Près de la moitié des huiles d'olive présentent des défauts de qualité ou d’étiquetage

Qualité surévaluée, étiquetage trompeur… 49 % des huiles d’olive commercialisées en France  ne sont pas conformes à la réglementation, selon une enquête de la DGCCRF.

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© danr13

Réputée pour ses vertus gustatives et ses qualités nutritionnelles, l’huile d’olive est devenue un ingrédient incontournable de la cuisine. Chaque année, il s’en vend près de 110 000 tonnes en France et chaque Français en consomme environ 1,5 litre par an. Mais l’origine et la qualité des huiles vendues dans les rayons ou sur les marchés ne sont pas toujours celles que  l’on attend, comme le montre la dernière enquête de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF).

Les enquêteurs ont contrôlé 227 établissements – des responsables de la première mise sur le marché, des grossistes et des détaillants – et constaté des non-conformité des huiles d’olive commercialisées dans 40 % d’entre eux. C’est chez les grossistes et au stade de la vente directe (internet et les marchés) que la plupart des anomalies ont été relevées.

49 % des huiles contrôlées étaient non conformes

Sur les 126 produits analysés par le Service commun des laboratoires (SCL) de Marseille, seulement 25,5 % ont été jugés complètement conformes à la règlementation, à la fois en termes de composition et d’étiquetage, et 25,5 % ont été déclarés « à surveiller », en raison principalement de problèmes d’étiquetage. Parmi les anomalies relevées sur les étiquettes, les enquêteurs ont noté des dénominations de vente incomplètes ou absentes, des usurpations de signes de qualité ou de lieux géographique ou d’origine, l’absence de numéro de lot, le non-usage de la langue française ou encore l’usage de termes ne possédant pas de définition réglementaire tels que « goût intense » ou « premium ».

Enfin, 49 % ont été déclarés non conformes. Parmi ces derniers, « certains produits présentaient des défauts de qualité qui leur ont valu un déclassement de "vierge extra" en "vierge" », note l’enquête. D’autres n’avaient tout simplement pas les bonnes indications sur les étiquettes : désignation d’origine absente ou incomplète, mentions obligatoires absentes, dénominations de vente non réglementaires, usage abusif de la mention "origine française", etc.

Des huiles d’olive importées

« Ces résultats s’expliquent en partie par le fait que, pour exercer une activité annexe, de nombreux professionnels achètent ponctuellement de l’huile d’olive dans d’autres pays et la commercialisent sans connaître la règlementation en vigueur », indique la Répression des fraudes qui rappelle que seulement 5 % des huiles d’olive vendues en France sont d’origine française. Un grossiste a par exemple été verbalisé pour avoir commercialisé plus de 8 000  coffrets intitulés « Amour de truffe » composés d’huile d’olive vierge extra de France au jus de truffe blanche d’été et d’arôme truffe blanche alors que l’huile avait comme unique provenance le Portugal.

Une autre entreprise a également été verbalisée pour pratique commerciale trompeuse parce qu’elle prétendait vendre de l’huile d’olive vierge extra provenant d’un village de la Drôme alors que l’étiquetage fourni par le responsable de la première mise sur le marché indiquait en fait une "origine UE". Un importateur d’huile d’olive a même écopé d’un procès-verbal de délit pour avoir mis sur le marché des huiles d’olive qui se sont avérées être, après analyse en laboratoire, non comestibles.

Devant de tels manquements, la DGCCRF appelle les consommateurs à la prudence et à bien lire les étiquettes. Pour être sûr d’acheter une huile d’olive de qualité, il est conseillé de privilégier celles ayant une mention AOP (appellation d’origine protégée) ou AOC (Appellation d’origine contrôlée).

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