Compléments alimentaires : la DGCCRF épingle les sites de vente par internet

Présence d’allégations thérapeutiques interdites ou de santé non conformes… Les services de la répression des fraudes ont relevé 76 % d’anomalies sur les sites internet vendant des compléments alimentaires.

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© JPC Prod

Diminue le stress, réduit la fatigue, facilite la perte de poids… Les bienfaits prêtés aux compléments alimentaires sont nombreux si bien que les Français en sont devenus les premiers consommateurs en Europe. En 2018, ils ont acheté 150 millions de boîtes de compléments, au prix moyen de 13 euros. Un secteur sur lequel s’est penchée la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes.

Commercialisés sous différentes formes – gélules, poudres, préparations liquides – les compléments alimentaires désignent les denrées alimentaires dont le but est de compléter le régime alimentaire normal et qui constituent une source concentrée de nutriments ou d’autres substances ayant un effet nutritionnel ou physiologique seuls ou combinés. Leur promotion reposant exclusivement sur l’usage d’allégations nutritionnelles et de santé, ces dernières doivent être conformes aux dispositions du règlement (CE) n° 1924/2006 et du règlement (UE) n°1169/2011 dit INCO.

Ce qui est loin d’être le cas. En 2017, la DGCCRF a passé en revue 95 sites internet proposant l’achat de compléments alimentaires afin de vérifier la loyauté des messages délivrés. Les résultats des contrôles, publiés mardi 10 mars, font état d’un taux de non-conformité de 76 %. En 2014, une précédente enquête révélait déjà un taux d’anomalies de 80 %.

En majorité, les anomalies portent sur les allégations de santé

Sur 61 sites, les enquêteurs ont relevé des anomalies concernant l’utilisation d’allégations de santé non autorisées ou employées de manière non conforme. Elles étaient reliées aux plantes, aux produits de la ruche ainsi qu’à certaines substances comme les polyphénols et le chitosan. Certaines affirmations ont été considérées comme non conformes car elles n’indiquaient pas le lien entre l’effet escompté et la substance à l’origine de l’effet. « Or, les opérateurs sont tenus de faire clairement apparaître le/les nutriments ou la/les substances à l’origine de l’effet dans le libellé de l’allégation, afin de ne pas laisser croire au consommateur que le produit dans son ensemble est responsable de l’effet allégué », explique la répression des fraudes.

Utilisation d’allégations thérapeutiques interdites

Autre manquement : l’usage d’allégations thérapeutiques interdites a été constaté sur 47 sites. Les enquêteurs ont relevé des assertions faisant référence à des effets pharmacologiques tels que l’adjectif « anti-inflammatoire » ou à des symptômes d’une maladie sans faire état de celle-ci comme dans le message « recommandé en cas de douleurs articulaires ». De nombreux couples substances/maladie ont également été trouvés tels que « canneberge/infection urinaire » ou « curcuma/arthrite ». D’autres allégations interdites ciblaient une maladie telle que l’affirmation d’un « rôle dans la polyarthrite rhumatoïde » ou utilisaient des termes en lien avec la thérapie comme le terme « qualité curative ».

Des allégations générales non conformes

22 sites Internet présentaient également des allégations générales non conformes, soit parce qu’elles n’étaient pas accompagnées d’une affirmation spécifique autorisée (par exemple, les termes « antioxydant », « détox » ou « vitalité » utilisés seuls), soit parce que l’allégation spécifique autorisée utilisée avait une portée différente de celle alléguée par le message général.

Enfin, 13 sites ont présenté des manquements dans les mentions nutritionnelles, soit en raison d’une quantité de substance dans le produit inférieure à celle exigée, soit en raison de l’absence d’indication de la quantité de substance présente.

L’enquête a donné lieu à 13 avertissements, 5 procès-verbaux et 54 mesures de police administrative. Depuis les contrôles, la majorité des opérateurs ont mis leur site en conformité. Etant donné l’engouement pour les compléments alimentaires, de nouvelles investigations seront réalisées à l’avenir.

df
Sarah Corbeel
Publié le

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