Le Tapaj, pour lutter contre le trafic de stupéfiants

La ministre déléguée chargée de la Citoyenneté, Marlène Schiappa, souhaite un développement du travail alternatif payé à la journée (Tapaj), qui vise à éviter à des jeunes de tomber dans le trafic.

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Tapaj
Le Tapaj est un outil de prévention contre le trafic de stupéfiants. © krisanapong detraphiphat

C’est un dispositif encore méconnu. La ministre déléguée chargée de la Citoyenneté, Marlène Schiappa, souhaite une montée en puissance du travail alternatif payé à la journée (Tapaj) comme « un programme d’insertion global » au profit de certains jeunes risquant de tomber dans « la délinquance ».

« En complément de la lutte contre les réseaux, il s’agit de proposer un contre-modèle aux plus jeunes qui, dans les cités, font le ‘‘chouf’’ et commettent des petits délits pour gagner de l’argent et espérer avoir un rôle dans la société », a expliqué Marlène Schiappa dans l’édition du Figaro parue lundi 12 octobre.

La ministre envisage la possibilité de proposer « des travaux très concrets, non qualifiés et sans engagement, indemnisés au jour le jour, avec un accompagnement social », comme des missions « d’urbanisme, de ramassage ou de nettoyage ».

Quel est le principe d’un Tapaj ?

« L’idée, c’est de compenser ce que les ‘‘petits frères’’ pourraient gagner en faisant quelques heures de ‘‘chouf’’ pour le compte de dealers », a souligné Marlène Schiappa. Un argument qui ne convainc pas Grégory Joron, secrétaire général délégué du syndicat Unité SGP Police Force ouvrière. Le fait de guetter l’arrivée des forces de l’ordre pendant les opérations de trafic est rémunéré « 150 à 200 € par jour », a indiqué le syndicaliste sur LCI.

Le travail alternatif payé à la journée « donne » à ses bénéficiaires « le goût du travail, le goût de l’effort », argue la ministre. « De nouvelles expérimentations menées à bas bruit marchent très bien. Nous voulons les étendre à 60 nouveaux quartiers d’ici à 2022 », a précisé Marlène Schiappa. Interrogé sur ses intentions, son cabinet n’a pas répondu à Dossier Familial

Le président de la République, Emmanuel Macron, avait mis en avant le dispositif le 13 septembre 2018, dans son discours de présentation de la stratégie nationale de prévention de lutte contre la pauvreté. En juin 2019, Muriel Pénicaud, alors ministre du Travail, avait annoncé un soutien gouvernemental de 7 M€ sur quatre ans en faveur du dispositif.

Découvrez les pratiques actuelles du travail alternatif payé à la journée, pour vous mettre à la page sur le sujet.

Un public spécifique

D’abord mis en place au Québec, le Tapaj vise un public spécifique. Seuls y sont éligibles les jeunes âgés de 16 à 25 ans, sans domicile fixe (squat, rue, hébergement précaire). Selon le site tapaj.org, dessinant le portrait de ces personnes éligibles, il arrive aussi pour beaucoup d’entre eux :

  • d’être en situation de rupture familiale et de grande précarité et de vivre de la mendicité ;
  • d’être rétifs au contact avec les institutions, polyconsommateurs de substances psychoactives et en grande souffrance psychique.

Comment se déroule un Tapaj ?

Le travail alternatif payé à la journée repose sur trois phases.

Prise de contact

Le jeune est inscrit par le biais d’un éducateur de rue ou d’un centre de soin pour travailler le lendemain.

Il doit travailler sur un chantier par semaine sur une durée de 4 heures, dans un groupe de sept personnes encadrées par un éducateur.

À l’issue de la journée, le bénéficiaire reçoit un chèque emploi service (Cesu), d’un montant correspondant à 10 € par heure et échangeable immédiatement en liquide à La Poste. 

Pour chaque mois, il reçoit une fiche de salaire.

Proposition de contrat de travail

Le jeune peut obtenir une proposition de contrat de travail allant jusqu’à trois jours. Des démarches sont menées pour mettre à plat sa situation administrative, médicale et sociale et lui permettre de trouver un hébergement.

Accompagnement

Le volume d’heures de travail augmente. Le jeune peut être accompagné pour des projets d’insertion professionnelle, comme des formations qualifiantes, des chantiers d’insertion ou des contrats de travail de droit commun.

df
Timour Aggiouri
Publié le

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