Covid-19 : suivant quels critères des classes et des écoles peuvent être fermées ?

Des classes et des établissements entiers sont susceptibles de cesser d’accueillir des élèves. Les fermetures de classes peuvent être automatiques dans certaines hypothèses, prévues par l’Education nationale.

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Jean-Michel Blanquer, ministre, Elysée
© Lionel Urman/Sipa USA via Reuters

Tirant les leçons du premier confinement, l’exécutif ne souhaite une fermeture de tous les établissements scolaires qu’en ultime nécessité face à la pandémie de Covid-19.

Des fermetures de certaines classes et même d’établissements scolaires sont cependant possibles. Dans un bilan arrêté 11 février à 13 heures, diffusé le lendemain sur son site, le ministère de l’Education nationale a fait état de la fermeture de 103 établissements (publics et privés sous contrat) et de 1 599 classes. Le point publié une semaine plus tôt indiquait que 105 établissements et de 934 classes étaient concernés. Le nombre de classes fermées a donc crû « malgré une zone en vacances », remarque auprès de Dossier Familial Guislaine David, co-secrétaire générale et porte-parole du SNUipp-FSU, syndicat majoritaire chez les enseignants du premier degré. La zone A, dont les vacances d’hiver ont lieu du 6 au 21 février, recouvre les académies de Besançon, Bordeaux, Clermont-Ferrand, Dijon, Grenoble, Limoges, Lyon et Poitiers.

Selon le dernier bilan, le nombre de cas confirmés de Covid-19 chez les élèves a augmenté de 1 606 en 24 heures : 10 390 élèves étaient positifs, en cumul sur les 7 derniers jours. S’agissant des personnels, le nombre de cas s’est accru de 217 en 24 heures : 1 308 agents étaient touchés, en cumul sur les 7 derniers jours. Les indicateurs sont particulièrement mauvais dans les départements de la Moselle et du Nord, relevant de la zone B, dont les vacances commencent le 19 février, constate Guislaine David. Après un bref déplacement le 12 février en Moselle du ministre des Solidarités et de la santé, Olivier Véran, le gouvernement a cependant exclu un confinement et une fermeture des écoles dans le département.

Trois cas confirmés : fermeture automatique

Si un seul élève est positif au Covid-19 dans une classe, l’ensemble des cas contacts sont identifiés. La classe est « automatiquement fermée dès que trois cas confirmés sont identifiés », explique le ministère de l’Education nationale dans sa foire aux questions sur le Covid-19, actualisée le 15 février. Dans les écoles maternelles, les enfants ne portant pas le masque, obligatoire dans l’enceinte des établissements à partir de 6 ans, « l’apparition d’un seul cas dans la classe implique désormais que tous les élèves sont considérés comme cas contacts ».

Un seul élève touché par le variant anglais : fermeture possible mais pas automatique

La fermeture de la classe peut être envisagée « dès le premier cas » de variant anglais, selon le ministère. Elle n’est cependant plus automatique. « C’est la fin du principe de précaution qui avait prévalu et qui permettait de mettre tout le monde à l’abri et de freiner la chaîne de contamination, déplore Guislaine David. Les enfants asymptomatiques risquent de contaminer leur famille. »

« Nous avons été très surpris par ce changement de doctrine, qui a été décidé en catimini. Nous avons évoqué ce sujet mardi lors d’une réunion avec le directeur de cabinet » du ministre de l’Education nationale, rapporte la co-secrétaire générale du SNUipp-FSU. Thierry Ledroit, collaborateur de Jean-Michel Blanquer, a justifié auprès des syndicats cette modification par un avis du ministère des Solidarités et de la santé, poursuit Guislaine David. Mais l’enseignante doute qu’un tel avis ait été donné, elle relève que ni la Haute autorité de santé (HAS) ni le conseil scientifique n’ont recommandé un tel changement.

Un seul élève touché par le variant sud-africain ou brésilien ou cas contact : fermeture obligatoire

Le ministère de l’Education nationale indique que doit être fermée une classe dès lors que les analyses ont démontré qu’un élève est positif au Covid-19 et touché par un variant sud-africain ou brésilien. « Tous les élèves seront assimilés à des contacts à risque. Une étude approfondie des contacts déterminera si les personnels de la classe doivent être également considérés comme contacts à risque », détaille le ministère. 

Une classe doit aussi être fermée « dès qu’un élève est identifié comme contact à risque d’un parent, d’un membre de la fratrie ou de toute personne vivant dans le même foyer que lui contaminé » par les variants sud-africain ou brésilien, selon l’Education nationale. Alors, les élèves et les personnels doivent subir un test. Même si le résultat est négatif, il est préconisé, pour les élèves, « de réduire les contacts et de rester à la maison autant que possible, de surveiller régulièrement la température et d’effectuer un test au moindre doute ».

L’enseignant n’est pas considéré comme cas contact lorsqu’un enfant est positif, alors même qu’il se trouve souvent à proximité des enfants en maternelle et en élémentaire, déplore Guislaine David. L’Education nationale précise que si un membre du personnel de l’établissement est testé positif, que ce soit ou non dû à un variant, cela « n’implique pas automatiquement la fermeture de la classe »

Fermeture des établissements

La fermeture des établissements peut être décidée en présence d’un cluster. « Il faut que plusieurs cas soient présents dans plusieurs classes », selon la co-secrétaire générale du SNUipp-FSU. Les brassages au cours des activités périscolaires et des repas à la cantine peuvent fonder aussi une fermeture des portes. La politique de fermeture n’est pas uniforme dans tout le pays. « Dans une école comptant six classes en Moselle, de nombreux élèves étaient cas contacts, seuls ne l’étaient pas. Les autorités n’ont pas fermé l’établissement », observe Guislaine David. Les parents de ces 26 élèves ont fait de la résistance passive : ils n’ont pas envoyé leur enfant à l’école.

Une situation sanitaire fragile

S’il s’est refusé en janvier à mettre en œuvre un troisième confinement, l’exécutif sait la situation sanitaire fragile et n’exclut pas de nouvelles restrictions des déplacements et une fermeture des écoles. « En l’absence de mesures de distanciation sociale plus rigoureuses et intenses » le variant apparu en Angleterre « va provoquer une croissance rapide dans les prochaines semaines, et encore plus tôt dans les régions où le variant est largement présent (par exemple, l’Île-de-France) », affirment, dans une étude actualisée dimanche 14 février, l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), Orange Labs et Santé publique France, rapporte le journal Les Echos.

 

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