduire. Dans un document annexé au projet de loi de finances pour 2021 et repéré par Les Echos, le gouvernement de Jean Castex prévoit une progression des recettes induites par les amendes dues pour des infractions constatées par des radars automatiques.

Le montant des recettes doit atteindre l’année prochaine 809 M€, anticipe Bercy, qui doit abaisser sa prévision initiale de 728 M€ pour 2020 compte tenu des restrictions de déplacement mises en place pour limiter la propagation du Covid-19. 

« Pour l’année 2020, les mesures de confinement mises en place dans le cadre de la crise sanitaire liée à la Covid-19 ont entraîné une limitation des déplacements générant une diminution du nombre d’avis de contravention et de facto du nombre de lettres de retrait de points avant un retour à la hausse pour 2021 », explique l’un des « bleus budgétaires ».

Un effet quasi-nul sur la dette publique

Le gouvernement ne peut espérer combler la dette publique en utilisant les gains, sinon dans une très faible part. Cet endettement doit grimper à 117,5 % du produit intérieur brut (PIB) en 2020 (116,2 % en 2021), contre 98,1 % en 2019, selon les estimations de l’exécutif, qui fait face à deux mouvements négatifs : la chute des recettes (taxe sur la valeur ajoutée, impôt sur les sociétés, impôt sur le revenu, etc.) découlant de la récession et, en réponse à la crise sanitaire et à ses répercussions, la montée des dépenses publiques.

Les recettes des radars « sont » en majorité « affectées directement à la mission de lutte contre l’insécurité routière », indiquait une annexe au projet de loi de finances pour 2020. « La part des amendes issues du contrôle automatisé qui contribue au désendettement de l’Etat est de 20,9 % », précisait le document.

Le gouvernement démentait tout intérêt de la puissance publique aux infractions routières constatées par appareil, affirmant que « l’effort financier de l’Etat en faveur de la sécurité routière [...] est plus de quatre fois supérieur aux recettes des radars automatiques ».

Taux de disponibilité des radars en augmentation

L’Etat a veillé à la réparation des radars automatiques, qui ont fait l’objet de nombreuses dégradations durant le mouvement des « gilets jaunes », en 2018 et en 2019.

Le gouvernement n’a pu atteindre ces années son objectif d’un taux de disponibilité des radars de 93 %. Ce « ratio moyen annuel entre le nombre d’équipements de terrain en état de fonctionnement et le nombre d’équipements de terrain mis en service », s’est élevé à 88,87 % en 2018 et à 74,2 % l’année suivante, « en raison de la vague de vandalisme sans précédent ». Pour 2020, le gouvernement s’attend à un taux de disponibilité de 90 %. Il escompte un niveau de 93 % pour l’année prochaine, s’appuyant sur « les réparations opérées et le renouvellement des radars ».

Une diminution de la vitesse sur les routes secondaires

La vitesse diminue sur les routes secondaires. « Sur les routes limitées à 80 km/heure depuis mi-2018, la vitesse moyenne pratiquée sur l’année [2019] baisse de – 2,5 km/heure. Par rapport à l’année 2017, dernière année complète avec une vitesse maximale autorisée (VMA) à 90 km/h, la baisse est de l’ordre de – 4 km/h  ; » , indique le document. & n b s p;

La barre est passée de 90 à 80 km/heure sur la majorité des routes secondaires le 1er juillet 2018. Cette mesure figurait parmi les réformes menées au début du quinquennat d’Emmanuel Macron et contestées par les « gilets jaunes » et les élus ruraux, qui y voyaient la marque d’un éloignement de l’exécutif de leurs préoccupations.

La réforme a permis d’épargner 349 vies entre juillet 2018 et février 2020, selon des évaluations d’experts figurant dans une étude dont la Sécurité routière a publié une synthèse le 20 juillet dernier. Utilisant une possibilité ouverte par la loi du 24 décembre 2019 d’orientation des mobilités, certaines autorités ont remonté la vitesse maximale. La limite a été relevée à 90 km/heure en 2020 dans 17 départements, sur la totalité des départementales ou certaines d’entre elles, estime le magazine Auto Plus.

Différents critères d’installation des radars

D’après la Sécurité routière, les préfets de département proposent les lieux d’installation des radars fixes contrôlant la vitesse, suivant ces critères :

  • zones où ont lieu des accidents pour lesquels la vitesse excessive est principalement en cause ;
  • itinéraires à fort trafic de poids lourds (notamment voies express et autoroutes), sur lesquels la limitation de vitesse est régulièrement ignorée ;
  • grands tronçons ;
  • zones où les usagers doivent être particulièrement vigilants, notamment les portions de route où des aménagements seraient difficiles réalisables ou extrêmement coûteux (tunnels, ponts) ;
  • lieux et portions de route où la présence des forces de l’ordre est impossible pour permettre la réalisation de contrôles de vitesse traditionnels.
df
Timour Aggiouri
Publié le

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