Le gouvernement fait de nouveaux gestes envers les policiers

Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a annoncé mardi une série de mesures destinées à améliorer les conditions de travail des policiers, qui subissent de nouveaux épisodes de violences.

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Police
Gérald Darmanin, ce mercredi à l’Elysée. © Charles Platiau – Reuters

Les syndicats de policiers sont satisfaits. Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a annoncé mardi 13 octobre aux dix organisations représentatives une série de réformes accueillies positivement, lors d’une réunion intervenue entre deux nouveaux épisodes de violences subies par la police.

Le commissariat de Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne) a fait l’objet d’une attaque aux mortiers d’artifice dans la nuit de samedi à dimanche, deux policiers ont subi une agression par balles mercredi dernier à Herblay (Val-d’Oise).

Selon un communiqué diffusé par la place Beauvau, « l’augmentation historique du budget de la police de 325 M€ » dans le cadre du projet de loi de finances (PLF) pour 2021, doit inclure une hausse :

  • du budget en matériel et équipement de 15 M€ ;
  • du budget automobile de 125 M€, permettant de renouveler un véhicule sur quatre ;
  • de l’action sociale ministérielle de 10 M€ ;
  • du budget immobilier de 12 M€.

Dans le cadre de cette augmentation, les policiers doivent disposer de « nouveaux équipements numériques, notamment des caméras-piétons », dont l’usage doit être généralisé au 1er juillet 2021, ainsi que l’a annoncé Gérald Darmanin le 14 septembre.

Amélioration du traitement des policiers

D’autres réformes sont conçues pour donner un coup de pouce à la rémunération des policiers. Les 22 000 policiers travaillant de nuit, surnommés les « nuiteux », vont recevoir une prime spécifique, suivant une annonce faite le 27 juillet par Emmanuel Macron. Le coût total de ce dispositif est porté à 15 M€, contre 10 M€ initialement envisagés.

Les voies d’avancement des gardiens de la paix doivent être modifiées, pour un coût de 25 M€ : dans ce cadre, ces policiers bénéficieront d’« un avancement semi-automatique au grade de brigadier après 25 ans de service ». La filière investigation va faire l’objet d’« un plan de revalorisation inédit ».

Les conditions de compensation des astreintes entre les personnels du ministère doivent être harmonisées (2 M€). L’indemnisation des heures supplémentaires va être accrue de 6 % en 2021 (de 12,47 à 13,25 €).

Le ministère de l’Intérieur compte par ailleurs engager une « réforme du statut des personnels de la police technique et scientifique (3 M€), au regard de l’évolution de leurs missions ».

Les effectifs des policiers doivent progresser de 1 500 l’an prochain, « conformément à l’engagement du président de la République de 10 000 créations dans les forces de sécurité sur le quinquennat », souligne la place Beauvau.

Une réunion avec Emmanuel Macron

« Les mesures vont dans le bon sens, a indiqué à l’Agence France-Presse (AFP) Patrice Ribeiro, secrétaire général de Synergie-Officiers. Maintenant on attend la rencontre avec Emmanuel Macron jeudi, on a des choses à lui dire, notamment sur la réponse pénale. »

Les représentants des syndicats doivent s’entretenir avec le chef de l’Etat. La question des suites judiciaires des infractions constatées par les forces de l’ordre fait l’objet d’un débat récurrent, les syndicats de policiers reprochant à la justice sa supposée clémence. À la fin de l’été, la controverse entre Gérald Darmanin et le garde des Sceaux, Eric Dupond-Moretti, qui refusait de partager l’observation d’un « ensauvagement de la société » faite par son collègue, peut alimenter encore les accusations de laxisme à l’encontre de la justice, malgré la fronde des magistrats envers l’ancien avocat.

Gérald Darmanin doit réunir le mois prochain les syndicats pour leur présenter le Livre blanc de la sécurité intérieure, avant la publication de ce document, prévue « mi-novembre ». Le Livre blanc est susceptible de nourrir une vaste réforme de la police nationale.

df
Timour Aggiouri
Publié le

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