Covid-19 : un « accompagnement renforcé », mais pas d’isolement obligatoire des malades

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Infirmière, test anti-Covid
© Stéphane Mahé – Reuters

Les personnes testées positives au Covid-19 ne vont pas être isolées de force : le chef du gouvernement, Jean Castex, a écarté une telle mesure coercitive, au cours de sa conférence de presse sur l’allègement du confinement à partir de mardi prochain, donnée jeudi 10 décembre avec les ministres Olivier Véran, qui accueillait l’événement dans les locaux de son ministère (Solidarités et santé) et Gérald Darmanin (Intérieur).

« S’agissant de l’isolement, nous avons souhaité évoquer avec les forces politiques et les groupes parlementaires la question d’une évolution juridique qui nous conduirait [...] à rendre cet isolement obligatoire et en prévoyant éventuellement un système de sanctions en cas de manquement », a dit le Premier ministre, en référence à des propos d’Emmanuel Macron.

Dans son allocution télévisée du 24 novembre, le président de la République avait affiché son souhait d’« [u]n vrai débat démocratique » sur l’opportunité d’un isolement obligatoire. « Je souhaite que le gouvernement et le Parlement prévoient les conditions pour s’assurer de l’isolement des personnes contaminées, y compris de manière plus contraignante », avait fait savoir le chef de l’Etat.

Pas de « consensus » politique sur un isolement obligatoire

Un isolement obligatoire « existe dans beaucoup de pays qui nous entourent, il soulève cependant beaucoup de questions, non seulement éthiques, mais aussi sanitaires, avec notamment la crainte que certains hésitent à se faire dépister, de peur d’être soumis à une telle contrainte », a indiqué Jean Castex.

Le Premier ministre a conclu de ses « échanges […] ces derniers jours sur ce sujet avec les représentants politiques et parlementaires […] qu’une telle évolution, qui passerait au demeurant par une nouvelle loi, ne faisait pas consensus », a expliqué le Premier ministre

Le gouvernement va donc « orienter » ses efforts « vers l’accompagnement renforcé des personnes malades », a déclaré Jean Castex.

« Une visite à son domicile »

Dans ce cadre, « chaque personne diagnostiquée positive au virus » doit pouvoir bénéficier d’« une visite à son domicile, par une équipe pluriprofessionnelle » et « pluridisciplinaire comprenant un soignant, un infirmier ou une infirmière, libéral la plupart du temps », a expliqué Olivier Véran.

Le professionnel de santé « pourra, par exemple […],réaliser des tests antigéniques auprès de l’entourage qui partage le même foyer que la personne malade, de manière à pouvoir isoler aussi plus rapidement et plus efficacement », a détaillé le ministre des Solidariés et de la santé.

De surcroît, dans le cadre de cette visite, la personne testée positive recevra « conseils » pour permettre son isolement. Un « soutien » pourra être apporté à une personne vivant « seule », qui n’est pas en mesure de « faire ses courses ».

Olivier Véran n’a toutefois pas évoqué la possibilité pour les personnes testées positives ou présentant des symptômes d’être hébergées temporairement dans d’autres lieux que leur résidence habituelle.

Qualifiant la proposition systématique de visite à domicile d’« objectif nouveau et ambitieux », le ministre des Solidarités et de la santé compte détailler ce dispositif « lors d’une prochaine conférence de presse ».

Une recommandation d’isolement pendant 7 jours

À l’heure actuelle, les personnes testées positives sont invitées à l’isolement pendant 7 jours. Sous certaines conditions détaillées par le ministère des Affaires étrangères sur site, une période d’isolement de cette durée peut être exigée auprès des personnes en provenance de certains pays et testées positives à leur arrivée en France.

Comme le rappelle Le Monde, le dispositif que l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) avait mis en place au printemps pour casser « les chaînes de transmission en isolant les personnes contaminantes jusqu’au sein des familles », et impliquant la chaîne hôtelière Accor, a échoué.

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