Indemnité inflation : et si l'aide de 100 € n'était finalement pas versée ?

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© artursfoto

Le versement d’une indemnité inflation de 100 euros, promise par le gouvernement aux 38 millions de Français gagnant moins de 2 000 euros nets par mois pour les aider à faire face à la hausse des prix carburants et de l’énergie, pourrait-il être compromis ? Après avoir été adoptée la semaine dernière par les députés lors de l’examen en première lecture du projet de loi de finances rectificative pour 2021 (PLFR), la mesure doit être débattue au Sénat ce mercredi 17 novembre dans la soirée. Mais la droite, majoritaire à la Chambre haute, entend jouer les troubles fêtes, révèle Public Sénat.

Une mesure mal ciblée et coûteuse pour Les Républicains

Le président du groupe Les Républicains, Bruno Retailleau, a déposé un amendement pour supprimer l’indemnité inflation du projet de loi. Une démarche suivie par le rapporteur général de la commission des finances, Jean-François Husson (LR), qui défend un amendement similaire. Tous deux considèrent que l’indemnité inflation est mal ciblée et coûteuse pour les finances publiques (3,8 milliards d’euros). Ils regrettent que la composition des foyers et « l’exposition réelle à la hausse actuelle des prix des carburants » ne soient pas prises en compte pour accorder l’aide. Ils épinglent également l’effet de seuil de l’indemnité, « particulièrement injuste ». « Une infirmière à domicile, qui a besoin de son véhicule plusieurs fois par jour, touchant 2 005 euros nets, sera exclue de son bénéfice, tandis qu’une personne gagnant 1 995 euros pourra se la voir versée, même si elle n’utilise pas de véhicule », déplore Bruno Retailleau, dans l’exposé des motifs de son amendement.

Sa mise en œuvre concrète pose aussi question. L’indemnité doit être versée par les employeurs pour leurs salariés du privé, par l’Etat pour les fonctionnaires, par les Urssaf pour les indépendants, par les caisses de retraite pour les retraités, par Pôle emploi pour les demandeurs d’emploi ou encore par les Crous pour les étudiants. Or, pour le rapporteur général, son versement « repose pour une large part sur les entreprises privées dont ce n’est pas la vocation ». De plus, « les dispositifs qui seraient mis en œuvre pour prévenir les risques de doublons ou de fraudes dans le versement de l’indemnité ne sont pas connus à ce jour », juge Jean-François Husson. 

Pour toutes ces raisons, le groupe Les Républicains souhaite la suppression de l’indemnité inflation. Mais même si l’amendement est voté, la mesure pourra être réintroduite dans le projet de loi par voie d’amendement par la majorité présidentielle ou le gouvernement à l’Assemblée nationale.

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