Alimentation : les promesses non tenues des labels

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© Jpr03

Depuis quelques années, les labels et autres certifications alimentaires se sont multipliés dans les rayons des supermarchés. Agriculture biologique, Label Rouge, AOP, C’est qui le patron… Ils sont censés donner aux consommateurs des garanties en termes d’origine des produits, de préservation de l’environnement ou des terroirs mais peut-on leur faire confiance ? C’est ce qu’ont cherché à savoir Greenpeace France, le WWF France et le Bureau d’analyse sociétale pour une information citoyenne (Basic), ainsi que l'UFC-Que choisir qui ont publié mardi 28 septembre deux études distinctes sur le sujet.

Dans la jungle des labels, les organisations en distinguent trois sortes :

  • les signes officiels de qualité et d’origine comme Label Rouge, Agriculture biologique ou encore les Appellations d’origine protégée (AOP), dont le cahier des charges est rédigé par des professionnels et validé par les pouvoirs publics
  • les mentionsréglementées comme « produits fermiers », « élevés en plein air », « Haute valeur environnementale »
  • les démarches purement privées comme « Bleu-blanc-cœur », « C’est qui le patron » ou encore « Zéro résidu de pesticides ».

Carton rouge pour trois fromages AOP et le porc Label Rouge

Dans son étude réalisée avec l’appui de l’Institut national de la recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae), l’UFC-Que Choisir a analysé les cahiers des charges de 8 AOP fromagères et de 4 filières viandes sous Label Rouge. Sur les 12 AOP de fromage étudiées, cinq garantissent des conditions de production traditionnelles et une réelle typicité pour l’ensemble des productions : Abondance, Camembert de Normandie, Laguiloe, Picodon et Salers. En revanche, pour les AOP « Saint-Nectaire, Cantal et Munster, les produits d’entrée de gamme sont trop peu différents d’une production industrielle. Ils ne devraient pas logiquement pouvoir bénéficier de l’appellation », pointe l’association de consommateurs.

Concernant les viandes étiquetées Label Rouge, la mention est méritée pour les filières volailles et bœuf. En revanche, pour le porc, la différenciation avec le conventionnel est très faible. Trois des quatre critères indispensables pour garantir la qualité supérieure de la viande ne sont pas respectés : la race, l’accès des animaux à l’extérieur et l’âge d’abattage. « Pour les productions qui s’en tiennent aux conditions de production minimales de la notice, le label ne se justifie pas », note l’UFC-Que Choisir.

Ces différences sont dues aux procédures d’enregistrement et de contrôle des labels de qualité. « La création et la révision des cahiers des charges dépendent de la seule initiative des professionnels des filières concernées » et « les contrôles pour vérifier la conformité des produits sont trop peu indépendants », explique l’association.

Des bénéfices environnementaux garantis avec les labels bios

De leur côté, Greenpeace, WWF France et le Basic ont évalué la durabilité de onze démarches alimentaires privées ou publiques. Ils ont évalué leur impact sur 14 enjeux environnementaux (climat, biodiversité, ressource en eau, ressources énergétiques et matériaux, qualité des sols, qualité de l’air, pertes et gaspillage) et socio-économiques (niveau de vie décent, santé humaine, bien-être animal, sécurité alimentaire, équité socio-économique, conditions de travail, droit du travail et cohésion sociale). Les résultats sont contrastés.

Les démarches partageant le socle de l'agriculture biologique (AB, Bio Equitable en France notamment), ont obtenu « les bénéfices socio-économiques et environnementaux les plus forts et les plus avérés du fait de leurs impacts positifs notamment sur la santé humaine, la qualité des sols, les ressources en eau, la biodiversité, ou le bien-être animal ».

A l’inverse, les démarches partageant le socle de la certification environnementale (Agri Confiance, Zéro Résidus de Pesticides et la certification Haute Valeur Environnementale) ont les effets positifs les plus faibles et les moins avérés des démarches étudiées.

Enfin, les démarches définies par filières (Bleu-blanc-cœur, Label Rouge, AOP, C’est qui le patron ? etc.) ont des bénéfices environnementaux et socio-économiques très variés.

Au vu des résultats, les trois organisations demandent aux pouvoirs publics une révision des conditions de certification (cahiers des charges, exigence des contrôles, etc.) et de conditionner les aides publiques aux impacts des démarches et non à leurs intentions affichées.

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