Covid-19 : un troisième confinement va-t-il débuter cette semaine ?

Un conseil de défense sanitaire est prévu mercredi. De nombreux scientifiques pressent l’exécutif d’imposer un nouveau confinement, devant le risque de saturation des hôpitaux. Mais le début d’un nouveau confinement pourrait attendre la semaine prochaine.

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Confinement
© Yoan Valat – Pool New – Reuters

La perspective d’un troisième confinement se rapproche. Le président de la République, Emmanuel Macron, doit réunir mercredi 27 janvier un conseil de défense sanitaire, rappelle à Dossier Familial l’Elysée, qui se refuse à faire des commentaires sur le sujet d’un nouveau confinement. L’exécutif n’a pour l’heure annoncé aucun discours ou conférence de presse concernant la crise sanitaire due à la pandémie de Covid-19.

Pour prendre ou non la décision lourde d’un troisième confinement, il tiendra compte de l’impact de la généralisation du couvre-feu à 18 heures depuis le 16 janvier, comme l’a expliqué vendredi dernier à des lecteurs du Parisien/Aujourd’hui en France le ministre des Solidarités et de la santé, Olivier Véran.

« Si ça ne baisse pas, si les variants commencent à se diffuser partout, alors on prendra des mesures supplémentaires, évidemment. Et cela s’appelle le confinement. Si on voit que le virus se remet à progresser fortement, on ferme. On le fera si on n’a pas le choix », a dit Olivier Véran.

L'Agence France-Presse (AFP) annonce toutefois, citant une source élyséenne, qu’Emmanuel Macron n’a pas prévu à ce stade de prendre la parole mercredi soir ou dans les prochains jours pour annoncer un éventuel reconfinement du pays. Selon la dépêche publiée ce lundi soir, le chef de l’Etat veut éviter absolument d’avoir à ré-instaurer un troisième confinement généralisé du pays et attend d’avoir des données plus explicites sur l’effet du couvre-feu à 18 heures.

Saturation des hôpitaux

Toutefois, à en croire de nombreux scientifiques, l’exécutif doit imposer rapidement un troisième confinement.

« Il faudra aller probablement vers un confinement », a expliqué dimanche sur BFMTV Jean-François Delfraissy, président du conseil scientifique, qui éclaire l’exécutif dans la crise sanitaire. « De quel type ? Est-ce que c’est un confinement du type du mois de novembre, c’est-à-dire un peu adapté ? Ou est-ce un confinement plus dur, pas tout à fait celui du mois de mars ? C’est une décision qui est éminemment politique », a souligné l’épidémiologiste.

Karine Lacombe, infectiologue, craint une saturation des hôpitaux. « Le confinement apparaît vraiment irrémédiable. La question qui se pose maintenant, c’est dans quel délai », a jugé dimanche, au Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro, la cheffe du service des maladies infectieuses et tropicales à l’hôpital Saint-Antoine à Paris.

« Certains membres du gouvernement considèrent qu’on peut attendre, nous, scientifiques, considérons qu’on ne peut pas attendre. On ne peut pas attendre parce qu’il est toujours beaucoup plus efficace d’être en préventif que de mettre en place un confinement alors qu’on est déjà au bord de craquer », estime Karine Lacombe.

En l’absence de confinement, les vacances d’hiver sont susceptibles d’occasionner une augmentation des déplacements. Mais elles commenceront au plus tôt la semaine prochaine. Leur calendrier est le suivant :

  • du 6 au 21 février pour les élèves de la zone A ;
  • du 20 février au 7 mars pour ceux de la zone B ;
  • du 13 au 28 février pour ceux de la zone C.

Vaccination : de nouveaux rendez-vous

500 000 nouveaux créneaux de vaccination s'ouvrent le mardi 26 janvier, dans les 900 centres de vaccination partout en France. Pour prendre votre rendez-vous, c'est par ici. 

Au vu de ces différents éléments, l’exécutif peut mettre en œuvre l’un de ces scénarios.

Un maintien du couvre-feu à 18 heures

Un maintien du couvre-feu à 18 heures en France métropolitaine est-il suffisant ? Compte tenu des demandes des scientifiques et du risque de saturation des hôpitaux, un tel choix apparaît peu probable, selon Le Monde.

Un confinement sans fermeture des écoles

Cette solution a davantage de chances d’être appliquée : un confinement léger, permettant aux élèves de continuer à se rendre en cours, semblable à celui appliqué à l’automne 2020.

Le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, a déclaré au Journal du dimanche du 24 janvier souhaiter maintenir les écoles ouvertes.

Le 28 octobre, dans son discours annonçant la mise en œuvre de ce confinement, Emmanuel Macron avait jugé qu’une fermeture des établissements emportait « trop de conséquences, trop de dégâts, en particulier pour les plus modestes »

Il se fondait sur l’expérience du premier confinement, entre mars et mai, lors duquel les établissements avaient fermé, sauf aux enfants de professionnels considérés comme étant mobilisés contre la crise sanitaire, tels que les policiers ou les soignants. 

La fermeture des écoles avait abouti à une hausse du décrochage scolaire et des violences domestiques et provoqué des effets sanitaires et psychologiques négatifs. Elle avait en outre pesé sur l’activité économique, en raison de la pratique massive du télétravail. 

S’il devait choisir un tel confinement, l’exécutif sera amené à prendre une décision politiquement difficile : les commerces considérés comme non essentiels, comme les libraires ou les boutiques de vêtements, pourront-ils ouvrir en dehors des cas de retrait en magasin et de livraison ? La question avait fait polémique en novembre. Le gouvernement s’était finalement résolu à permettre la réouverture de ces magasins à la fin de ce mois.

Un confinement strict

Dans le cadre d’un tel confinement, les écoles fermeraient leurs portes à la plupart des élèves. Le gouvernement n’exclut pas une telle fermeture, « concevable en cas de nécessité absolue », a reconnu Jean-Michel Blanquer.

La rupture scolaire serait amoindrie par les deux semaines de vacances scolaires, entre le 6 février et le 7 mars.

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