Covid-19 : comment de nouvelles mesures vont-elles être décidées ?

L’exécutif étudie notamment le taux d’incidence et la situation des hôpitaux pour décider de la possible mise en place de nouveaux confinements territoriaux. Les élus locaux sont consultés.

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Confinements
© Eric Gaillard – Reuters

Une partie de la population du pays s’attend à une nouvelle mise sous cloche. Le Premier ministre, Jean Castex, a annoncé jeudi 25 février, au cours de la conférence de presse gouvernementale consacrée à la pandémie de Covid-19, le placement « sous surveillance renforcée » de vingt départements, susceptible de déboucher sur des mesures de restriction, notamment des confinements locaux, s’ajoutant au couvre-feu et à la fermeture de différents lieux d’accueil du public (cinémas, restaurants, etc.).

Selon le Premier ministre, « ces territoires cumulent des indicateurs défavorables : un niveau d’incidence élevé, autour ou supérieur à 250 cas pour 100 000 habitants, une part de variants supérieure à 50 %, une pression hospitalière proche du seuil critique et, enfin, une circulation virale qui commence à s’accélérer sérieusement ». L’exécutif va donc étudier le taux d’incidence, calculé à partir du nombre de cas positifs pour 100 000 habitants, la part de cas positifs dus aux variants, le risque de saturation des hôpitaux, en particulier dans les services de réanimation, et la dynamique de l’épidémie. Le chef du gouvernement prévoit de faire « un point la semaine prochaine » : « si, et seulement si la situation continue de se dégrader, nous prendrons des mesures renforcées qui entreront en vigueur à compter du week-end du 6 mars ».

Les départements visés sont :

  • les Alpes-Maritimes ;
  • les Bouches-du-Rhône ;
  • la Drôme ;
  • l’Essonne ;
  • l’Eure-et-Loir ;
  • les Hauts-de-Seine ;
  • la Meurthe-et-Moselle ;
  • la Moselle ;
  • le Nord ;
  • l’Oise ;
  • Paris ;
  • le Pas-de-Calais ;
  • le Rhône ;
  • la Seine-et-Marne ;
  • la Seine-Saint-Denis ;
  • la Somme ;
  • le Val-d’Oise ;
  • le Val-de-Marne ;
  • le Var ;
  • les Yvelines.

Jean Castex a mené samedi une réunion en visio-conférence avec les ministres Gérald Darmanin (Intérieur) et Olivier Véran (Solidarités et santé), les préfets des vingt départements concernés et les directeurs des Agences régionales de santé (ARS), selon LCI. La majorité de ces préfets ont débuté leurs concertations avec les élus locaux, précisait le même jour la chaîne.

Un conflit entre la mairie de Paris et le gouvernement

Un conflit a opposé la mairie de Paris au gouvernement. Emmanuel Grégoire, adjoint à la maire socialiste Anne Hidalgo, avait indiqué sur France Info que l’équipe à la tête de la municipalité allait transmettre « des propositions de mesures complémentaires » à celles prises par l’Etat. L’élue avait notamment évoqué un « confinement de trois semaines » permettant selon lui « d’avoir la perspective de tout rouvrir » à son terme, à la place d’un confinement limité aux week-ends. Le lendemain, Jean Castex avait critiqué cette proposition, y voyant « des fadaises », selon l’Agence France-Presse (AFP). Emmanuel Grégoire avait tempéré cette proposition. Il avait préféré parler cette fois d’« hypothèse de travail ».

« Ce qui me paraît tout à fait invraisemblable, c’est d’imaginer qu’on puisse confiner Paris sans confiner l’ensemble de la région, parce que la vérité c’est que des millions de personnes [...] viennent travailler à Paris tous les jours ou viennent y faire leurs courses ou viennent s’y faire soigner », a indiqué dimanche, au Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro, Valérie Pécresse, présidente (Libres !) du conseil régional d’Île-de-France.

Des confinements locaux et limités au week-ends

Vendredi soir, un confinement limité aux week-ends est entré en vigueur :

  • dans l’agglomération de Dunkerque et dans la communauté de communes des Hauts de Flandre ;
  • à Nice et dans l’aire urbaine littorale se situant entre Menton et Théoule-sur-Mer.

Un confinement est appliqué à Mayotte depuis le 5 février, pour une durée initiale de trois semaines. Le préfet du département a annoncé jeudi sur Mayotte la 1ère une prolongation pour deux semaines supplémentaires.

Le maire et président (sans étiquette) de la communauté urbaine de Dunkerque, Patrice Vergriete, a accepté la mise en œuvre d’un confinement local après avoir rejeté cette perspective. Si le maire et président Les Républicains (LR) de la métropole de Nice, Christian Estrosi, était favorable à un confinement dans sa ville, de nombreux élus locaux des Alpes-Maritimes ont dénoncé l’application de cette mesure à d’autres communes, comme par exemple David Lisnard (LR), à la tête de la municipalité de Cannes.

« Le confinement le week-end est une mesure lourde, ce d’autant qu’elle se conjugue avec le couvre-feu maintenu à 18 heures », a reconnu Jean Castex le 25 février.

Le rejet d’un confinement de tout le pays

L’exécutif rejette encore la mise en place d’un troisième confinement pour tout l’Hexagone. Le 29 janvier, le chef du gouvernement avait fait part de la décision prise par Emmanuel Macron de ne pas reconfiner le pays, malgré les recommandations instantes de nombreux scientifiques. La France s’approche du 17 mars, date anniversaire du début du premier confinement. 

L’état d’urgence sanitaire ouvre la possibilité au Premier ministre de décider un confinement national ou limité à certaines zones géographiques. Le Code de la santé publique permet au chef du gouvernement de fixer l’interdiction « aux personnes de sortir de leur domicile, sous réserve des déplacements strictement indispensables aux besoins familiaux ou de santé » (article L. 3131-15). « Les mesures prescrites […] sont strictement proportionnées aux risques sanitaires encourus et appropriées aux circonstances de temps et de lieu ».

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