Hausse des prix de l’essence : bientôt un chèque carburant ?

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© aapsky - iStock

Après le chèque énergie, le gouvernement planche désormais sur la mise en place d’un chèque carburant pour aider les ménages les plus modestes à faire face à la hausse sans précédent des prix des carburants. La semaine dernière, les prix du litre de SP98, de SP95 et de gazole ont dépassé leur niveau observé lors de la crise des « Gilets jaunes » de novembre 2018 et cette tendance haussière pourrait perdurer jusqu’à la fin du premier trimestre 2022.

Qui pourra bénéficier du chèque essence ?

Si la piste d’un chèque essence est sur la table, les critères pour en bénéficier sont encore à l’étude. Ce qui est sûr, c’est que « ce ne sera pas une aide généralisée pour tous les automobilistes. Cela coûterait trop cher et irait également à l'encontre de notre politique de protection de l'environnement », précise Matignon au Parisien.

L’aide devrait cibler les ménages qui ont des revenus modestes, qui possèdent une voiture et qui vivent loin des transports en commun. Mais elle ne sera pas seulement réservée aux salariés. « Une mère au foyer qui accompagne ses enfants à l'école ou une personne handicapée qui a besoin de prendre sa voiture doivent pouvoir être accompagnées même s'ils ne travaillent pas », assure au Parisien un proche du gouvernement.

Si la priorité du gouvernement est d’aider les ménages éloignés des transports en commun, il n’a pas encore été décidé d’exclure totalement du dispositif les automobilistes des grandes villes. « Nous travaillons sur le sujet », indique simplement le ministère de la Transition écologique qui ne précise pas, non plus, dans quel délai le coup de pouce devrait être annoncé.

Une meilleure solution que la baisse des taxes

Si l’on ne sait pas encore dans quel délai la mesure sera annoncée, la mise en place d’un chèque carburant apparaît pour le gouvernement comme une bonne réponse à la situation actuelle. Une baisse des taxes – autre piste envisagée pour soulager le pouvoir d’achat – est pour l’instant écartée. « On n’en est pas là aujourd’hui », a déclaré Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement, mercredi 13 octobre sur BFMTV. Agir sur les taxes pourrait, certes, faire chuter les prix puisqu’elles représentent, entre la TICPE et la TVA, 56 % du prix d’un litre de gazole et 59 % du prix d’un litre de sans-plomb 95, mais tous les automobilistes, les plus aisés comme les plus pauvres, en bénéficieraient. De plus,« faire baisser la TVA serait un gouffre pour l’Etat. Il faudrait en effet la réduire par palier et la faire passer de 20 % à 10 % en une seule fois », explique au Parisien un haut fonctionnaire.

Un chèque essence existe déjà dans les Hauts-de-France

Le chèque carburant n’est pas un dispositif totalement nouveau en France. Depuis 2016, la région des Hauts-de-France a mis en place une sorte de chèque carburant d’un montant forfaitaire de 20 € par mois, versé par virement tous les trois mois.

Pour en bénéficier, il faut :

  • être salarié en CDI ou en CDD d’au moins un mois. Les intérimaires sont éligibles à condition de cumuler plusieurs contrats s’enchaînant sur un mois ;
  • gagner moins de deux fois le Smic (2 516 € nets) ;
  • utiliser un véhicule particulier ou un deux-roues motorisé pour la majorité de ses déplacements domicile – travail ;
  • travailler à au moins 20 km de son domicile ;
  • et être domicilié dans un secteur peu desservi par les transports en communs ou attester d'horaires décalés ne permettant pas de les emprunter.

Les résidents des Hauts-de-France peuvent vérifier leur éligibilité et déposer leur demande sur le site de la région. En 2021, 48 000 demandes ont été effectuées.

En 2019, la métropole Nice Côte d’Azur avait, elle aussi, instauré un chèque carburant de 60 € par trimestre mais le dispositif a pris fin le 31 décembre 2020.

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