Coronavirus : à quoi sert l’Organisation mondiale de la santé ?

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Au service de soins intensifs de l’Hôpital franco-britannique de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), le 15 avril.
© Benoit Tessier – Reuters

En pleine pandémie, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) perd sa principale source de financement : Donald Trump a décidé de suspendre la contribution des Etats-Unis à l’OMS, qui représente « 400 à 500 M$ par an », selon lui. « Si l’OMS avait fait son travail et envoyé des experts médicaux en Chine pour étudier objectivement la situation sur le terrain, l’épidémie aurait pu être contenue à sa source avec très peu de morts », a dénoncé mardi 14 avril le président américain, cité par l’AFP. La première puissance mondiale compte le plus grand nombre de décès liés au Covid-19 : 28 998, pour 662 045 cas reconnus, un autre record mondial, indique vendredi vers 17 heures l’université Johns Hopkins, dont les données font référence.

Agence spécialisée des Nations unies, l’OMS a pour objectif d’améliorer l’état de santé de la population mondiale. À cette fin, elle fait « des recommandations servant de références internationales », fait savoir dans une brochure l’organisation, qui explique « aide[r] les pays à les appliquer ». L’OMS a d’autres fonctions, comme « prendre des mesures sanitaires », sans toutefois disposer d’un pouvoir contraignant auprès de ses 194 Etats membres, a expliqué le 16 avril sur les ondes de France Inter François Dabis, directeur de l’Agence nationale de recherches sur le sida et les maladies virales.

Critiques de scientifiques

L’organisation créée en 1948, qui, parmi ses plus de 7 000 salariés, emploie des médecins et des spécialistes de la santé publique, a-t-elle sous-estimé la pandémie de coronavirus ? Si le réquisitoire de Donald Trump n’est guère étonnant de la part de ce pourfendeur du multilatéralisme qui avait déjà menacé un retrait de la contribution américaine et s’inquiète pour son avenir politique, des scientifiques font des critiques plus nuancées.

« Je pense que dans la durée, l’OMS a fait un excellent travail », même si « tout n’est pas parfait dans la gestion de la crise du coronavirus », considère François Dabis. Selon cet expert consulté par l’OMS, le « secrétariat général » de l’agence « peut-être, ne tient pas assez compte de ce que les pays lui remontent. Et donc sa gouvernance n’est pas tout à fait parfaite ».

L’OMS a-t-elle été assez réactive et ferme avec les autorités chinoises, qui ont caché l’ampleur de la maladie, apparue fin 2019 dans leur pays ? L’organisation « aurait dû dire : ‘‘Non, vous n’avez pas rapporté suffisamment tôt les données’’ », a jugé auprès de France Info Michel Kazatchkine, ancien directeur du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Pour lui, l’OMS a montré « une certaine complaisance vis-à-vis de la Chine au début ».

Relations sereines avec la France

Entre l’OMS et la France, les relations sont sereines. Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a publié vendredi sur Twitter un message remerciant Emmanuel Macron pour son « leadership dans l’action sanitaire internationale ».

Le président de la République avait appelé les Etats à « construire ensemble, autour de l’OMS, une initiative forte sur les diagnostics, les traitements et les vaccins accessibles à tous ».

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