Le flop de l’application StopCovid

Alors même que son efficacité dépend de son succès, l’application StopCovid n’est utilisée effectivement que par environ 350 000 personnes.

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StopCovid
L’application StopCovid est en service depuis le 2 juin. © Stéphane Mahé – Reuters

Elle devait aider à prévenir le risque d’un rebond de l’épidémie. Mais l’application gouvernementale StopCovid, téléchargeable sur les smartphones depuis le 2 juin, fait pour l’heure un flop : le cabinet du secrétaire d’Etat chargé du Numérique, Cédric O, ne recensait mardi dernier auprès du Monde que 1,4 million d’activations. Pour être comptabilisés, les téléchargements doivent être suivis de l’ouverture de l’application, de l’autorisation d’utiliser le Bluetooth et du clic sur le bouton « J’active StopCovid », précise le quotidien. Mais le nombre de personnes utilisant effectivement l’outil au quotidien est en fait bien inférieur, autour de 350 000, estime Le Monde, qui s’appuie sur les calculs de trois experts. Sollicité par Dossier Familial ce vendredi, le cabinet de Cédric O ne répond pas.

StopCovid repose sur le fonctionnement suivant. Toute personne positive au Covid-19 disposant de l’application est incitée à déclarer sa contamination sur cet outil. Si elle s’est trouvée à moins de 1 mètre d’autres utilisateurs de l’application dans les deux semaines précédentes durant plus de 15 minutes, par exemple dans les transports en commun, ces utilisateurs reçoivent une notification. Ils peuvent s’isoler et se faire tester.

Plus le nombre d’utilisateurs est important, plus l’outil joue un rôle contre la propagation de la pandémie.

Un coût pour les finances publiques

Si, selon Le Monde, l’Etat n’a rien payé pour développer et mettre en service l’application, grâce au travail de fonctionnaires, des salariés d’organismes publics et d’entreprises ayant fourni une contribution gracieuse, tout va changer. Les sociétés en charge de l’hébergement et de la maintenance de l’application vont être rémunérées.

Pour le cabinet de Cédric O, le coût pour les finances publiques s’établit autour de 100 000 €. Davantage, d’après une association de lutte contre la corruption, qui a dénoncé mercredi au parquet national financier (PNF) le coût qu’induit l’outil pour les finances publiques, comme l’a révélé L’Obs.

Anticor déplore sur son compte Twitter un montant supérieur à 200 000 € de l’« hébergement », un montant « très supérieur aux pratiques du marché ».

« Une source bien informée » a évoqué auprès de L’Obs un coût approximatif de 200 000 à 300 000 €.

L’Etat doit passer en principe un marché public s’il souhaite passer une commande d’un montant supérieur à 139 000 € hors taxes pour un service. Anticor estime que l’infraction de favoritisme a été commise. Ce délit est puni de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 € d’amende (article 432-14 du Code pénal).

df
Timour Aggiouri
Publié le

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