La levée du confinement va bien débuter le 11 mai

Le Premier ministre, Edouard Philippe, et six autres membres du gouvernement ont donné jeudi une conférence de presse pour détailler les modalités de sortie.

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Déconfinement
Edouard Philippe et Olivier Véran, le 7 mai à Matignon. © Christophe Archambault – Pool New – Reuters

La population l’attendait : dans toute la France hors Mayotte, le confinement va bien prendre fin à partir du 11 mai, « au vu des résultats sanitaires », a annoncé Edouard Philippe jeudi 7 mai. Le chef du gouvernement a présenté cette « nouvelle étape dans la lutte contre l’épidémie » de Covid-19 lors d’une conférence de presse, à laquelle ont également participé les ministres Jean-Michel Blanquer (Education nationale), Elisabeth Borne (Transition écologique et solidaire), Christophe Castaner (Intérieur), Bruno Le Maire (Economie et finances), Muriel Pénicaud (Travail) et Olivier Véran (Solidarités et santé).

Edouard Philippe a appelé à la « discipline », à la « responsabilité », à la « prudence » et à la « vigilance ». Il n’exclut pas un rebond de la pandémie, justifiant un possible reconfinement, un des sujets traités par Jean Castex, coordonnateur national à la stratégie du déconfinement, dans son rapport « validé » par Emmanuel Macron lors du Conseil de défense de ce jeudi.

Reprise (limitée) des déplacements

La pratique massive de tests, la mise à disposition de masques et le maintien du respect des gestes barrières permettent un déconfinement progressif.

L’attestation de déplacement dérogatoire ne sera plus exigée pour quitter son lieu d’habitation, hormis à Mayotte.

Mais le Premier ministre invite « les personnes qui se savent vulnérables », notamment les personnes âgées, à rester chez elles dans la mesure du possible.

En outre, les trajets à une distance de plus de 100 kilomètres « à vol d’oiseau » par rapport à votre lieu d’habitation et en dehors de votre département seront interdits, sauf si vous disposez d’une attestation mentionnant un motif familial ou professionnel impérieux, a précisé Christophe Castaner.

Les infractions pourront être sanctionnées par des policiers et des gendarmes, mais également par des agents assermentés dans les transports. L’amende forfaitaire pour une première verbalisation atteindra 135 €.

Le chef du gouvernement justifie cette interdiction par une volonté d’éviter « des brassages de population ».

Une division de la France en deux

« La carte de France est très claire : le pays est divisé en deux », a expliqué Edouard Philippe, en référence à la classification des départements en vert ou en rouge.

Dans les départements verts, soit « la majeure partie du pays »« la situation est objectivement meilleure », le gouvernement pourra « au tout début du mois de juin, envisager une nouvelle étape », incluant notamment la réouverture des cafés ou des lycées.

Les règles du déconfinement seront plus strictes dans les départements rouges, ceux des régions Île-de-France, Hauts-de-France, Bourgogne-Franche-Comté et Grand Est, ainsi que Mayotte.

Le Premier ministre souhaite une « discipline renforcée » en Île-de-France, région « très dense, très peuplée ». « S’il vous plaît, limitez au maximum vos sorties et contacts », a lancé Olivier Véran aux personnes vulnérables habitant cette région.

Transports : des limitations et une nouvelle amende

L’offre de transports en commun va progressivement augmenter, selon Elisabeth Borne, qui veut une limitation « dutrafic automobile ».

Le port d’un masque sera obligatoire dans les transports en commun, pour toutes les personnes de plus de 11 ans. Le non-respect de cette règle sera passible d’une amende de 135 €.

En Île-de-France, aux heures de pointe, vous pourrez utiliser les transports si vous disposez d’une attestation mentionnant un motif autorisé. Vous vous déplacez dans le cadre de votre activité professionnelle à ces moments ? Vous devrez présenter une attestation de votre employeur.

Réouverture des écoles et des collèges

Environ « 1 million d’élèves et 130 000 professeurs » reviendront à l’école la semaine prochaine, d’après Jean-Michel Blanquer. 

Sont prioritaires pour la reprise : les élèves en situation de handicap, les enfants de soignants ou de professionnels considérés comme indispensables, ceux sans solution de garde ou encore les élèves décrocheurs ou en voie de décrochage, selon le ministre de l’Education nationale.

Les collèges pourront rouvrir seulement le 18 mai dans les départements verts. Ils resteront fermés dans les départements rouges. Aucune date n’est fixée s’agissant des lycées.

Réouverture de certains lieux publics

Différents lieux publics vont pouvoir rouvrir. Christophe Castaner a évoqué les bibliothèques, les médiathèques ainsi que les musées « sans mouvement important de population ». Des commerces à l’arrêt depuis la mi-mars comme les librairies, les salons de coiffure ou les fleuristes pourront reprendre leur activité le 11 mai.

L’accès aux parcs et jardins sera possible seulement dans les départements verts. Les plages, les lacs et les centres nautiques resteront en principe fermés. Mais les maires des communes concernées pourront demander leur réouverture.

Les cafés, restaurants, cinémas et salles de spectacle resteront fermés à cette date. La décision sur leur réouverture doit être prise fin mai.

Les infrastructures sportives resteront fermées. La pratique sportive individuelle extérieure sera elle autorisée.

Les mesures pour les entreprises

Le télétravail doit continuer à être pratiqué dans toutes les entreprises, en particulier en Île-de-France, où Muriel Pénicaud juge son maintien « crucial ».

Bruno Le Maire a confirmé l’effacement de toutes les cotisations sociales patronales de mars, avril et mai dans les secteurs contraints à une fermeture administrative depuis mars. Le Fonds de solidarité mis sur pied pour soutenir les entreprises frappées par la crise pourra fournir une aide « jusqu’à la fin du mois de mai ».

« Nous avons perdu au cours des trois derniers mois beaucoup de croissance et beaucoup d’emplois », a admis le ministre de l’Economie et des finances, estimant nécessaire de « relancer l’activité ».

Edouard Philippe a reconnu un « appauvrissement général ». Mais il s’est refusé à donner des pistes pour favoriser le retour à meilleure fortune.

df
Timour Aggiouri
Publié le

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