Electricité : la CLCV défend « un retour au monopole » d’EDF

« L’ouverture du marché de l’électricité est un échec », critique l'association Consommation, logement, cadre de vie. La structure propose « un retour régulé au monopole de distribution » de cette énergie pour les particuliers.

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Dépanneur, disjoncteur, lampe
© Gregory_DUBUS

Les ménages n’ont pas profité de la multiplication des offres d’électricité. « L’ouverture du marché de l’électricité est un échec », affirme Consommation, logement, cadre de vie (CLCV), qui « propose un retour régulé au monopole de distribution » de cette énergie pour les particuliers.

« Le parti pris de la libéralisation était d’introduire une concurrence saine qui permette la maîtrise des prix, l’amélioration de la qualité de service et de l’innovation. Depuis la libéralisation du secteur de l’électricité, force est de constater que globalement la facture annuelle des Français a considérablement augmenté », déplore dans un plaidoyer du 10 mars l’association agréée de consommateurs. 

La CLCV admet l’argument des entreprises du secteur justifiant « la majeure part » de cette progression par « des segments de l’activité qu’ils ne maîtrisent pas », comme la hausse « des diverses parataxes et du coût du réseau ».

Une compétition tarifaire « modeste et décevante »

Mais pour la structure, « la compétition tarifaire » est « modeste et décevante ». Les offres des fournisseurs alternatifs peuvent certes amener à une réduction des prix de 6 % pouvant aller, dans certains cas, à 7 % par rapport aux tarifs réglementés d’électricité, proposés essentiellement par EDF. Un niveau « assez logique », estime la CLCV. « Les opérateurs alternatifs n’interviennent que sur une très mineure part de l’activité, principalement la commercialisation. » Leur intense lobbying a contribué à la croissance des tarifs réglementés.

« Nous avons toujours été sceptiques concernant la libéralisation, que nous jugions assez stérile, assez inutile, indique auprès de Dossier Familial François Carlier, délégué général de l’association. Depuis trois ou quatre ans, nous la jugeons profondément négative. Les fournisseurs alternatifs ne produisent pas d’électricité ou presque et pratiquent un démarchage agressif pour manger des parts de marché. » Outre le démarchage à domicile fait par de nombreux opérateurs, la CLCV constate des « publicités trompeuses ».

Un « changement structurel » est possible si « des opérateurs alternatifs développent un système de production qui soit très différent et substantiellement plus compétitif que le nucléaire », souligne la structure dans son plaidoyer. Mais, ironise la CLCV, une telle « perspective semble fort hypothétique », car ces fournisseurs semblent « très loin de développer un outil significatif de production ‘‘tout court’’ ». EDF conserve le quasi-monopole de la production d’électricité, notamment au travers de ses centrales nucléaires.

« Assez souvent, les fournisseurs alternatifs exigent le prélèvement automatique ou ne disposent pas de service client par téléphone, ce qui peut gêner certaines personnes », constate François Carlier. « En téléphonie, quand des opérateurs qui cassent les coûts posent ces conditions, la baisse n’atteint pas 6 %, mais 30 ou 40 % », note le délégué général de la CLCV.

La nécessité d’« une innovation de rupture » pour donner de l’intérêt à la concurrence

L’association ne fait pas du retour au monopole d’EDF « une position de principe », est-il écrit dans le plaidoyer. Interrogé sur d’éventuels aspects positifs de la libéralisation du marché de l’électricité, François Carlier préfère afficher son espoir d’« une innovation de rupture, qui rende la concurrence intéressante », ainsi par le lancement d’une offre d’électricité issue à 100 % d’énergies renouvelables.

Il évoque l’exemple de la rupture numérique dans la téléphonie mais aussi dans le secteur des taxis et des véhicules de transport avec chauffeur (VTC) : l’arrivée des smartphones a permis à Uber de gagner des parts de marché sur les taxis.

François Carlier invite les fournisseurs alternatifs à investir dans la recherche et développement plutôt que dans le démarchage à domicile.

Les tarifs réglementés de l’électricité vont persister jusqu’à une date indéterminée. Le délégué général de la CLCV se dit « assez serein » concernant leur maintien, alors que les tarifs réglementés du gaz doivent prendre fin le 30 juin 2023. Selon lui, la Commission européenne ne va pas exiger à court terme la suppression des tarifs réglementés de l’électricité, également pratiqués dans des pays de l’Est.

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