Covid-19 : va-t-il y avoir un nouveau confinement en France  ?

Malgré le risque de pénaliser une économie déjà éprouvée, l’exécutif n’exclut pas de remettre en œuvre un confinement pour tenter d'endiguer la deuxième vague de l'épidémie de coronavirus.

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© Niel Herdman

La France va-t-elle à nouveau devoir se confiner pour limiter la propagation du Covid-19 ? Le gouvernement de Jean Castex n’écarte pas une telle hypothèse, ainsi que l’a rappelé lundi 28 septembre Elisabeth Borne, dans une interview à BFMTV/RMC.

« On fait tout pour éviter un reconfinement général. [...] C’est le sens notamment des mesures complémentaires qui ont été annoncées la semaine dernière par Olivier Véran », a expliqué la ministre du Travail, soulignant qu’« avec ce virus, on n’exclut rien ».

« Je pense qu’on a aussi appris. On a mis en œuvre maintenant des protocoles qui permettent de continuer à vivre, de continuer à aller à l’école, de continuer à aller au travail », a nuancé Elisabeth Borne.

Interrogé jeudi 24 septembre sur France 2, Jean Castex a averti les téléspectateurs quant à la nécessité de se soumettre aux mesures contraignantes.

« Si nous n’agissons pas, on pourrait se retrouver dans une situation proche de celle qu’on a connue au printemps. [...] Ça pourrait dire reconfinement,et ça il faut l’éviter », a souligné le Premier ministre.

Indicateurs en hausse

Le dernier point épidémiologique hebdomadaire publié par Santé publique France montre une hausse du volume « des passages aux urgences, des nouvelles hospitalisations, des admissions en réanimation et des décès liés au SARS-CoV-2 survenus en milieu hospitalier ».

Entre le 14 et 20 septembre, par rapport à la semaine précédente, le nombre de nouveaux cas confirmés s’est accru de 8 %, le nombre de nouvelles hospitalisations a augmenté de 34 %, et le nombre de nouvelles admissions en réanimation a bondi de 40 %, d’après ces données diffusées jeudi dernier.

La crise sanitaire a épuisé les personnels soignants, des hôpitaux estiment toujours manquer d’effectifs.

Deux objectifs contradictoires

L’exécutif est tiraillé entre deux objectifs contradictoires : d’un côté agir contre la propagation de l’épidémie dans le pays, d’un autre réussir la relance de l’économie, matérialisée dans un plan dont de nombreuses mesures sont mises en œuvre au travers du projet de loi de finances (PLF) pour 2021 présenté lundi en Conseil des ministres.

Le confinement mis en œuvre entre le 17 mars et le 10 mai inclus a produit des effets bénéfiques contre l’épidémie de Covid-19. Mais il a engendré de lourdes répercussions économiques et sociales. Pénalisé par la crise sanitaire, le produit intérieur brut (PIB) doit chuter de 10 % en 2020, prévoit le gouvernement, qui s’est fondé sur cette anticipation pour établir son PLF. Le confinement a produit en outre des conséquences sanitaires – des visites chez les médecins, des opérations urgentes ont ainsi dû être décalées – et psychologiques négatives, dont l’ampleur précise est difficile à déterminer.

Une proposition de reconfinement en décembre…

Les économistes Abhijit Banerjee et Esther Duflo recommandent, dans une tribune au Monde des 27 et 28 septembre, l’instauration d’un confinement préventif, pour permettre aux Français de passer Noël sans restriction de déplacement.

Pour eux, « au train où vont les choses, l’hypothèse d’un confinement généralisé précisément autour des fêtes de fin d’année n’est pas à exclure ».

Les deux chercheurs, récipiendaires en 2019 du prix de sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel, plaident donc pour un confinement entre le 1er et le 20 décembre.

« Le coût pour l’économie serait important, mais moins que d’avoir à annuler Noël ou qu’un reconfinement dans des circonstances bien pires quinze jours plus tard. Les achats de Noël pourraient être encouragés pendant le mois de novembre (en autorisant les ouvertures tardives, les soldes, etc.), et les magasins pourraient rester ouverts pour les commandes pendant le confinement », défendent Abhijit Banerjee et Esther Duflo.

… rejetée par Olivier Véran

Olivier Véran a rejeté dimanche l’éventualité d’un confinement décidé à titre préventif.

« Aller anticiper un confinement généralisé de trois semaines à telle période de temps me semble de l’ordre de la prédiction », a critiqué le ministre des Solidarités et de la santé auprès du Grand Jury Le Figaro-RTL-LCI.

« Je ne me projette pas à dans deux mois pour faire des plans sur la comète. Je me projette au jour le jour avec mes batteries de chiffres d’indicateur de courbe, tous les retours de terrain, pour proposer aux Français le chemin le plus sûr pour éviter le confinement et le chemin le plus sûr pour qu'ils puissent passer des fêtes de famille dans les meilleures conditions, s’est justifié le ministre des Solidarités et de la santé. Cela ne passera pas par un confinement anticipé de trois semaines. » « Nous ne voulons pas confiner le pays », a-t-il dit deux fois. Un confinement ne sera décidé qu’au cas où cette solution apparaît indispensable.

df
Timour Aggiouri
Publié le

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