Les discothèques vont-elles pouvoir rouvrir cet été  ?

Les patrons du secteur espèrent voir les établissements de nuit reprendre leur activité, même en condamnant les pistes de danse.

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Discothèques
© shironosov

Au Macumba, on ne danse plus aucun soir. Les fêtards vont-ils pouvoir se rendre dans les boîtes de nuit cet été ? Les patrons des discothèques espèrent obtenir une réouverture au moins partielle de ces établissements, après une audience au Conseil d’Etat jeudi 2 juillet. L’institution doit rendre la semaine prochaine sa décision concernant les requêtes présentées par le Syndicat national des discothèques et lieux de loisirs (SNDLL) et différentes boîtes de nuit.

Selon le document récapitulant les requêtes que le Conseil d’Etat nous a transmis, les professionnels ont demandé au juge des référés de suspendre un décret du 21 juin, qui, pour limiter la propagation du Covid-19, a maintenu la fermeture des discothèques sur l’ensemble du territoire. Ils souhaitent également que la juridiction enjoigne à l’Etat d’autoriser l’ouverture au public de ces établissements.

« Inégalité de traitement avec les bars »

Lors de l’audience où le ministère des Solidarités et de la santé avait envoyé des représentants, « nous avons essentiellement argumenté sur le fait qu’une interdiction d’ouverture générale et absolue, illimitée dans l’espace et le temps n’était plus proportionnée à l’objectif poursuivi de santé publique », explique Henri de Beauregard, avocat du SNDLL, dans une lettre à l’organisation patronale.

Pour les requérants, les boîtes de nuit subissent une « inégalité de traitement avec les bars, et singulièrement avec les bars à ambiance musicale, qui captent la clientèle des discothèques en faisant une activité comparable sans les charges correspondantes », écrit Me Beauregard dans son compte rendu, diffusé sur le site du SNDLL.

« À mesure que l’audience avançait, le débat s’est concentré sur la possibilité juridique de rouvrir les discothèques en format réduit, c’est-à-dire sans exploitation de piste de danse, sur lesquelles seraient disposées des tables et des chaises », fait savoir le juriste.

L’avocat se félicite de la tournure que la séance a prise. « En fin d’audience, le juge des référés a invité le ministère à examiner la faisabilité de cette solution consistant à laisser les discothèques ouvrir sans exploitation de piste de danse mais sans les contraindre à un changement de type (qui, outre le temps nécessaire au passage d’une commission de sécurité, aurait pour effet de réduire le droit aux horaires discothèques) », raconte encore Henri de Beauregard. Classées P dans la classification des établissements recevant du public, les boîtes de nuit peuvent être en principe ouvertes jusqu’à 7 heures du matin.

À en croire Me de Beauregard, « le ministère devrait donc produire une note » dans le cadre de la procédure « sur ce point dans les jours à venir, sur laquelle nous serons invités à réagir… à moins bien sûr que, dans l’intervalle, le ministère le propose directement pour échapper à la perspective d’une condamnation ».

Interrogé par Dossier Familial, Henri de Beauregard envisage « trois solutions. Soit le Conseil d’Etat suspend totalement les dispositions en cause, soit il exige de les rouvrir à condition que les pistes de danse ne puissent être utilisées, soit il rejette la requête ».

« On peut imaginer que le gouvernement n’a pas envie d’une décision lui donnant tort et proposera donc une réouverture fondée sur la deuxième solution possible », pense le juriste.

« La profession n’en peut plus »

Les entreprises du secteur sont en danger. « La profession n’en peut plus et se meurt, vit dans la détresse et l’angoisse », se plaint sur le site du SNDLL le président de l’organisation patronale, Patrick Malvaes. Le VIP ROOM, célèbre discothèque de la rue de Rivoli à Paris, a annoncé en mai sa mise en vente.

Le renforcement de l’activité partielle (ancien chômage partiel) a évité de nombreuses fermetures définitives, d’après Emilie Legoff, fondatrice et dirigeante de Troops, un éditeur de logiciels de ressources humaines.

Une réouverture des discothèques aux pistes de danse impropres à leur vocation « constituerait une très bonne solution, elle permettrait de limiter la casse en donnant la possibilité aux établissements d’encaisser un minimum de chiffre d’affaires », analyse Emilie Legoff auprès de Dossier Familial.

« Les discothèques n’ouvrant que l’été, comme par exemple une dans le sud de la Corse, risquent de beaucoup souffrir d’une fermeture durant la saison », prévoit notre interlocutrice. Les travailleurs saisonniers habituellement employés dans ces établissements, vont subir une chute de leurs revenus par rapport aux années précédentes.

Une réouverture va-t-elle permettre aux établissements de connaître le bout de la nuit ? Avant le confinement, de nombreuses discothèques avaient fermé leurs portes, victimes notamment de la désaffection des jeunes. Les « boîtes » ne sont plus des lieux de rencontres privilégiés.

df
Timour Aggiouri
Publié le

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