Fruits et légumes conventionnels : trop de pesticides à risques !

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AlexRaths

Le constat est édifiant. Dans une étude rendue publique jeudi 24 mars, L’UFC-Que Choisir révèle que 51 % des fruits et légumes issus de l’agriculture intensive testés sont contaminés par des pesticides à risque.

L’association de consommateurs a passé au crible les résultats des analyses officielles de résidus de pesticides effectuées par les autorités françaises en 2019 sur 14 000  échantillons de produits végétaux bio et conventionnels. Et le bilan est inquiétant.

Sur l’ensemble des pesticides détectés, l’association a relevé la présence de « pas moins de 150 substances suspectées d’être cancérogènes, mutagènes, toxiques pour les fonctions reproductrices ou perturbateurs endocriniens ».

Les cerises et les pommes sont les fruits les plus contaminés

Pour les fruits et légumes issus de l’agriculture intensive, un pesticide à risque a été retrouvé dans 51 % des contrôles et au moins deux dans 30 % des contrôles. Parmi les fruits les plus contaminés, les cerises arrivent en tête avec 92 % des échantillons contaminés. Les contrôles ont révélé notamment la présence de phosmet, un insecticide suspecté par l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (Aesa) d’être toxique pour la fonction reproductrice, dans 47 % des échantillons.

Suivent les pamplemousses (90,6 %), les pêches/nectarines (89,7 %), les pommes (80 %), les raisins (77 %) ou encore les fraises (76 %). Dans les pommes, « on détecte fréquemment du fludioxonil (48 % des échantillons), un fongicide suspecté d’être un perturbateur endocrinien », précise l’UFC-Que Choisir.

Parmi les légumes les plus contaminés, le céleri arrive en tête avec 91,2 % des échantillons contaminés. Suivent les choux de Bruxelles (84,6 %), les haricots verts (73,6 %), le céleri-rave (72,9 %) et le fenouil (63,6 %).

Beaucoup moins d’aliments bio contaminés

A l’inverse, les aliments bio sont beaucoup moins contaminés, « notamment en raison de l’interdiction des pesticides de synthèse pour ce mode de production », rappelle l’association de consommateurs. A titre de comparaison, l’analyse révèle six fois moins d’échantillons de tomates bio contaminées par des pesticides à risques et sept fois moins pour les haricots verts bio et huit fois moins pour les pommes bio.

Par rapport à leurs équivalents de l’agriculture intensive, on relève pratiquement six fois moins d’échantillons de tomates bio contaminées par des pesticides à risques (1 échantillon sur 10 en bio contre près de 6 sur 10 en conventionnel), sept fois moins pour les haricots verts bio et huit fois moins pour les pommes. Et « dans les rares cas, où le bio est contaminé, les teneurs relevées en pesticides à risque sont beaucoup plus faibles qu’en conventionnel », précise l’UFC-Que Choisir.

Devant de tels résultats, l’association de consommateurs considère que « la réglementation actuelle en matière de pesticides ne permet pas de garantir l’absence de risque dans les aliments ». En effet, les contrôles prennent uniquement en compte les « limites maximales de résidus autorisées (LMR) par la réglementation ». Or, « les substances susceptibles d’être cancérogènes, toxiques pour les fonctions reproductrices ou les perturbateurs endocriniens, pourraient être nocives pour la santé même à très faibles doses », estime l’association.

Dans ces conditions, elle a décidé de saisir l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) pour demander des procédures plus strictes d’autorisation des pesticides. Et recommande aux consommateurs de se tourner dans la mesure vers les fruits et légumes bio.

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