La France va-t-elle parvenir à atteindre l’immunité collective contre le Covid-19 ?

6 min de lecture

Retrouvez ce contenu dans votre compte en cliquant sur ce lien

Ce contenu a bien été ajouté à vos favoris

Voir mes favoris

Ce contenu a bien été supprimé de vos favoris

Voir mes favoris

Pour ajouter ce contenu à vos favoris vous devez être connecté(e)

Me connecter

Pour ajouter ce contenu à vos favoris vous devez être abonné(e)

M'abonner
Toulouse, centre de vaccination, Covid-19
© Adrien Nowak/Hans Lucas via Reuters Connect

Jean Castex souhaite voir quelque 35 millions de personnes résidant dans le pays complètement vaccinées (2 doses) contre le Covid-19 à la fin du mois d’août. Le chef du gouvernement a affiché cet objectif mercredi 16 juin à l’Elysée, au cours d’un bref discours prononcé à la suite d’un conseil de défense et d’un Conseil des ministres.

La montée en puissance de la vaccination et l’amélioration des indicateurs sanitaires ont poussé le Premier ministre à annoncer la fin de l’obligation du port du masque dans les espaces extérieurs, sauf exceptions, à partir du lendemain et la levée du couvre-feu dès 20 juin au soir.

Dimanche, 30 374 473 personnes, soit près de la moitié de la population du pays, avaient reçu au moins une dose de vaccination contre le Covid-19, 15 656 628 étant « entièrement vaccinées », a fait savoir le lendemain le ministère des Solidarités et de la santé sur son site.

Dans le détail, parmi toutes les personnes majeures, 58 % avaient reçu au moins une dose, 30 % ayant bénéficié d’un schéma vaccinal complet. Les niveaux étaient plus élevés pour les seules personnes âgées de plus de 65 ans, à respectivement 82 % et 63 %.

La victoire dont se félicite l’exécutif ne permet pas d’atteindre l’immunité collective contre le Covid-19 dans le pays. Malgré l’ouverture de la vaccination à tous les adultes habitant le pays depuis le 31 mai et aux mineurs de 12 à 17 ans depuis le 15 juin, la France va-t-elle parvenir à l’immunité collective ? Une campagne de communication gouvernementale vise à encourager à la vaccination.

Les réticences à se faire vacciner diminuent

Le directeur général de la santé, Jérôme Salomon, a invité lundi 14 juin sur RTL à « la mobilisation sur la vaccination ». En réponse aux craintes de personnes de ne pouvoir se faire vacciner en raison de leur départ en vacances, il a dit que « la deuxième dose peut se faire de façon décalée »

« Nous modifions les systèmes de rendez-vous pour vous permettre de programmer votre rappel entre 21 et 49 jours après la première injection », a expliqué sur Twitter le lendemain Olivier Véran, en référence à une mesure concernant les vaccins Pfizer-BioNTech et de Moderna.

Au-delà de l’obstacle des vacances, l’exécutif sait les réticences d’une partie de la population.

« Dans les pays qui ont le plus vacciné, c’est à partir de 50-55 % d’adultes vaccinés que la vaccination fléchit, a noté auprès des Echos le directeur général de l’Agence régionale de santé (ARS) d’Île-de-France, Aurélien Rousseau. Comme nous avons dépassé 50 %, il y a un risque, donc nous sommes en veille active pour vérifier qu’il n’y a pas de décrochage. »

L’ARS d’Île-de-France publie chaque jour sur Twitter le nombre de créneaux de vaccination disponibles le lendemain dans la région, la plus peuplée du pays.

Selon un sondage réalisé pour Le Monde par le Cevipof, en partenariat notamment avec OpinionWay, les réticences à se faire vacciner sont de moins en moins présentes. À la question « Avez-vous l’intention de vous faire vacciner contre le Covid-19 ? », 65 % des personnes interrogées ont répondu positivement ou dit avoir déjà reçu une vaccination, 20 % ont répondu non. Les taux atteignaient respectivement 49 % et 30 % dans un précédent sondage mené par le Cevipof pour Le Monde en février.

L’immunité collective possible avec la vaccination de « 90 % de la population adulte »

Un niveau de 65 % est toutefois insuffisant pour atteindre l’immunité collective. Selon l’Académie de médecine, « il sera très difficile d’obtenir avant la fin de l’été un taux de couverture vaccinale qui assurerait une immunité collective suffisante pour contrôler l’épidémie, soit 90 % de la population adulte ou 80 % de la population totale » incluant les enfants, a craint l’institution dans un communiqué diffusé le 25 mai, recommandant la mise en œuvre d’une obligation vaccinale.

L’Elysée rejetait en novembre l’obligation vaccinale par méconnaissance des effets possibles, en s’appuyant sur le point de vue de la Haute autorité de santé (HAS). « Les connaissances sur la vaccination ne sont pas assez étendues pour l’appliquer à toute la population. C’est pourquoi il faut d’abord prioriser le vaccin auprès des personnes les plus fragiles », soulignait-on à la présidence auprès de Dossier Familial.

Vers une vaccination obligatoire ?

L’exécutif a atténué sa prudence et accepté l’idée d’une extension à l’ensemble de la population adulte. Quatre jours avant l’ouverture de la vaccination à toutes les personnes âgées de plus de 18 ans, Emmanuel Macron a laissé ouverte l’hypothèse de la fixation d’une obligation, suivant des propos rapportés par l’Agence France-Presse (AFP). « Aucune porte n’est fermée par essence. La conviction qui est la nôtre, depuis le début de la crise, c’est qu’il est plus efficace de miser, au moment où nous sommes, sur la confiance et la conviction », a dit le 27 mai le chef de l’Etat, en marge de son déplacement au Rwanda. En matière de vaccination, l’Elysée continue de préférer la pédagogie à la contrainte.

Les scientifiques à la recherche des causes de l’épidémie de Covid-19

En un an, des chercheurs ont trouvé des vaccins contre le Covid-19, une prouesse. Mais le mystère persiste quant aux origines du virus. Le percer, c’est trouver un moyen de prévenir la survenue d’autres épidémies.

Le 26 mai, Joe Biden a annoncé l’examen par les autorités américaines de deux scénarios, celui d’une fuite de laboratoire et celui d’une origine naturelle. « À ce jour, les services de renseignement américains se sont ralliés à deux scénarios probables, sans parvenir à une conclusion définitive », a indiqué le président des Etats-Unis, cité par Le Figaro. Joe Biden a demandé aux services de lui rendre un rapport dans un délai de trois mois.

Comme le note Le Monde, les scientifiques considèrent toujours comme « la plus probable » la piste « d’un débordement zoonotique naturel ».

Un appel à « une enquête scientifique internationale complète et sans restriction »

Dans son ouvrage SARS-CoV-2. Aux origines du mal (Belin, 2021), le journaliste Brice Perrier s’attache à déterminer les causes du virus, mettant en avant l’opacité organisée par les autorités chinoises. Il montre comment l’hypothèse de la fuite, d’abord décriée au rang des théories du complot – qui ne manquent pas sur le thème de cette pandémie –, est considérée avec sérieux par de nombreux chercheurs de renommée internationale.

En conclusion de son livre, Brice Perrier publie une lettre ouverte de vingt-six « scientifiques, spécialistes des sciences sociales et journalistes » appelant à « une enquête scientifique internationale complète et sans restriction ». Les auteurs soulignent que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et les autorités chinoises ont, dans une enquête conjointe, confirmé l’absence de preuve d’une origine purement naturelle.

A lire aussi