Crise sanitaire : difficiles retrouvailles pour les couples binationaux

#LoveIsNotTourism - Depuis quelques mois le hashtag #LoveIsNotTourism a émergé sur Twitter et les réseaux sociaux, pour alerter les autorités sur la situation de couples habitant dans deux pays différents et séparés depuis des mois pour cause de restrictions de voyages et fermetures de frontières, suite à l'épidémie de Covid-19. Pour pouvoir se revoir, ils se heurtent en effet à de nombreux obstacles. 

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© YakobchukOlena

Pour les couples habitant dans deux pays différents et séparés de force pour cause d'épidémie de Covid-19, c'est un peu "un long dimanche de retrouvailles" depuis cinq mois. 

Fermeture des frontières, restrictions des voyages, quarantaines imposées pour les voyageurs, toutes les mesures mises en place pour lutter contre l'épidémie de Covid-19 au niveau international ont rendu la tâche ardue pour les couples binationaux, désireux de se retrouver. 

Face à ce constat, le groupe international "Love is not tourism" est né sur les réseaux sociaux pour alerter les autorités internationales sur ce phénomène, un des effets collatéraux de la crise sanitaire. Actuellement, il compte plus de 26 000 abonnés sur Facebook et sa version française, LoveIsNotTourism France, dénombre plus de 2 000 abonnés. Sur Twitter, plusieurs messages s'ajoutent chaque minute sous le hashtag #LoveIsNotTourism.

Différentes situations de couples binationaux

Si des procédures ont été mises en place dernièrement pour permettre aux familles françaises et binationales de rentrer, il n'en est pas de même pour les couples non mariés et non pacsés, pour qui la situation reste encore difficile. 

Actuellement, pour les couples mariés ou pacsés, le conjoint étranger est autorisé à se rendre en France selon les mêmes règles sanitaires que son conjoint français, sous réserve de posséder un visa ou un titre de séjour en France. 

Pour les couples non mariés ou non pacsés, la situation est nettement plus délicate. Il leur est actuellement demandé une preuve que la relation existait avant la fermeture des frontières ou bien une preuve de communauté de vie.

En pratique, cela leur est souvent difficile de fournir ces justificatifs car nombre d'entre eux ne vivent pas ensemble. Ils s'interrogent également sur la manière de justifier de leur relation préexistante en se basant sur la fréquence de leurs rencontres en France, avant la crise. 

Des retrouvailles semées d'obstacles

Le groupe Love Is Not Tourism France, a recueilli de nombreux témoignages de couples binationaux et a relevé de nombreuses embûches sur le long chemin des retrouvailles de ces couples.

Par exemple, les difficultés rencontrées par  un couple ayant un enfant, mais qui n'est pas éligible à cette procédure dérogatoire. Le père Français pouvant rentrer mais sans la mère et l'enfant. Le groupe a aussi pointé le cas de couples en instance de mariage mais dont la demande est bloquée par certains consulats. 

Vers une amélioration de leur situation ?

Dans un entretien accordé au  Journal du dimanche le 8 août dernier, et portant sur le tourisme confronté à l'épidémie de Covid-19, Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'État au tourisme, aux Français de l'étranger et à la francophonie, avait annoncé la mise en place d'une procédure dérogatoire visant à accorder des laissez-passer aux 1 500 à 2 000 couples binationaux qui ne sont ni mariés ni pacsés. 

Pour pouvoir bénéficier de ce laissez-passer, les couples binationaux doivent apporter un certain nombre de justificatifs. Ils doivent se rapprocher des consulats français dans les pays où ils se trouvent et apporter des documents justifiant d'activités communes, leurs pièces d'identité, une preuve de résidence en France pour le conjoint français, un titre de transport aller et retour...

Cependant, ces démarches n'ont pas forcément la certitude d'aboutir à une issue favorable. En effet, dans son entretien du 8 août, le secrétaire d'État aux Français de l'étranger a déclaré que « ces dérogations seront validées par la Commission interministérielle de crise » et « entraîneront la délivrance d'un laissez-passer lorsque c'est nécessaire ». Mais cette dernière notion n'a pas été définie clairement, d'où un certain flou juridique. 

Ici, une femme enceinte attend que son mari puisse la visiter, là un couple frappé par le cancer ne peut pas se retrouver... Sollicité par Dossier Familial à propos des difficiles histoires dont certains couples nous ont fait le récit, le Secrétaire d'État au Tourisme ne nous a pas encore répondu. 

En France et partout dans le monde, nombre de situations complexes existent. Les couples binationaux demandent aux autorités de revenir aux règles de visa et de séjour en vigueur avant le confinement. 

df
Claire Plisson
Publié le

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