Infusions, thés, céréales, chocolat… 44 % des produits affichent des allégations de santé non conformes

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© Wavebreakmedia

Les Français sont aujourd’hui nombreux à vouloir consommer une alimentation plus saine. C’est pourquoi de plus en plus d’aliments présentent sur leur emballage des mentions valorisant un bénéfice nutritionnel ou de santé comme « jus de fruit riche en vitamine C », « riche en calcium », etc. Des messages qui influencent l’acte d’achat. Aussi, afin de protéger le consommateur, ces communications sont strictement encadrées par la réglementation européenne depuis 2007. Et à ce jour, seul un nombre limité d’allégations de santé est autorisé. Mais le règlement (CE) n° 1924/2006 est loin d’être correctement respecté par les professionnels, comme le montre la dernière enquête menée par la Direction générale de la consommation, de la concurrence et de la répression des fraudes (DGCCRF).

Sur plus de 300 établissements contrôlés en 2019, la DGCCRF a relevé un taux d’anomalie moyen de 44 %. « Les écarts sont toutefois significatifs entre les établissements physiques (commerces, sites de production…), qui affichent un taux d’anomalie de 38 %, et les établissements vendant leurs produits sur Internet, dont le taux d’anomalie est bien plus élevé (69 %) », explique la répression des fraudes dans un communiqué du 21 juin 2021. Les contrôles ont essentiellement porté sur les produits les plus susceptibles de porter des allégations de santé comme les infusions, le thé, le chocolat, les céréales pour le petit-déjeuner, les produits issus de la ruche, ce qui peut expliquer le taux élevé d’anomalies.

Utilisation d’allégations de santé non autorisées ou trop générales

Parmi les manquements les plus courants, les enquêteurs ont relevé l’utilisation d’allégations thérapeutiques telles que « s’utilise lors d’un rhume » ou « utilisé dans le traitement de certaines dermatoses comme l’acné, l’eczéma, le psoriasis ». Or, la réglementation européenne interdit d’attribuer à des denrées alimentaires des propriétés de prévention, de traitement ou de guérison d’une maladie humaine, ou d’évoquer de telles propriétés.

Ils ont également noté la présence d’allégations de santé non autorisées (par exemple « La noix de coco facilite la digestion » ou « La biotine contribue au maintien d’ongles normaux ») ainsi que d’allégations de santé dites « générales », sans qu’elles soient accompagnées d’une mention autorisée (par exemple les termes « Superfruit » et « Détox »).

Parfois, le libellé des allégations n’est pas respecté, ce qui peut avoir pour effet de changer le sens de l’allégation autorisée. Par exemple, un emballage comportait la mention « la vitamine C augmente les défenses immunitaires » au lieu de « la vitamine C contribue au fonctionnement normal du système immunitaire ».

Enfin, des allégations nutritionnelles non conformes à la composition du produit, telle que « source de vitamine » pour un aliment dont la teneur en vitamine est très faible, ont aussi été relevées.

Des contrôles plus ciblés à l’avenir

Ces anomalies ont donné lieu à la rédaction de 60 avertissements, 71 injonctions et 17 procès-verbaux. L’enquête a permis, par ailleurs, de constater que de nombreux opérateurs ne connaissent pas la réglementation concernant les allégations de santé. Ceux vendant leurs produits sur internet « se contentent souvent de recopier des informations qu’ils ont trouvé sur des sites non marchands ou dans des livres et ne s’interrogent pas sur la véracité ou la légalité de tels messages », explique la DGCCRF. Etant donné le taux élevé d’anomalie, la Répression des fraudes poursuivra ses contrôles. Des ciblages encore plus précis seront réalisés afin de cibler les opérateurs susceptibles de présenter le plus de manquements.

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