Gestion de la crise sanitaire : une mauvaise anticipation, mais une amélioration progressive du pilotage

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Emmanuel Macron, Jean Castex, 8 mai, Champs Elysées
© Christian Hartmann – Pool New – Reuters

Les autorités françaises ont progressivement amélioré leur gestion de la crise sanitaire due à la pandémie de Covid-19, analyse la mission indépendante chargée le 25 juin 2020 par le chef de l’Etat, Emmanuel Macron, d’évaluer la réponse à cet événement, dans son rapport final remis vendredi 14 mai au Premier ministre Jean Castex et publié ce mardi (à télécharger ici).

La puissance publique n’avait pas suffisamment anticipé le risque d’une telle épidémie, déplore le groupe composé de cinq personnes spécialistes de santé, d’économie et de finances publiques, présidé par l’épidémiologiste et infectiologue Didier Pittet. « Le niveau de préparation à la crise s’est révélé insuffisant, est-il écrit dans la synthèse du rapport. Il s’est principalement traduit par la pénurie de masques de protection individuelle, la très lente montée en charge des capacités de test, la fragilité et la non-exhaustivité de systèmes d’information nécessaires au simple décompte des cas, des hospitalisations et des décès » dus au Covid-19, détaillent les spécialistes, qui notent également « l’instabilité du pilotage opérationnel ».

Examinant les facteurs de ce « manque d’anticipation », le groupe relève que les autorités ont accordé une « priorité en matière de gestion de crise […] au risque terroriste ».

Décisions prises avec « retard »

Emmanuel Macron et son gouvernement ont pris des décisions avec « retard » au vu de l’évolution de la situation sanitaire. Les membres de la mission constatent :

  • une trop lente montée en charge des tests ;
  • une instauration trop tardive des confinements débutés le 17 mars et le 29 octobre ;
  • l’absence de mise en place d’une « taskforce intégrée » dès la phase des approvisionnements pour prendre en charge l’organisation de la campagne de vaccination.

Les membres de la mission critiquent la « complexité de la gouvernance ». Ils notent à cet égard plusieurs changements de « l’organisation de la gestion de crise au sein du ministère chargé de la santé ». « En dehors de la préparation du déconfinement, la coopération entre les ministères a été désordonnée », selon le groupe.

La « centralisation excessive » a pénalisé certains territoires, aboutissant « à des situations jugées inéquitables ».

Fin de « la dramatisation »

Mais peu à peu, les autorités ont mieux géré la crise sanitaire, estiment les membres de la mission. Le groupe donne crédit à l’exécutif d’avoir mieux dosé les « mesures de freinage ». « Le deuxième confinement a ainsi pu réduire significativement le niveau de circulation du virus, pour un coût économique deux à trois plus faible qu’au printemps », est-il indiqué dans la synthèse du rapport.

Le président de la République a changé de ton. Emmanuel Macron n’affirme plus « Nous sommes en guerre », comme il l’avait fait à six reprises dans son discours du 16 mars 2020. « La communication reposant largement au départ sur la peur et la dramatisation a ensuite davantage fait appel à la responsabilité individuelle et collective », saluent les membres du groupe. Paris s’est résolu à la différenciation. « La concertation avec les parties prenantes au niveau local mise en œuvre par les préfets de département a permis la prise de mesures différenciées au niveau territorial. »

La mission qualifie de « remarquables » la « réactivité, l’engagement et la mobilisation des acteurs » au fil de la crise sanitaire, permettant « de compenser le manque d’anticipation des pouvoirs publics ». Le groupe juge en outre « globalement » positive la réaction économique du sommet de l’Etat.

La France, un des 33 pays « très affectés » par l’épidémie

Au 1er mars, la France figurait parmi les 33 pays « très affectés » par l’épidémie. Au-delà de la mortalité résultant du Covid-19 et de l’infection d’une partie de la population, à hauteur évaluée de 15 % de la population, l’épidémie a produit un impact sanitaire « indirect considérable », qui ne peut encore être mesuré. « En France comme dans d’autres pays affectés, les déprogrammations hospitalières consécutives à la mobilisation de toutes les capacités pour soigner les patients atteints du virus ont conduit à des reports de diagnostics et de soins », explique la mission. La mortalité des personnes souffrant d’un cancer risque de monter.  

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