Coronavirus : comment le déconfinement va-t-il s’opérer dans les transports en commun ?

Emmanuel Macron a évoqué dans son discours du 13 avril la possibilité d’imposer aux voyageurs le port du masque.

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Des trains stationnés gare de Lyon, à Paris, le 14 avril.
Des trains stationnés gare de Lyon, à Paris, le 14 avril. © Benoit Tessier – Reuters

La sortie progressive du confinement, le 11 mai prochain, va s’accompagner d’une hausse du trafic des transports en commun, très faiblement utilisés depuis le début du confinement, le 17 mars.

Conscient du risque de rebond de l’épidémie en France, le président de la République, Emmanuel Macron a évoqué dans son discours du 13 avril la possibilité de contraindre les voyageurs au port « systématique » du masque, une mesure soumise à la présence d’un stock suffisant de ces dispositifs de protection dans le pays le mois prochain.

« Nous attendons que le gouvernement prenne un texte pour imposer l’usage du masque », explique à Dossier Familial Bruno Gazeau, président de la Fédération nationale d’usagers des transports (Fnaut). Pour lui, « les transports en commun doivent remonter en puissance par anticipation de la demande avant le 11 mai. Il faut accroître l’offre mais également augmenter la fréquence, prévoir des bus articulés et des trains longs ».

« La SNCF et la Direction générale de la santé vont définir les mesures de distanciation à respecter dans les transports comme il en existe en Corée du Sud », indique le président de la Fnaut, en contact avec différents services de l’Etat, la SNCF, la RATP et les autres réseaux de transports urbains. « Nous pouvons par exemple imaginer des marquages au sol, inciter les usagers à se tourner le dos au lieu de se regarder, ou encore demander à des agents de se placer à l’entrée des rames de métro pour limiter la densité de passagers », détaille Bruno Gazeau. 

Jean-Baptiste Djebarri consulte, Anne Hidalgo prépare des pistes cyclables

L’exécutif planche sur l’après-11 mai dans les transports en commun. Le secrétaire d’Etat chargé des Transports, Jean-Baptiste Djebarri, a consulté la semaine dernière ses homologues de Corée du Sud, de Singapour et de Hong Kong pour échanger « sur les différents moyens de lutter contre le Covid-19 dans les transports », nous fait savoir son cabinet.

Au niveau local, les autorités se préparent. L’équipe de la maire de la capitale, Anne Hidalgo, compte encourager les usagers habituels des transports en commun à se déplacer à vélo, « en créant des pistes cyclables provisoires », a annoncé ce mardi à BFM Paris le premier adjoint de l’édile, Emmanuel Grégoire. L’idée d’ouvrir des pistes cyclables temporaires est aussi explorée en Seine-Saint-Denis, d’après Le Parisien.

Pour l’heure, les transports en commun sont surtout empruntés par les personnes contraintes de se déplacer pour leurs trajets entre le domicile et le travail, notamment les soignants. Si, généralement, le taux de remplissage est faible, des bus et des tramways sont bondés en d’Île-de-France, rendant difficile l’application des consignes de distanciation, ainsi que l’a expliqué BFMTV.

Le trafic a chuté sur tous les réseaux de transports en commun. Le nombre de TGV circulant chaque jour est de 40, ce qui représente 7 % du trafic normal. « Le trafic des trains express régionaux représente environ 15 % de la normale, selon Bruno Gazeau. À la RATP, le trafic est de 30 % du niveau habituel, alors que la fréquentation atteint 10 % de la moyenne normale. »

Le nécessaire comportement vertueux des voyageurs

Le 11 mai, le trafic ne va pas d’un seul coup revenir à son niveau antérieur au 17 mars. Certains salariés vont continuer à pratiquer le télétravail, d’autres vont rester au chômage partiel, tous les élèves ne rentreront pas à l’école ce jour, le tourisme va mettre plusieurs mois à reprendre, et le confinement va se poursuivre pour les personnes considérées comme fragiles par rapport au Covid-19. La présidente du conseil régional d’Île-de-France, Valérie Pécresse, a dit mercredi sur France Inter souhaiter une remontée progressive du nombre de voyageurs.

Mais, au-delà des décisions, Bruno Gazeau vante le comportement vertueux des passagers : « Les gens sont respectueux de l’ordre, comme on l’a observé pendant les grèves. Rien à voir avec la voiture, où l’individualisme règne. » Le civisme contribuera à la limitation de la propagation du coronavirus dans les transports.

df
Timour Aggiouri
Publié le

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